‹ L'auberge des Adrets; drame en trois actes, à spectacleChapitre 13 sur 71 · RÉMOND, BERTRAND · texte numérisé non relu

RÉMOND, BERTRAND

(Leurs vêtement» sont couverts de poussière; le premier porte un larpe bandeau noir qui, eu lui coiivi;,ui un œil, lui cuchc une partie de la figure.)

RÉ.MOND

Enfin nous apjirorhons de i.i fiotuièie.

DM. I l.ikNti.

Le ciel en soil bru J »;âi d-îpuw Ji:iu joui»

que nous sommes échappés des prisons de LyoR, je suis dans des transes continuelles. Ces maudiu cavaliers couvrent toutes les routes, en avant, en arrière; et ils vous regardent...!

BÉMOSD.

Bah ! la moindre chose te fait trembler comme une femme.

BERTnA>U.

01) ! ça, j'avoue en toute humilité que je suis encore à cent lieues de ton impudence et de ton effronterie; tu marches tête levée, comme si tu étais le plus honnête homme du monde, toi!

RÉMOST).

Cette assurance écarte les soupçons, et d'ailleurs qu'avons-nous donc tant à redouter? moi, c" bandeau me rend méconnaissable; nous avons fait trop {grande diligence pour craindre les ordres qu'on aurait donnés de nous poursuivre; ensuite nous avons des passe-ports.

BERTRAND

Que nous devons à mes petits talents.

RÉ.MO>n.

Qui nous ont été' fort utiles.

EERTRA5D.

Sans doute, mais j'éprouve un frisson involontaire toutes les fois qu'il faut les exhiber. Ces damnés vous examinent avec une attention bien faite vraiment pourtroubler une conscience qui n'est pas nette.

RÉMOND

11 est vrai que je n'ai pu me défendre d'un certain mouvement, lorsqu'à la dernière brigade, le sous-ofSciera examiné nos passeports; quand je l'ai vu nous toiser plusieurs fois des pieds à la tête, se pencher à l'oreille de son camarade...

BERTRAND

Oh! jen' avais pas une goutte de sang dans les veines.

RÉMOSD.

Eh bien, la simple apparence de trouble aurait excité ses soupçons, et qui sait où cela nous menait? J'ai fait bonne contenance, et il nous a laissé continuer notre route.

BERTRAND

D'accord! mais tiens, je voudrais déjà être en lieu de sûreté.

RÉMOSD.

Avant peu nous aurons gagné le Piémont.

BERTRAND

Jusque-là je ne serai point tranquille.

RÉM05D.

La chaleur est excessive; voici l'auberge dont je t'ai parlé; arrêtons-nous y un moment pour nous rafraîchir et prendre des forces.

BERTRA5D.

Ah! tu connais ce pays?

BÉMOKD.

J'v ai travaillé. »

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