‹ L'auberge des Adrets; drame en trois actes, à spectacleChapitre 30 sur 71 · MARIE, PIERRE · texte numérisé non relu

MARIE, PIERRE

PIERRE, sur la galerie.

Il fait à peine jour! il me paraît que je me

suis levé de bonne heure aujourd'hui. (Il regarde

dans la salle.) Tiens ! qui donc est là-bas?... je

ne me trompe pas, c'est cette femme à qui que

nous avons donné l'hospitalité hier ; que diable

fait-elle là ?

(II descend.)

MARIE , qui a cherché à ouvrir la porte qui donne à l'extérieur.

Je ne pourrai jamais ouvrir cette porte.

PIERRE

A quoi bon l'ouvrir ?

MARIE, surprise.

Ah!

PIERBE.

Où voulez-vous aller si matin? j' croyais que vous aviez promis à M. Germeuil de n' pas partir avant d' lui avoir parlé.

MARIE

C'est vrai... aussi n'avais-je nullement l'intention... j'allais... j'allais seulement prendre l'air, la chambre où j'ai couché est si petite...

PIERRE

Ah çà, il me semble que celle-ci est assez grande pour qu'on y respire à son aise... Qu'estce que cela signitie? on n'ou\Te pas comme ça les portes avant que les gens soient levés.

MARIE

Pardon...

PIERRE

Not' maître finira par être la dupe de siV bonté... Il donne asile à tout le monde, et reçoit souvent des mendiants paresseux, qui seraient bien obligés de travailler, si on ne leur donnait rien.

MARIE , pleurant.

Encore une humiliation !

(Elle prend son moachoir poaresiuyer ses larmes, et laitse Comber la bourse que Germeuil lui a donnée.)

PIERRE, la ramassant.

Qu'est-ce que c'est donc?... une bourse qui contient de l'or?

MARIE, vivement.

Elle est à moi !

PIERRE

Ah! ah! il me paraît alors que vous n'êtes pas si misérable que vous en avez l'air. (Il lui rend la bourse; on frappe au loin.) Tiens! qu'est-ce qui nous arrive donc si matin ?... ( On frappe encore.) On y va.

( Il sort. Marie s"i«sseoit près d'une table. )

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