MARIE, PIERRE
PIERRE, sur la galerie.
Il fait à peine jour! il me paraît que je me
suis levé de bonne heure aujourd'hui. (Il regarde
dans la salle.) Tiens ! qui donc est là-bas?... je
ne me trompe pas, c'est cette femme à qui que
nous avons donné l'hospitalité hier ; que diable
fait-elle là ?
(II descend.)
MARIE , qui a cherché à ouvrir la porte qui donne à l'extérieur.
Je ne pourrai jamais ouvrir cette porte.
PIERRE
A quoi bon l'ouvrir ?
MARIE, surprise.
Ah!
PIERBE.
Où voulez-vous aller si matin? j' croyais que vous aviez promis à M. Germeuil de n' pas partir avant d' lui avoir parlé.
MARIE
C'est vrai... aussi n'avais-je nullement l'intention... j'allais... j'allais seulement prendre l'air, la chambre où j'ai couché est si petite...
PIERRE
Ah çà, il me semble que celle-ci est assez grande pour qu'on y respire à son aise... Qu'estce que cela signitie? on n'ou\Te pas comme ça les portes avant que les gens soient levés.
MARIE
Pardon...
PIERRE
Not' maître finira par être la dupe de siV bonté... Il donne asile à tout le monde, et reçoit souvent des mendiants paresseux, qui seraient bien obligés de travailler, si on ne leur donnait rien.
MARIE , pleurant.
Encore une humiliation !
(Elle prend son moachoir poaresiuyer ses larmes, et laitse Comber la bourse que Germeuil lui a donnée.)
PIERRE, la ramassant.
Qu'est-ce que c'est donc?... une bourse qui contient de l'or?
MARIE, vivement.
Elle est à moi !
PIERRE
Ah! ah! il me paraît alors que vous n'êtes pas si misérable que vous en avez l'air. (Il lui rend la bourse; on frappe au loin.) Tiens! qu'est-ce qui nous arrive donc si matin ?... ( On frappe encore.) On y va.
( Il sort. Marie s"i«sseoit près d'une table. )
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