SCENE III
Les Mêmes, LOUISE, entre par la gauche, pâle, apportant la lampe, dont la lueur l'annonce.
LOUISE, d'un bout do la chambre à l'nutro. Te voilà?... (Elle pose la lampe sur la table.) Tu
as fait ])onne chasse?
FLORENT, en vidant son fusil.
Moi? Je n'ai môme pas lirûlé une cartouche ! Je
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n'ai vu que des oiseaux qui s'envolaient tous lîors de portée.
Il jette sur le buffet les deux cartouches qu'il vient de retirer des canons.
' LOUISE
Tu n'es pas mouillé?...
FLORENT, qui détaçlic ses guêtres.
A peine. Pendant la pluie j'étais dans une maison, où l'on m'a fait goûter une vieille eau-devie encore meilleure que la mienne.
LOUISE
Alors tu ne veux pas te changer ?
FLORENT
Non!
LOUISE
Tu aimes mieuxsouper tout de suite '?
FLOUENT, prenant la lampe.
Je ne suis pas pressé : j"ai des lettres à écrire.
De nouveau. M"" Pasquelin (^t Midie se regardent. LOîTisK.
Dans une donii-heure, ce sera prêt... Est-ce que M"" le curé reste à dîner avec nous?
M"" PASQUKLIX.
Merci, madame Ghesneau ; non ; je ne peux pas, il faut que je rentre pour recevoir les gens de la sérénade.
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C'est vrai que c'est demain la Saint-Nicolas.
FLOUENT, venu à son bureau.
Demain ?
JF PASQUELIN.
Eh ! oui ; c'est demain le six !
FLOUENT, qui prenait le calendrier.
Tiens ! oui, au fait.
M"" PASQUELIN.
Et quand ils viendront tout à l'heure martiuer ma porte, si je n'étais pas là pour oUrir la goutte aux musiciens de la Confrérie...
MÉLIE, essayant de sourire.
Gavotte en parlerait !
M"" PASQUELIN, do nu'ine.
Et Gamard donc ?
Un silence.
LOUISE, sortant de sa rêverie.
Ça me fait penser ([u'il faut que j'aille leur chercher une bouteille de marc, (a liorent qui s'est
mis à écrire.) Du vicUX !
FLOUENT.
Bien sûr !
MÉLIE, à Louise d'un ton distrait.
Est-ce que la bannière est prête?...
LOUISE
Je vais l'atteindre. Au revoir, monsieur le curé.
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M' PASQUELIN.
Au revoir, ma chère enfant. (.vmi'Hc, on cherchant
sou chapeau.) A bientôt ! (Mélie songeuse ne l'écoute pas ; à Louiso qui lui remet son chapeau.) Merci. A
bientôt, madame Itliier.
MÉLIE, avertie par Louise.
Je VOUS demande pardon.
U^ PASQUELIN, has, en passant devant elle.
Surtout pesez bien vos paroles !
MÉLIE, (le même.
Laissez-moi faire ! (a eUe-môme.) Au fait... (naut pour Fioreni.) Si VOUS passez chez la veuve de Jean Langlois...
M*" PASQUELIN.
Quoi ?
MÉLIE
Dites-lui que j'irai la voir.
LOUISE, qui sortait s'est arrêtée, saisie.
Jean Langlois est mort?
Il paraît !
LOUISE
Ah?
MÉLIE, malgré m'' Pasquelin.
Pauvre diable !
FLORENT
Vous le plaignez î' Un homme que les mode-
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cins avaient condamné, il y a je ne sais combien de temps, qui n'avait pas une nuit de bonne sur six ! Le v'ià tranquille ! Il dort maintenant !...
M'' PASQUELIX.
Soit! mais vous ne dites pas...
FLOUENT.
Je dis que celui qui l'aurait délivré de la vie, il y a quelques années, lui aurait rendu nn fier service, et que les gens qui souffrent, ceux qui les voient souffrir devraient les tuer.
LOUISE, à elle même, la voix pleine de larmes.
Ah ! malheureux !
M"" pasquelin va ' pour répondre ; Mélie l'arrête. — Louise est sortie par la gauche lentement. M"" Pasquelin vient à la porte de droite en silence. M'' PA.SQUELIN, bas à Mélie qui le suit.
Pourquoi lui parler de ça, aussi ?
MÉLIE, bas.
J'ai mon idée.
M"" Pasquelin sort en liochant la tête ; elle le regarde s'éloigner, puis referme la porte, et revient en scène, ôte l'ardoise de dessus la table, y met la nappe.
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