SCENE V
i^E-S MkmeS, LOUISE, qui ai)i)orlo la soupière et la
Ixiutcillc de mare ; Flurenl, immoliile prés de son
l)ureau, la re;j:arde.
LOUISE, sans voix.
Gomment ! la table n'est pas encore mise?
L'AUBERGE DES MAllIXIERS 207
La tal)le ? mais si.
LOUISE
Il n'y a pas d'assiettes!
MÉLIE
Tiens ! c'est vrai ! j'ai oublié les assiettes... Attends que je te débarrasse d'abord. (KUe lui prend la bouteille.) C'est le marc?
LOUISE, en posant la souplèro sur la table.
Oui.
MÉLIE, qui vient au bureau.
Je le mets là. Les assiettes maintenant.
Elle va au dressoir.
FLOUENT, à lui-même, en regardant Louise qui s'appuie à une ehaise.
Pauvre femme!
Il cherche de la main la lettre sur le bureau et la déchire.
MÉLIE, après un sursaut de joie, à Louise.
Nous causions, et, ma foi, ce que nous disions m'intéressait tellement...
LOUISE, distraite.
Ah?
MÉLIE, revenue à la table.
Tu te demandes ce dont nous pouvions l)ien parler?... Florent va te le dire !
LOUISE, tressaillant.
Ah?
eUo 1(:vo la tiHe et rencontre, très émue, le regard de Klorcnt. — AU moment où Florent va parler, la niusi(iue éclate, derrière la porte de droite. Louise sursaute.
MÉLIE, en jetant les couverts sur la table.
Le diable soit d'eux!
LOUISE, la main à sa poitrine.
Ail! que j'ai eu peur!
FLORENT
Il paraît que je ne devais pas le dire!...
Il revient vers l'aul)erge.
MÉLIE
Où vas tu?
FLORENT
Je monte dans ma chambre. J'aime autant ne pas être là.
MÉLIE
Y penses-tu? (La musique cesse.) Florent ! je t'en prie !... (la seml)lerait si drôle!...
La porte de droite s'ouvre.
L'AUr-EUGE 1JE8 .MAULNIEIIS 200