‹ L'auberge des mariniers; drameChapitre 68 sur 72 · SCENE V · texte numérisé non relu

SCENE V

IRMA, FLORENT, qui la regarde, immobile.

IRMA, en mettant ses gants.

Et maintenant, puis-je savoir ce qui vous amène ?

FLORENT

Vous ne vous en doutez pas ?

IRMA, qui le regarde dans la glace.

Mon Dieu! non, et vous voudrez bien ne pas me faire languir, car je suis un peu pressée.

FLORENT, sans la quitter des yeux.

On vous attend ?

IRMA, indolente.

Oui.

FLORENT, bo contenant.

Eli bien, voilà. Ma vie n'était plus tenable. Je soutirais comme un damné; je faisais souffrir tout le monde... Alors, cette nuit je suis parti, (Lentement.) et je vicus te chercher.

Moi?

^ FLORENT

La place qu'on m'offrait au chantier du Danube se trouve libre. Veux-tu me suivre là-bas ?

IRMA

C'est pour me dire ça que tu es venu ?

Prends garde à ce que tu vas répondre I

Ce que je vais répondre, c'est que tu aurais pu te dispenser de venir.

2'iO L'AUBERGE DES MAllIXIERS

FLOUENT.

Alors, tu ne veux pas ?

IllM.V.

Voyons ! ce n'est pas sérieux ?

FLORENT

Tu trouves?

IRMA

Tu veux que je t'arrache à ta femme?

FLORENT

Ah ! ne parlons pas de ma femme, n'est-ce pas?

Mais ton fils? Tu crois que je te laisserai ahandonner ton fils ?

FLORENT, avec un sourire amer.

Oui. Enfin, tu ne veux pas ?

IRMA

Et tu devrais m'en remercier.

FLORENT

Tu sais que;, maintenant, je n'ai plus que toi au monde, et que, si tu me repousses, je suis un homme pertlu ?

Pourquoi donc ça, perdu ? Comme si tous ceux qui te pleurent en ce moment ne te recevraient pas à bras ouverts ?

FLORENT

Gomme si je peux refaire ce chemin-là !

L'AUBERGE DES MARINIEMS 241

IRMA

Tu vois bien ! Tu y as déjà pensé.

FLORENT

J'ai pensé à tout. J'ai tout calculé. Je ne suis pas un enfant... Le mallicur, c'est que je t'aime.

Tu te figures ça!

FLORENT, assis près du guéridon.

V'Ià maintenant que je ne l'aime pas !

IRMA

Eh ! non ! Tu me regrettes comme ton unique aventure, ta jeunesse retrouvée. Celle que tu aimes, ce n'est pas moi, c'est ta femme.

FLORENT

Quoi ?

IRMA

Tu ne parles que d'elle !... Ce que tu m'en voudrais de me la sacrifier ! Tu t'en es toujours voulu de la trahir ! Preuve que tu n'as jamais cessé de l'aimer!... Au fond, tu n'es pas plus fait pour l'adultère, que d'autres pour la fidélité I

F L o R EXT, s'ol)slinaal .

Alors, si c'est elle que j'aime, pourquoi suis-je ici?

Qui sait / pour t'en assurer peut-être.

2't2 L'AUBERGE DES MARINIERS

FLOUEXT.

Dis donc tout! N'y mets pas tant de façons! Dis donc que c'est toi qui ne m'aimes pas, ({ui ne m'as jamais aimù !

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