‹ L'auberge des mariniers; drameChapitre 7 sur 72 · IRMA, BERNARD, MADAME BRIANT · texte numérisé non relu

IRMA, BERNARD, MADAME BRIANT

essoufflée.

IRMA, vivement.

De là-bas ?

MADAME BRIANT

Oui.

IRMA

Donne!... (a. Bernard qui la lui passe...) Donne

vite !... Ah ! mon Dieu ! qu'est-ce qu'il va y avoir

là-dedans?... (EUe l'a ouverte avec une épingle prise dans ses cheveux blonds.) Oh ! il y en a tfOp long;

elle ne veut pas 1

B EU N'A un. •

Lis donc, voyons I...

MADAME BRIAN T

Eh oui !

IRMA, lisant.

« Ma pauvre Irma... » ïu vois!... Elle ne dirait pas : ma pauvre Irma I « Si ce que tu me de- » mandes ne dépendait que de nous, je te répon- » drais oui, tout de suite... » Tu vois !... « Depuis » que j'ai reçu ta lettre, qui nous a bien touchés, » Florent et moi, je cherche un joint pour pro- » poser la chose à maman. Je ne te cache pas que » ce n'est pas facile... » Gomme si elle ne pouvait pas tout bonnement lui montrer ma lettre, à sa mère!... Mais non! Elle n'ose pas, elle n'a jamais eu un sou de volonté !... Et son mari qui est le maître, et qui ne peut pas dire : « Il faut la prendre ici! » — « Mais, en attendant, Florent » est d'avis, comme moi, que tu viennes!... » (Dans un cri .le joie.) (ja y cst, uios eufants ! ça y est!...« J'espère avoir trouvé le joint quand tu » arriveras... » Aii ! oui, qu'elle le trouvera!... elle est fine comme l'ambre !... « Prends demain, » si tu peux, le train..'. « Je le crois que je pourrai!... « qui arrive à Coulanges à six heures » du soir... » Coulanges, c'est la gare avant la nôtre... « Florent y sera, avec le cabriolet et des » couvertures... » Ce brave Florent 1 « et vous ar-

» riverez chez nous à la nuit ; ra vaut mieux à » cause des commis de Florent » qui est marchand de bois... « et des voisins... » 0ht pour sûr, ils seraient tous là, sur leurs portes... « Si »tu peux venir demain, envoie une dépêche à » Monsieur le curé... » Passe-moi de quoi écrire, Briant !... « Je te donnerai la chambre de Paul... » C'est son gamin... « qui est au collège d'Auxerre » depuis la rentrée... » Déjà!... « En attendant » que tu viennes l'occuper, je t'embrasse... (Dans un sanyiot.) comme une sœur, Louise. » — Ah I voilà ce qu'il fallait pour me remettre !... Tu me mettras en wagon ?

BERNARD

Gomment?... Mais je t'accompagnerai jusqu'à Goulanges.

IRMA

Oh I non ! . . . pas plus loin que Laroche ! . . . Songe donc ! Il faut que j'arrive seule... (a uriant qui lui apporte le buvard.) Tu as uu indicateur, là?... Demain! — Demain, c'est un vendredi !... Oh! ra ne fait rien; je ne veux pas penser à ça!... Demain,

je serai chez nous !... (eUg se reprend à tousser.) Oh!

là!...

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