‹ L'auberge du numéro troisChapitre 10 sur 18 · SCÈNE VII · texte numérisé non relu

SCÈNE VII

J ean et Thibaut, puis Charlot.

Thibaut (porteur d'un plateau et de deux verres pleins).

J' viens d'apercevoir not' Chariot, d'vant la maison ; dans la minute vous pourrez manger. Mais, à c't'heure buvezmoé ça ! C'est un p'tit coup d'appétit qui vous f'ra pas d'mal !

Jean (buvant).

A vot' santé !

Thibaut (de même).

Marci ! à la vote itou !

Charlot (un panier sous le bras).

T'nez/père ; j'en ai de c'qui. s'appelle du manger... une tourquière... encore toute chaude ! (il la met sur la table), du fromage... (même jeu), un' boulette de beurre... (même jeu), un bon p'tit morceau d'iard... du lait'... des galettes... et des tartes... aux raisins...

J ean (se mettant à table).

Enfin ! j'vas don' prendre un' bouchée en mangeant !

Thibaut.

Aimeriez- vous à entendre chanter not' garçon, m'sieu, pendant que vous prenez vot' repas 1 Ça vous f'ra p't 'être plaisir !

Jean (la bouche pleine).

Ah ! ben, oui !... j'aimerais ben ça !

Thibaut.

C'est qu'i' chante ben, vous savez !... Allons, Chariot, mon garçon !... fais-toé pas prier !...

Charlot (à Jean).

Dites don', m'sieu ! s'que vous aimeriez à entendre chanter : Le s'rin oVma sœur ?

Jean (la bouche pleine).

Oui ! oui ! le s'rin de ma sœur !

Charlot.

Ah ! mais ! c'est ben l'diable ! i' est mort son s'rin et pis i' chante p'us !

Jean et Thibaut (riant).

Ah ! ah ! ah !

Ah i l'farceur !

Thibaut.

Chante la chanson dTaubarge.

Charlot {chante).

Uaubary du liméro Trois ! (A chaque couplet, Thibaut et Jean applaudissent. Jean dit : C'est bon ! bravo ! et rit la bouche pleine.)

Sur le chemin du Pacifique Près de Saint-Félix de Valois, Quelle est cette maison manifique ?

C'est l'aubarg' du liméro Trois ! (Bis)

Il y a pour qu'tous aient leurs aises, Des lits d'fer et des lits en bois ; Et de tout' les sort' de punaises, A l'aubarg' du liméro Trois ! (Bis)

Les draps sont grands comm' des serviettes,

Il n'y a qu'un model' je crois ;

Et c'est l'ehien qui lave les assiettes,

A l'aubarg' du liméro Trois ! [Bis)

Notre potag' roui' dans ses vagues Tant de cheveux que chaque mois, Les clients s'en font fair' des bagues, A l'aubarg' du liméro Trois ! (Bix)

On y soign' parfait'ment vot' chambre, On la balaie mêm' quelquefois ; î]t ça n'sent ni la ros' ni l'ambre, A l'aubarg' du liméro Trois ! (Bis)

Une doue' fraternité règne ; Les voisins y sont très courtois ; Et nous avons tons le mêm' peigne A l'aubarg' du liméro Trois ! ( Bis)

La maison s'rait des plus tranquilles Si l'on n' jouait pas du hautbois, Du cor et d'un tas d'ustensiles A l'aubarg' du liméro Trois ! (Bis)

La bonn' n'est pas un' très bell' fille, Mais nous n 'tenons pas au minois ; On lui fait la cour en famille A l'aubarg' du liméro Trois ! (Bis)

Jean (se levant de table). A c't'heure, père Thibaut, dites moé, comment est-ce que j'vous doé, et je m'sauve parce que les chars doivent partir bëtôt !

Thibaut.

C'est-i trop d'trente, sous 1

Jean (payant Thibaut).

Non, c'est ben raisonnable ! Je r' viendrai encore, mais avant d'partir, j'paie les ciganes !... Avez-vous des bonnes ciganes, icitte 1

On quiens c'qui a d'mieux !...

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