‹ L'audition coloréeChapitre 16 sur 34 · La parole se traduit généralement par une cou · texte numérisé non relu

La parole se traduit généralement par une cou

l’audition colorée

leur peu accentuée. Il faut, pour la production de l’image, une certaine force dans l’émission des sons ; ainsi la conversation ordinaire ne produit à peu près rien.

10. Certains sujets colorent les lettres en les entendant prononcer, d’autres en les voyant. Dans le premier cas, c’est le son qui est l’excitant du phénomène ; dans le second, c’est la forme graphique. Ajoutons que, dans les deux cas, l’évocation, le souvenir, le rappel du son ou de la forme propre produisent le même effet que la perception réelle.

11. Parmi les lettres, les voyelles et les diphtongues ont une action prépondérante sur la formation de l’image colorée, chaque voyelle ou diphtongue distincte ayant généralement sa couleur propre. Les diphtongues dont le son peut se traduire par une voyelle simple, comme ai, ei, ay, ey, éveillent des images qui ne diffèrent pas sensiblement entre elles et avec celle de la voyelle simple.

12. Les consonnes n’ont généralement aucune influence, ou du moins ne réveillent, sauf chez quelques sujets extrêmement sensibles, que des teintes grisâtres, indécises, peu accentuées. Cependant, quelques-unes modifient la teinte des voyelles ; certaines lui donnent des reflets métalliques ; d’autres l’épaississent ou l’éclaircissent.

13. Remarque curieuse : Que l’excitant du phénomène soit le son ou la forme graphique des lettres, c’est toujours, dans l’un et l’autre cas, par l’intefmédiaire des voyelles, à la presque entière exclusion des consonnes.

14. Toutes les voyelles et diphtongues ne sont pas également « actives ». Chez certaines personnes, un petit nombre seulement peuvent éveiller l’idée et la représentation d’une image chromatique.

15. Nous avons un cas personnel où seules les voyelles principales peuvent donner au sujet une sensation de couleur ; encore faut-il qu’elles soient vues, entendues ou évoquées séparément : aussitôt qu’elles se réunissent en mots, elles n’éveillent plus rien.

16. Chez un sujet qui présentait les phénomènes au plus haut degré, et pour lequel toutes les lettres, voyelles, diphtongues et consonnes, provoquaient des sensations nettes de couleurs, — cas du D‘‘ Grüber, — ces couleurs variaient selon que le sujet percevait le son ou la forme graphique des lettres.

17. Les fausses sensations de couleurs, — comme d’ailleurs toutes les diverses pseudo-sensations , varient suivant les personnes, les lettres, les sons, etc..

l’audition colorék

de sorte que, parmi tous les cas observés, il n’en est pas deux d’identiques, de constamment semblables.

18. En général, les syllabes et les mots sont colorés suivant leurs voyelles constituantes, et quelques consonnes «r influentes». La signification, même lorsqu’elle rappelle des couleurs précises, n’a généralement aucune influence sur la production de l’image. De même, deux synonymes se colorent diversement.

19. Quelques sujets, qui ont l’avantage de parler plusieurs langues étrangères, attribuent à chacune une couleur propre, caractéristique, selon les sons qui s’y présentent le plus fréquemment.

20. Les notes de la gamme, de même que les nombres, suivent la même règle. Cependant pour ces derniers, la forme graphique du chiffre n’est pas toujours sans action.

21. Les chiflres peuvent avoir une coloration propre, indépendante des voyelles constitutives de leurs noms. S’il faut en croire quelques observateurs, certains sujets pourraient ainsi, à l’aide des combinaisons de couleurs propres à chaque chiffre, faire des opérations d’arithmétique.

Page 1