EXPLICATIONS PROPOSÉES PAR LES AUTEURS 1S
irradiation, un point nous paraît démontré par les faits de pseudophotesthésie et surtout par le cas de l’abbé F., — chez qui, on s’en souvient, une pseudosensation secondaire de rouge était neutralisée par une perception objective de vert — : c’est l’existence d’un centre chromatique cérébral, pouvant élaborer tout seul la sensation colorée, soit que l’excitation vienne de l’appareil récepteur normal conduite par le nerf optique, soit qu’elle vienne d’un centre sensoriel voisin, par irradiation, par anastomose, ou par un mécanisme spécial encore inconnu.
Nous avons dit, au fur et à mesure qu’elles se présentaient à notre examen dans leur ordre chronologique, ce que nous pensons des diverses théories émises par les observateurs. En somme, elles ne nous satisfont qu’incomplètement. Pour le moment, et jusqu’à ce qu’il surgisse une explication meilleure, nous préférons admettre que les phénomènes de pseudophotesthésie dépendent : tantôt d’une association d’idées datant de la jeunesse, développée d’une manière consciente ou inconsciente, et dans cet ordre nous rangeons les faits de coloration des jours de la semaine, des époques de l’histoire, etc., etc. ; tantôt d’un travail cérébral ou psychique spécial dont la nature intime nous échappe, et qui aurait une certaine analogie ; avec Villusion dans les cas de pseudophotesthésie d origine optique, et avec Vhallucination dans ceux où la pseudosensation secondaire est éveillée par l’excitation nor-
l’aüdition colobée
male d’un appareil sensoriel autre que celui de la vue.
Quelles que soient la cause et la nature de la pseudophotesthésie, elle se manifeste comme une sorte d’anomalie de la vision, et à ce titre, s’impose à l’attention de l’oculiste. En effet, au point de vue pratique, il n’est pas dit qu’il ne nous soit pas nécessaire de tenir compte, dans nos examens, des phénomènes de cette sorte chez les marins, les militaires et les employés de chemins de fer, qui doivent apprécier, de loin, la couleur de disques indicateurs. Chez certains d’entre eux, telle couleur perçue objectivement pourrait être influencée, et même complètement dénaturée par une fausse sensation chromatique née de bruits ou de sons divers inhérents à ces professions ; ce qui pourrait amener des confusions aussi regrettables, aussi dangereuses que celles qui peuvent résulter du daltonisme.
BIBLIOGRAPHIE