‹ L'audition et ses organesChapitre 9 sur 92 · REGIONS D ARTICULATION · texte numérisé non relu

REGIONS D ARTICULATION

labiale

Ph

Bh

linguale

S Sch. Z

D TH Dh LR

gutturale

Ch

G Rh GN

R WG

Ce tableau aide à la compréhension de ce qui précède, si Ton se rend compte que l'occlusion est plus forte pour les explosives, et plus faible pour les continues, les sifflantes, les vibrantes et les nasales, puisque l'arrêt du courant sonore n'est pas complet avec elles ; mais, dans l'articulation énergique, elles y ajoutent cependant encore un appoint sérieux.

Dans la phonation, l'intensité du son s'abaisse à mesure que la fermeture des voies de l'air devient plus complète.

(1) Il semblerait logique d'en induire un classement des sons que, par échelons, la surdité enlève à la perception ; or, d'autres éléments d'audition empêchent que le fait soit général, et font que certains sons éclatants ne sont pas perçus, tandis que les sons sourds sont conservés.

Nous donnerons les voyelles et les consonnes réunies en un classement, puisqu'il est clair qu'il n'existe que des nuances dans la progression des mouvements d'occlusion buccale qui leur donnent naissance.

Ainsi on trouve les six groupes suivants en allant du plus fermé au plus ouvert :

lo P, T, C — F, S, CH ; 20 V, Z, J ; S» M, N, GN, L, R, Y; 4° OU, I, U ; 5<» AU, E, EU ; 6« A, 0, É, E. -- AN, ON, IN, UN (Marichelle, p. 65).

C'est ainsi, suivant l'image de cet auteur, que le fleuve sonore coule en s'élargissant peu à peu, des consonnes les plus fermées aux voyelles les plus ouvertes.

En somme, il est intéressant de constater que voyelles et consonnes s'obtiennent par le même mécanisme.

Mais le rôle affecté à la consonne est de segmenter le son, de l'articuler ; il est donc totalement l'opposé de celui de la voyelle qui représente le courant sonore. C'est à cette action que l'articulation est due, par elle que la syllabe est créée, et c'est la pulsation consonante qui opère et la division nécessaire et la modification voulue.

A ce moment fugitif, il se produit toujours un affaiblissement de son, puisque le courant d'air est ou aminci ou arrêté. Cela explique sans doute la grande différence entre la voix parlée et la voix chantée, des femmes surtout, que les graphiques mettent en saillie. Pour avoir de l'intensité, il n'y a plus d'articulation, et par suite ni arrêt, ni affaiblissement du son, mais il n'y a plus de mots formés reconnaissables ; on entend le chant, non les paroles.

Mais on peut envisager la consonne à un point de vue différent, qui n'a pas à mon sens été assez mis en lumière ; c'est que. grâce à son mécanisme de production simple et facile, elle multiplie les sons par un mode de débit du courant sonore exempt de fatigue et d'une exécution prompte. En effet, c'est un arrêt du souffle expiré sonore sans effort aucun.

Le renouveau du son, la syllabation, sont ainsi obtenus d'une manière totalement différente de la formation des sons successifs dus à des efforts répétés coup sur coup, expirations saccadées qu'il serait impossible de faire longtemps et d'exécuter aussi vite surtout que l'émission de la parole l'exige.

L*EXCITANT DE l'oUIE, VIBRATIONS SONORES 63

Intensité, tonalité, timbre, sont à la fois modifiés par l'articulation.

Si Ton se rend compte de la rapide succession des syllabes constituant les mots d'une phrase, et des variations promptes et multiples, incessantes que l'action des consonnes inflige aux sons-voyelles, eux-mêmes variés, en timbre, en intensité et en tonalité, on comprend mieux qu'un appareil auditif malade ou affaibli, raidi, devienne inapte à se prêter à des transmissions aussi rapides et aussi diverses, et pourquoi l'audition du langage articulé se perd plus promptement que celle de la musique par exemple, qui ne demande pas tous ces efforts d'adaptation de l'organe.

Le premier langage des humains fut une succession à intervalles divers de sons vocaux éclatants ou sourds ; l'articulation a accru le nombre de signes et rendu leur émission prompte et facile ; le langage articulé est la supériorité de l'homme.

L'intensité étudiée sur les phonogrammes. — L'intensité du son se manifeste, dans les graphiques du phonographe, par une vive accentuation des dépressions ou indentations que marque le style graveur de la membrane (ou du disque). On a essayé de divers côtés de mesurer les creux et d'apprécier ainsi l'intensité relative des sons inscrits. Ce n'est point le lieu de retracer l'historique des efforts faits dans ce but; j'ai dit plus haut qu'à simple vue on différenciait fort bien les forte et les piano sur un rouleau donné ; mais ces recherches vont de pair avec la détermination du nombre de périodes et surtout, à mon avis, sont importantes pour découvrir l'action de la consonne et la formation des timbres ; j'en dirai donc quelques mots, à leur place, dans une étude de l'intensité sonore.

C'est en i856 que Léon Scott inventa le phonautographe, qu'on peut regarder comme la source de la découverte du phonographe; en 1870, Donders donne ses études sur les sonsvoyelles ; Barlow se servait (1874) d'une peau de batteur d'or ; en 1873, Kœnig introduit la méthode des flammes et donne les figures des vibrations par ce procédé ; en 1876, Clarence J. Blake emploie comme logographe le tympan de l'homme ; la même année, Stein photographie les vibrations des diapasons. Edison vient alors, invente le phonographe qui reproduit les

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sons. En 1878, Fleeming, Jenkin et Ewing obtiennent des tracés de sons-voyelles sur le phonographe ; la môme année, E.-W. Blake photographie les vibrations en attachant un miroir au disque de l'instrument.

Depuis, ces recherches expérimentales ont été poursuivies par Grutzner, Mayer, Graham Bell, Preece et Larh (1).

Il y a peu de progrès dans cette voie jusqu'à l'emploi des rouleaux de cire par Edison et Graham Bell; et en 1890, Hermann, de Kœnigsbcrg. publie une maîtresse étude sur la photographie des vibrations des voyelles au moyen d'un miroir adapté au disque du phonographe. Les courbes qu'il a obtenues sont très belles et éveillent l'idée des photographies des flammes de Kœnig.

En 1891, Bœke, d'Alkmar, mesure le diamètre transverse

(1) E.-L. Scott. Comptes rendus, t. LUI, p. 108.

Donders. De phifs. de spraachklanken in het bijonder van died, nederlandische taa; Utrecht, 1878.

Barlow. Trans. of Royal Society, 1874.

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