‹ L'AuditionChapitre 20 sur 33 · APPAREIL AUDITIF CENTRAL · texte numérisé non relu

APPAREIL AUDITIF CENTRAL

Le nerf auditif est cette moitié du tronc labyrinthique qui prend naissance sous la papille cochléaire. On sait aujourd'hui, par les travaux de Beard, Allis, Aters, Dohrn et Houssay, que morphogéniquement roreille du Vertébré est un organe sensoriel de la ligne latérale. J'ai montré plus haut que physiogéniquement il en est de même.

Le nerf labyrinthique a la signification d'une racine spinale postérieure, c'est la racine sensitive d'un métamère médullaire. Dans la moelle, nous savons que la racine postérieure se divise en grosses fibres internes aboutissant à la vieille moeUe, celle qui n'a pas quitté le lit de l'épendyme et a gardé sa signification ectodermique primitive et superficielle ; à ces fibres correspond le nerf vestibulaire de l'oreille qui, formé également de grosses fibres internes, à engainement myélinique précoce, aboutit à des masses nucléaires grises, le noyau de Bechterew et le noyau interne, et à un noyau de Deiters, correspondant à la colonne de Clarke dans la moelle.

Dans la moelle, nous savons aussi que les fibres fines, externes, à engainement myélinique plus tardif, aboutissent aux formations moins anciennes de l'axe gris et particulièrement à ce qu'on appelle la léte des cornes postérieures, c'est-à-dire aux parties de la substance grise qui s'écartent le plus du lit épendymaire et forment une moelle plus récente qui se propage au delà de la moelle primitive, connue

une ville moderne s'édifie sur les confins de la cité ancienne, bâtie sur les bords du fleuve épendymaire. Les parties plus récentes dans l'ontogénie correspondent sans doute à des formations plus tardives dans la phylogénie et à des fonctions tard venues. De même, dans le métamère auriculaire, des fibres grêles, externes, à engainement myélinique plus tardif — c'est le nerf cochléaire — , aboutissent à des formations nucléaires qui sont le prolongement de la tête des cornes postérieures — moelle récente — , et qui correspondent, nous le savons, à l'appareil cochléaire, organe récent dans la série des Vertébrés, et à l'audition, fonction également récente dans les acquisitions sensorielles.

Nous laisserons de côté l'ancien nerf et les vieux noyaux labyrinthiques, correspondant à des fonctions et à des formations qui ont précédé l'audition ou qui ont évolué vers une adaptation au moins aussi importante, mais tout à fait différente, le sens des attitudes f et nous nous bornerons à l'étude des voies auditives.

Le vaste ganglion de Corti, étalé dans le canal spiral, est le ganglion spinal de cette grosse racine postérieure. Il est formé de cellules bipolaires, les premières qu'on ait décrites, qui envoient un système de prolongements rameux vers la papiUe où elles embrassent par leurs ramosités l'extrémité inférieure des cellules épithéliales de Corti. Du côté central, elles émettent de longs prolongements qui aboutissent à des formations nucléaires plus ou moins élevées dans l'axe spino-cérébral. Nous ne referons pas ici le détail de cette description pour laquelle nous ren-

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verrons le lecteur à notre livre sur l'anatomie du nerf labyrinthique (Oreille y voL 7) et au schéma que nous avons publié chez Steinheil.

Disons seulement que, de neurone en neurone, on trouve les relais suivants, parcourus par les voies auditives :

Papille basilnire ;

Ganglion spiral de Corti ;

Noyau antérieur:

Tubercule acoustique ;

Olis^e supérieure du même côté ;

Noyau du corps trapézoîde du même côté ;

Noyau du corps trapézoîde opposé ;

Olii>e supérieure opposée;

Noyau du rubanlntéral ;

Tubercule quadrijumeau postérieur ;

Tubercule quadrijumeau antérieur ;

Corps genou illé interne ;

Ecorces des première et deuxième circonvolutions temporales.

Ces voies auditives sont croisées, c'est-à-dire qu'elles aboutissent à l'hémisphère cérébral opposé ; il y en aurait aussi de directes, d'après H. Held.

Certains neurones ont un domaine plus considérable que d'autres ; certaines fibres provenant du ganglion de Corti ne vont que jusqu'au noyau antérieur ou au tubercule acoustique, d'autres vont jusqu'à rdive opposée, d'autres jusqu'au noyau de l'anse latérale et même au tubercule quadrijumeau postérieur. Il y a en outre entre ces relais des neurones qui les réunissent l'un à l'autre non pas seulement immédiatement de chaînon à chaînon, mais même en

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