IIR«g. IX
preuve de la bonté de son cœur qui comprenait si bien les convenances sociales et les délicatesses de l'amitié. Il put, dans un banquet de famille, réunir ses prêtres qui étaient ses enfants, épancher dans leurs âmes son cœur d'évêque et de père, envoyer à Pie IX 1 l'hommage de sa plus tendre soumission, hommage qui est devenu une offrande d'outretombe. 2
L'œuvre divine se parachevait ; le pontife de la terre était devenu de plus en plus uni au Pontife éternel. Le dernier jour qu'il devait passer sur la terre était le 7 juin, dimanche du Saint-Sacrement. La piété bien connue du prélat 3 fut plus ardente que jamais ; son union à Dieu pendant le saint sacrifice parut tellement intime que les quelques assistants qui en furent les heureux témoins en furent frappés sans se douter des douleurs qui les attendaient. L'attitude, le visage transfiguré de Monseigneur, étaient, nous disaient-ils, ceux d'un enfant intelligent et pieux qui pour la première fois s'unit à son Dieu et goûte par avance les ravissements du ciel. Ces ravissements^ le pieux prélat devait, quelques heures après, en jouir réellement : le 8 juin, à une heure du matin, comme une