Discours du 14 septembre 1873, p
Cette force, cette paix du martyr, la croix les lui procura pendant ses longues souffrances que rendait plus cruelles encore la poignante incertitude entre la vie et la mort. Les yeux fixés sur son crucifix, il se montra le malade le plus patient, le plus doux, le plus résigné, le plus calme, conservant le souvenir de ses amis et gardant pour eux toutes les délicatesses de son cœur, pensant aux âmes rachetées par le sang de Jésus, et même jusque dans le délire de la fièvre n'ayant qu'un souci : exhorter, instruire les fidèles confiés à ses soins, consoler, soulager les pauvres.
Trois fois prévenu de sa mort presque imminente, trois fois il répond avec la paix du bon serviteur, je suis prêtj adsum servus tuus i.
Le travail de Dieu était achevé, le serviteur était prêt, mais dans sa miséricordieuse bonté le Seigneur voulut lui enlever les douleurs de la dernière agonie et lui procurer des consolations épiscopales. Il ménagea au pontife les joies d'un retour si désiré de sa famille diocésaine, aux enfants le bonheur de revoir un père aimé et de le recevoir en triomphe. Le pasteur put bénir ses communautés, leur donner ses derniers conseils ; il put rendre visite à ses amis, les recevoir et leur donner une nouvelle