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E.— AUMONERIE DE L'ARMÉE FRANÇAISE EN

Pendant la guerre franco-allemande, la Commission reprit ses fonctions intermittentes. Dans cette campagne, plus importante, plus meurtrière que les précédentes, le nombre des aumôniers fut aussi augmenté dans de larges proportions. Il y eut d’abord les aumôniers officiels : un par corps d'armée. Puis les aumôniers officieux ou d’ambulance : un par grande ambulance.

(2) M. Guion a été décoré pendant sa deuxième campagne militaire, en 1870.

De plus, la France ayant été le théâtre de la guerre, beaucoup de pasteurs, dans leurs paroisses, ont fait fonctions d’aumôniers militaires pour les ambulances qui y étaient établies.

Voici les renseignements que nous empruntons au Recueil de l'Eglise Luthérienne, tels que M. le pasteur Haas a eu la bonté de les faire copier pour nous:

Dans sa séance du 18 juillet (1870) le séminaire a décidé de mettre à la disposition de l'autorité militaire, par l'intermédiaire du Directoire, pour être affectés auservice hospitalier de l’armée, la partie disponible du bâtiment situé quai Saint- Thomas, 1 &s, à Strasbourg, et une maison curiale actuellement vacante, rue du Puits, 2.

On sait que le bâtiment du quai Saint-Thomas est le siège du séminaire de la Faculté de Théologie et du collège Saint- Guillaume. Les cours de la Faculté et du séminaire ont été clos, à partir de ce jour, pour la présente année scolaire, et les élèves internes, du collège Saint-Guillaume prennent leurs mesures pour quitter les chambres qu’ils occupent.

On pourra aussi convertir immédiatement en infirmerie environ soixante chambres à coucher, déjà garnies de lits et de mobilier.

Si les besoins l’exigent, les salles de cours, le réfectoire et d’autres locaux seront facilement et promptement appropriés à l'installation d’un plus grand nombre de lits,

Le séminaire a, dans la même séance, voté une première allocation de cinq mille francs, pour organiser les parties les plus urgentes du service et subventionner les aumôniersadjoints et les infirmiers-auxiliaires.

Le service hospitalier que ces diverses mesures permettent d'installer à Strasbourg, sera placé sous la direction d’un Comité laïque, actuellement en voie de formation, et à la tête duquel se trouvent plusieurs membres de la Faculté de médecine.

Déjà un grand nombre de dames s'exercent chaque jout, dans l'établissement des Diaconesses, à la pratique des pansements et des soins à donner aux blessés. Cet établissement a spontanément offert les sœurs pour le service régulier des

salles de malades, aussitôt que les circonstances nécéssiteront le secours de leur charité et de leur dévoûment.

D'un autre côté le Directoire a reçu, de la part de pasteurs, de vicaires, et d'élèves du séminaire, un grand nombre d'offres de servir en qualité d’aumôniers, d'aumôniers-adjoints ou d’infirmiers-auxiliaires.

Les fonctions d’aumônier dans un corps d'armée ont été, jusqu’à ce jour, sollicitées par:

MM. Haas (1) en dernier lieu pasteur à Windstein (Bas- Rhin) et récemment (avril 1870) autorisé par le Directoire à accepter (avec M. Frédéric Monnier) la direction d'un diaconat créé à Foëcy (Cher).

Jaeger, pasteur à Langensoultzbach.

Schmidt, pasteur à Sarreguemines.

Guion (1), vicaire à Paris, ancien aumônier à l’armée

du Mexique.

Rœhrich (Ernest), vicaire ‘administrateur à Gumbrechtshoffen.

Dietsch, vicaire à Bischwiller.

Roth (Edouard), précédemment vicaire à l'Eglise Saint- Pierre-le-Jeune, et actuellement disponible.

Un huitième ecclésiastique, M. Max. Reichard,

s’est offert à remplir les fonctions d’aumônier de l’armée à Strasbourg.

(1) Ce nom figure dans la liste offcielle à nous communiquée par M. le Ministre de la Guerre,

Les onze élèves du séminaire dont les noms suivent se sont fait inscrire pour être envoyés à la suite de l'armée en qualité d’aumôniers-adjoints ou d’infirmiers-auxiliaires :

MM. Bost (Théodore). MM. Piepenbring (Charles). Dahlet (Jacques). Rœhrich (Edouard) (1).

Dieterlen (Hermann). Stricker (Auguste-Fréd.) Feindel (Charles). Berger (Philippe) (2).

Gourmez (Emile). Dumas (Frédéric) (2).

Lauga (Henri).

Enfin six autres élèves s'offrent à remplir les mêmes tonctions à Strasbourg. Ce sont : |

MM. Dieterlen (Rodolphe.) MM. Krüger (Hermann). Goguel (Alfred). oSpeckel (Emmanuel).

Jung (Auguste) (3). Würtz (Emile).

Le Directoire a été heureux de constater l’empressement avec lequel ces offres se sont manifestées. Il a immédiatement écrit à M. le Ministre de la guerre pour demander à Son Excellence de vouloir bien décider que des aumôniers protestants seront attachés aux divers corps d'armée en campagne.

Le Directoire a en même temps transmis la liste des ecclésiastiques inscrits jusqu’à ce jour à la Commission mixte,

Il continuera de recevoir des demandes de places d’aumôniers qui lui seront adressées et les transmettra à la dite Commission. Il fait toutefois remarquer que les offres qui seraient limitées à nos services dans la place de Strasbourg

(1) Le nom de M. Rœhrich figure déjà dans la liste précédente, Il s'agit des deux frères : l'un, M. Ernest Rœhrich, maïntenant pasteur à Jaegerthal (Alsace), et l'autre, M. Edouard Rœhrich, pasteur à Caudebec-lès-Elbeuf (Seine-Inférieure).

(2) Les noms de MM. Berger et Dumas ne figurent pas dans cette liste au Recueil, mais dans une note rectificative de la séance du 2 août 1870.

(3) La liste que nous avons sous les yeux, copiée au Recueil, dit M. Ing. Il s'agirait ici de M. Jundt.

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