‹ L'Aumonerie MilitaireChapitre 15 sur 50 · POS · texte numérisé non relu

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ñe pourront plus être accueillies, le personnel sédentaire d’ecclésiastiques, en résidence dans cette ville, étant amplement suffisant pour répondre à tous les besoins.

Strasbourg, le 19 juillet 1870.

Secours aux malades et blessés de l'armée.

Dans une réunion tenue le 1°" août, à l’église Saint-Thomas, sous la présidence de MM. les Inspecteurs ecclésiastiques Bruch et Ungerer, MM. les pasteurs et vicaires en résidence à Strasbourg ont unanimement promis leur concours pour assurer la desserte des hôpitaux et ambulances militaires qui seront établis dans la ville et la banlieue pendant la durée de la guerre.

Vingt-quatre ecclésiastiques assistaient à la réunion. Trois autres, qui n'avaient pu s’y rendre, ont adhéré aux résolutions prises.

Depuis l'insertion de l'avis publié plus haut, sous la date du 19 juillet, les ecclésiastiques dont les noms suivent ont adressé au Directoire des demandes de places d'aumôêôniers de l’armée.

MM. Grammont, pasteur à Longevelle.

Kraenker, pasteur à Zutzendorf. Loescher,aumônier dela Maison Centrale d'Ensisheim. Mettetal, pasteur à Grand-Charmont.

Nessler, pasteur à Müntzenheim.

Schadé, pasteur à Imbsheim.

Horning (1), vicaire de l’église S'-Pierre-le-Jeune à Strasbourg.

Meyer (1), vicaire à Schillersdorf.

(1) Les noms de MM. Horning et Meyer figurent sur la liste officielle à nous communiquée par M. le Ministre de la guerre,

Se sont présentés pour les fonctions d’aumôniers-adjoints ou d’infirmiers-auxiliaires à la suite de l’armée :

MM. Büchsenchütz (Geoffroy), candidat en théologie. Marchand (Léon), élève au séminaire.

Strasbourg, le 2 août 1870.

D'autre part, dès le commencement de la guerre, les protestants de France, et spécialement ceux de Paris, s'occupèrent de venir en aide aux malades et aux'blessés militaires sans distinction de culte, puis aussi de fournir aux besoins spirituels de leurs coreligionnaires. Ce fut dans ce but que se fonda le Comité évangélique auxiliaire de secours pour les soldats blessés ou malades, qui se mit en rapport avec la Société internationale de secours, mais qui conserva son indépendance, afin de pouvoir accomplirle mandat religieux qu'il s'était donné. Différentes circulaires de ce Comité, qui eut d’abord son siège central à Paris, puis à Tours et à Bordeaux, ont été publiées. Il a disposé d'un budget de 150,000 francs. Le Comitè évangélique a créé, soit dans les départements soit surtout à Paris, une quarantaine d’ambulances, dont plusieurs étaient des établissements considérables (1).

Le 3 septembre 1870, M. le pasteur Eugène Bersier écrivait dans la Aevue Chrétienne :

.... On a calculé que le cinquième des recettes dela Société

française de secours aux blessés était produit pr des souscriptions protestantes; en outre, le Comité évangélique auxiliaire

(1) Tableltes du protestantisme, septembre 1871, page 236. Communiqué par M. le pasteur Racine-Braud, de Cherbourg.

a fondé à Paris la plus vaste ambulance due à l'initiative privée, etila, en multipliant sur le champ de bataille ses brigades d'infirmiers volontaires, bien mérité de l’armée et du pays. Ce n'est point par une vaine ostentation que nous rappelons ces faits, c'est pour prouver que lorsqu'il s’agit de sauver la France, nous ne cèderons à personne en patriotisme, en vigueur, en fermeté (1).

Le gouvernement de la Défense nationale a voulu reconnaître hautement le concours du Comité évangélique en lui accordant des récompenses publiques. Pendant le cours de ses opérations, ce Comité s’est transformé et reconstitué sous le nom de Comité protestant de secours pour les victimes de la guerre. Sa mission n'a pris fin que lorsqu'il n'ya plus eu de misères à soulager — misères causées par la guerre — et de malheureux orphelins à élever (2).

Voïci maintenant la liste officielle des aumômiers militaires protestants, telle que M. le Ministre de la guerre a bien voulu nous la communiquer.

Aumôniers protestants attachés à l'armée du Rhin.

Décision Ministérielle du 9 août 1870 (3).

Premier Corps.

Aumônier de 1° classe : MM. Rey, pasteur à Avignon. Aumônier-adjoint......…. î Meyer (Paul), ministre évangélique.

(1) Revue Chrétienne, septembre 1870, page 576.

(2) Tablettes du protestantisme, septembre 1871, page 256.

(3) Dès que cette décision fut connue, lé 11 août 1870, pour faciliter la tâche aux aumôniers militaires, M. Th. Braun, président du Directoire, en donna avis, par lettre circulaire, à tous les pasteurs Luthériens français, et les

Deuxième Corps.

Aumônier de 1° classe: MM, Haas, directeur des Diaco-

nesses.

Troisième Corps.

Aumônier de 1" classe : Bauer, pasteur.

Aumônier-adjoint........ : Horning, vicaire à Strasbourg.

Quatrième Corps.

Aumônier de 2" classe : Schade, pasteur.

Cinquième Corps.

Aumônier de 2° classe : Rœhrich (1), vicaire. Sixième Corps.

Aumônier de 1° classe : Guion, pasteur.

Aumônier-adjoint......... : Fraysse, pasteur. Septième Corps.

Aumônier de 2% classe : Leser, pasteur.

Garde Impériale.

Aumônier de 2" classe : Wabnitz, pasteur.

Décision Ministérielle du 1er septembre 1870.

3e Corps de l’armée du Rhin: Aumônier adjoint : MM. Fournier.

ame Corps » » Louitz.

5e (orps » D Vielle.

Garde Impériale » Cadoret.

Armée de Paris =

M. Cadoret, aumônier de 1"° classe en chef de l’ambulance du Quartier général (1° corps d'armée, général Ducros), Chevalier de la Légion d'honneur de février 1871.

invita à lui transmettre, sous le plus bref délai, les noms et les adresses des enfants de leurs Eglises qui faisaient partie de l'armée du Rhin. Ultérieurement à cette circulaire, rien n’a paru, relativement à l’aumônerie militaire, dans les Actes du Directoire qui, depuis 1871, sont rédigés en allemand. C'est alors aussi que M. Braun donna sa démission de président du Directoire et fut remplacé par M. Kratz.

(1) Au Ministère de la Guerre on a écrit : Ræhrig.

MM. de Pressensé, aumônier d'ambulance, campagne des Ardennes (armée du Maréchal Mac-Mahon), Siège de Paris, Chevalier de la Légion d'honneur de février 1871.

Louitz (1), aumônier attaché au 1°" corps de la 2° armée (ancien aumônier du 13"° corps).

Cadoret, aumônier attaché au 2" corps de la 2"° armée (ancien aumônier du 4° corps).

Lalot, axmônier attaché au 3° corps de la 2"° armée. De Vernejoul, aumônier attaché à la 3"° armée.

Malheureusement, cette liste, aussi complète que possible, dit la dépêche ministérielle du 7 août 1889, que nous avons sous les yeux, ne donne pas les noms de tous les aumôniers officieux qui ont pris part à la campagne de 1870. Outre M. de Pressensé, qui figure dans la dite liste, nous connaissons encore :

MM. Æschimann(3), l'un desfils de M. le président du Consistoire de Lyon.

Caron, mort à Cravant (Loiret) pendant la guerre (janvier 1871 (2).

Challan, actuellement à Genève, en sa qualité de sujet Suisse, fut autorisé à remplir les fonctions d’aumônier près des soldats français prisonniers à Stettin (Allemagne).

(1) M. Louitz, alors pasteur à Mens (Isère), et actuellement pasteur à Bordeaux, a été nommé chevalier de la Légion d'honneur en 1874, en récompensedes services qu'il avait rendus étant anmônier militaire (Note de l’Auteur). s

(2) Revue Chrétienne de 1871, page 523, note.

Lettre de M. le Pasteur Caron (Voir plus loin).

(3) Nous publions la liste de nos aumôniers d'ambulance par lettre alphabétique,

MM. Durand-Dassier, aumônier de la 1"° ambulance de la Société de secours aux blessés (1), chevalier de la Légion d'honneur du 15 octobre 1871 (2), actuellement à Paris. £

Farjat (E.), actuellement pasteur à Cannes (Alpes-Maritimes) (3).

Foltz (Jules), aumônier de la 12° ambulance (4), maintenant Directeur de l'Ecole préparatoire de Théologie, à Tournon.

Labourgade, aumônier au camp de Châlons, actuellement pasteur à Reims (Marne).

Monod (Ernest), actuellement pasteur de l'Eglise Réformée indépendante nationale de Mazamet (Tarn).

Monod (Jean), professeur à la Faculté de Théologie protestante de Montauban.

Paul (Léon), mort chapelain de la famille de M"° André, à Versailles.

Picard (Isaac), actuellement pasteur à Paris (5).

Puaux (Franck), de Paris (6), aumônier de l’armée de Mac-Mahon.

Sabatier (A.), professeur à la Faculté de Théologie pro-

__ testante de Paris.

Vaucher, aumônier de l'ambulance 11 #ss, entretenue par le Comité protestant, actuellement professeur à la Faculté de Théologie protestante de Paris.

(4) E. Durand-Dassier : Le blocus sous Metz, Paris 1871, page 3.

(1) Le brevet de M. Durand-Dassier lui donne le titre de pasteur protestant de l'armée du Rhin.

(2) Voir sur l’œuvre d'aumônier de M. le pasteur Farjat les articles qu'il a publiés dans l’Evangéliste de 1870-1871.

‘3) Voir l’article de M. Foltz publié dans la Revue Chrétienne de 1870.

(4) La lettre que nous avons reçue de M. le pasteur Picard ne dit pas à quelle: ambulance 1l appartenait.

(5) Les aumôniers protestants, allemands en activité dans la dernière guerre ont été de 220, dont 100 aumôniers libres, entretenus par des dons volontaires qui avaient été mis à la disposition de l'aumônier en chef, le Fe/apropst docteur Thiele. Cinq d'entre eux sont morts à la tâche, trois ont été blessés sur le champ de bataille, et un grand nombre ont été atteints du typhus, de la

Ce

Soit en tout 32 aumôniers protestants connus, dont 17 officiels et 13 officieux (1).

Nous voudrions pouvoir dire tout ce qui a été fait par nos aumôniers, quels que fussent leurs titres, et par bon nombre de laïques dévoués, tels que Mme André Walter, M. Jalaguier, etc., en faveur de nos soldats pendant la guerre de 1870-1871. Il y aurait de quoi écrire un gros et intéressant volume. Malheureusement la Commission n'a pas cru devoir publier de rapport sur cette œuvre. La situation générale du pays justifiait son silence. Cependant, tous nos aumôniers, plus ou moins, ont réalisé de bien chrétiennes expériences sur leur mission. Nous avons écrit à ceux d’entre eux dont nous connaissons les noms (2), de façon à avoir, de bonne source, des renseignements précis sur l’œuvre qu'ils ont accomplie. Plusieurs d’entre eux ont bien voulu nous répondre (3). On trouvera ci-après des extraits de leurs lettres et autres communications :

Cédons d’abord la parole à M. le pasteur Guion :

Je me rappelle avec plaisir, dit-il, du séjour à Vierzon, aux environs de Noël 1870. Nous étions toujours sur le qui-vive, toujours prêts à partir. Mais j'ai passé plus d’une bonne soirée

dyssenterie et de la petite vérole. Plusieurs d'entre eux, depuis leur séjour à l'armée, sont souffrants et maladifs (Za Croix, n° 42 du 25 octobre 1871, p. 336).

(x) En 1870, M. Franck Puaux était pasteur de l'Eglise française à Stockholm.

(2) À l'exception de M. Leser, qui est décédé gomme pasteur à Courcelles-Chaussy (Lorraine).

(3) M. le pasteur Fournier étant décédé, nous avons pris la liberté d'écrire à Mme Fournier pour lui demander quelques renseignements sur la mission d'aumônier de feu son mari. Mais notre lettre, adressée à l’Asile évangélique d’Aix-les-Bains (Savoie) est tombée en rebut et nous a été renvoyée par l'administration postale,

à Foëcy, chez M" André Walter, qui avait des réunions pour militaires, sans parler de ses ambulances à Vierzon. — Je me souviens aussi des quinze jours passés à Givonne, depuis le soir de Sedan. Nous étions au milieu des Prussiens et j'ai pu, matériellement ét moralement, rendre des services aux nombreux blessés que nous avions dans notre ambulance, comme aussi visiter, avec les médecins, les ambulances’ prussiennes établies dans les environs.

Le fragment suivant d’une lettre écrite par un médecin, publiée par l’Awz chrétien des Familles, reproduite par les Tablettes du protestantisme et datée de Givonne, le 4 septembre 187r, a ici sa place :

re L'aumônier protestant qui était à notre ambulance pendant la bataille s'appelle M. Guion. Il s'est conduit avec une bravoure admirable, a soigné nos blessés alors qu'aucun infirmier n’osait se lever devant la grêle des projectiles que nous recevions. Je n'ai jamais vu plus de sang-froid, plus de dévoûment, plus de tact aussi, dans les conseils religieux qu'il donnait aux mourants et qu’il savait faire accepter de tous par leur élévation et leur à-propos (1).

Nous avons les relations de deux aumôniers militaires à Metz : celle de M. le pasteur Haas, publiée dans le journal Za Croix, à laquelle nous ferons plus loin divers emprunts, et celle de M. le pasteur Durand- Dassier (2), publiée dans la Aevue Chrétienne du

(1) Tablettes du protestantisme, septembre 1871, pages 2341et 235.

(2) MM. Bauer et Haas, aumôniers réguliers de deux corps d'armée, MM. Durand-Dassier et Paul, aumôniers d'ambulance, et MM- Cuvier et Wenger, alors pasteurs à Metz, ont eu la joie de se rencontrer dans cette ville, pendant le siège, et de travailler ensemble à l'évangélisation de nos soldats (Revue Chrétienne du 5 avril 1872, article de M. Durand-Dassier).

5 avril 1872 (1), à laquelle nous empruntons les lignes suivantes : |

AE Il faisait presque nuit quand, à travers les chemins inconnus où nous errions à l'aventure, nous parvinmes à ce petit village de Borny, qui a eu le triste honneur de donner son nom à la bataille. Là, pour la première fois, nous nous trouvions en face de l’horrible réalité, qui fait maudire les conquérants, et montre à quel prix s’achète ce que l’on est convenu d'appeler la gloire. Hélas! combien étaient-ils (2) ces pauvres jeunes gens qu’on nous portait de tous côtés, sanglants, mutilés, soupirant après un peu d’eau, après un pansement, mourant dans nos bras ; combien étaient-ils dans cette plaine au-delà de Borny, dormant de leur dernier sommeil, eux si forts, si pleins de vie quelques heures auparavant; combien étaient-ils, vivants encore, que la nuit ne permettait pas de retrouver, et qu'on rencontrerait morts le lendemain, après une agonie solitaire, sans soulagement et sans consolation ?

Plus loin, l’auteur de cette relation raconte comme suit son arrivée dans le village de Châtel :

dre La première maison, dans laquelle nous entrèmes, était une maison d'école ; dans la grande salle à gauche, de quatrevingt à cent blessés, sans secours, mourant de soif, atteints des plus hideuses blessures, étaient pêle-mêle étendus sur un peu de paille sanglante, Il y en avait dans les corridors, sous l'escalier, partout, poussant d’affreux gémissements, demandant à boire, demandant à être pansés, demandant à être

opérés, demandant qu'on rattachât au plus tôt leurs membres

(x) L'intéressant article de M. Durand-Dassier sur le Blocus de Metz, publié dans la Revue Chrétienne du 5 avril 1872, a été tiré en brochure à part {Paris 1872).

(2) Le combat de Borny a coûté à l'armée française 3.600 hommes, dont 200 officiers et 3 généraux (Note de M. Durand-Dassier).

brisés, leurs chairs pendantes, demandant qu'une prompte mort vint terminer leurs horribles souffrances. Que de détails affreux nous avons vus pendant cette nuit ! Ce pauvre général paralysé des quatre membres par suite d'une blessure reçue au haut de la colonne vertébrale ; ces officiers dont les membres étaient broyés, et, à côté d’eux, quatre de leurs camarades déjà morts! Dans les maisons voisines, mêmes souffrances, mêmes cris, même horreur ! Privés de lumière, les blessés se heurtent à chaque mouvement les uns les autres. Un de ces malheureux veut boire, mais il a la mâchoire fracassée, et pendant qu'il avale péniblement quelques gouttes d’eau, son sang se mêle en abondance au liquide, ce qui n'empêche pas un de ses voisins, exaspéré par la souffrance, de lui arracher brusquement la tasse, et, avant qu'on ait pu le retenir, de boire lui-même cet affreux mélange. Ah ! que d'exclamations se sont échappées de nos cœurs et de nos lèvres en présence

La brochure de M. Durand-Dassier nous a instruit, intéressé, captivé, navré. Nous voudrions la citer en entier. Mais elle a 27 pages, grand in-octavo, et il est temps de laisser un autre de nos correspondants nous faire part aussi de ses expériences d’aumônier.

Voici comment M. Fraisse (1), alors pasteur à Montauban, nous parle, dans sa lettre datée d’Albon (Ardèche), le 20 janvier 1890, de sa mission accomplie il y a vingt ans (2):

(1) Le changement apporté à l'orthographe de ce nom (Fraisse au lieu de Fraysse) a été déterminé, à la demande de l'intéressé, par un jugement du Tribunal civil de Montauban.

(2) Nous supprimons la première page de cette lettre qui nous donne le texte de la Commission ministérielle dont M. Fraisse était muni.

M. Fraisse à publié, sur son œuvre en 1870, quatre articles dans le Fournal de Genève auxquels nous faisons des emprunts plus loin, :

.…. Muni de Ja Commission du Ministre, je me suis mis en route pour Paris, d'où je me suis rendu au camp de Châlons en compagnie de trois autres aumôniers protestants (1).

J'ai suivi la marche de nos troupes de Châlons à Reims, de Reims à Rethel où j'ai été attaché au 31" régiment de marche ; de Rethel au Chêne-Populeux, du Chêne à la Besace et de la Besace à Mouzon.

Les chevaux manquant, nous avons fait toutes ces étapes à pied.

La division dont faisait partie notre régiment a commencé à donner à Mouzon.

Pendant la nuit, nous nous sommes portés sur Douzy, où notre régiment a été engagé dès le point du jour.

Le soir, nous avons pris position sur les hauteurs qui avoisinent Sedan, entre Bazeilles et Givonne.

Le lendemain, nous étions à fa bataille de Sedan, où notre régiment a été décimé et où nous avons couru les plus grands dangèrs.

Vers la fin de la journée nous avons été faits prisonniers sur le champ de bataille avec de nombreux blessés, notamment mon colonel, M. Sauthereau, que je venais de panser, le personnel d'une ambulance militaire à laquelle ce jour-là nous avons prêté notre concours, et des soldats sans armes.

À Givonne, où l’on nous a conduits, je me suis employé sans relâche à soigner nos blessés, qui encombraient les rues et les maisons, du rez-de-chaussée au galetas.

Pendant trois jours je leur ai charrié de l'eau.

J'ai donné à mon colonel et à nos soldats tous les soins que comportait notre situation de prisonniers dansun village désert.

{1) Si mes souvenirs ne me trompent pas, c'étaent MM. Rey, Meyer et Guion. Ce dernier, à la solde de capitaine, et chevalier de la Légion d’honneur, avait déjà fait, en la même qualité, la campagne du Mexique, C'était un homme de bon conseil, de grande expérience, et accoutumé au danger. MM. Rey et Meyer se séparèrent de nous à Rethel.

Sur l'avis d’un correspondant du Sfandard, que l’autorité allemande n'avait pas le droit, en raison de la nature de mes fonctions, de me retenir prisonnier, j'ai demandé ma mise en liberté.

Après avoir pris congé de mon colonel, j'ai été conduit à Carignan, et de là à Osne, d'où l'autorité allemande m'a dirigé sur Sedan.

A Sedan, grâce à l'intervention des pasteurs de l’endroit, j'ai obtenu ma libération.

Je suis rentré en France par la Belgique et la ligne du Nord.

Arrivé à Paris, j'ai redemandé du service dans un régiment de la place.

Toutes les démarches que j'ai tentées dans ce sens, en compagnie du président de la Commission des aumôniers, étant demeurées sans résultat, j'ai quitté Paris la veille du jour de l’investissement total, par la ligne de l'Ouest, la seule qui fût encore libre, et je me suis dirigé sur Montauban.

Après avoir rendu compte, en chaire, de ma campagne, j'ai fait des démarches pour rejoindre les francs-tireurs de Tarn-et- Garonne. On n'a pu me renseigner sur leur destination et J'ai dû renoncer à prendre le fusil.

Tel est le résumé de ma courte campage. Elle s’est terminée le 8 septembre.

nl. de Pressensé, à qui nous avions demandé des détails sur sa mission d’aumônier, nous a renvoyé aux articles qu'il a publiés sur ce sujet dans la Revue Chrétienne de 1870-1871. Nous les avons consultés et nous ne saurions mieux faire que d'y renvoyer nousmêmes nos lecteurs, car il faudrait tout citer.

Le 4 août 1870, notre illustre pasteur écrivait déjà :

teta C'est aux disciples du bon Samaritain à prendre le pre-

mier rang dans la sainte croisade de charité qui va relever sur les champs de bataille les blessés de toute nation, Notre sym-

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