‹ L'Aumonerie MilitaireChapitre 5 sur 50 · DE L'AUMONERIE PROTESTANTE · texte numérisé non relu

DE L'AUMONERIE PROTESTANTE

Le protestantisme a été officiellement inconnu dans l'armée française pendant bien longtemps. A l’époque des guerres civiles comme dans les périodes d’accalmie religieuse, surtout sous le régime de l’Edit de Nantes, les seigneurs protestants avaient des aumôniers. L'amiral de Coligny s'était attaché le pasteur Merlin auquel il avait confié l'éducation de ses enfants. Le ministre du roi de Navarre suivait son maître en campagne.

À Coutras (1587), quand les trompettes des catholiques sonnérent la charge, Henri de Navarre tomba à genoux avec ses hommes, et le ministre, Antoine de Chandieu, fit la prière. Le chef de l’armée ennemie, Joyeuse, voyant ce spectacle, s'écria : «Le roi de Navarre a peur.— Ne le prenez pas là, lui dit Lavardin, son lieutenant, ils ne prient jamais sans qu'ils soient résolus de vaincre où de mourir ». La prière dite, les soldats se levèrent ,entonnèrent le verset 12 dupsaume CXVIIF,

— (o) — et marchèrent à la victoire (1). — « Du temps des Condé, ajoute M. Emilien Frossard, chaque régiment avait sa prière quotidienne, et, au besoin, les colonels eux-mêmes faisaient fonctions de ministres » (2).

Mais, après la Révolution, nos Églises se relevérent avec peine de plus de deux siècles de persécutions. A la faveur du Concordat, leurs pasteurs s'occupèrent d'abord des paroisses réduites et dispersées par le vent de l'intolérance. Ce ne fut que pendant l'expédition d'Orient que le protestantisme put faire évangéliser régulièrement ses enfants enrôlés sous les drapeaux.

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