‹ L'auréole; comédie en cinq actes [par] J. Chancel & H. De GorsseChapitre 111 sur 119 · ACTE CINQUIEME · texte numérisé non relu

ACTE CINQUIEME

DANHEIM.

Croyez-vous que, dans ce cas, il ne serait pas heureux d'être rassuré sur votre sort ?

GERMAINE

Et le monde ?

DANHEIM.

Oh! le monde I J'en fais mon affaire! Quand on l'a, comme moi, pendant vingt ans, vu grouiller derrière les guichets de mes banques.

GERMAINE, avec une grande tristesse.

Et puis, VOUS savez bien que ce n'est pas tout ce qui doit vous éloigner de moi..

DANHEIM, vivement.

Taisez-vous!

GERMAINE

Cependant, vous en souffririez.

DANHEIM.

Non.

GERMAINE

Si... tout bas.

DANHEIM.

Je suis sûr de moi.

GERMAINE

Vous le croyez maintenant.

DANHEIM.

Je n'ai plus vingt-cinq ans, ou plutôt, je vais les avoir deux fois. A cet âge, voyez-vous, l'amour n'a plus besoin d'illusions conquérantes. Je ne suis ni Roméo ni Lindor et, cependant, je me sens capable de vous aimer... devons aimer beaucoup... mais d'un sentiment tout autre... avec moins d'imagination...

et plus de tendresse.. Je voudrais seulement espérer que vous pouvez encore avoir un peu d'affection pour moi.

GERMAINE

Comment vous répondre ?

Un mot!

GERMAINE

Je n'ose pas vous le dire..

DANHEIM.

11 est si cruel?

GERMAINE, hésitant.

Non.

DANHEIM, radieux.

Alil pourquoi ne pas me l'avoir dit plus tôt?

GERMAINE, très simple.

Parce que vous ne m'auriez peut-être pas crue!

DANHEIM, avec élan.

Oh ! Germaine !

GERMAINE, l'arrêtant doucement.

Pas encore !..

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