‹ L'auréole; comédie en cinq actes [par] J. Chancel & H. De GorsseChapitre 12 sur 119 · ACTE PREMIER il · texte numérisé non relu

ACTE PREMIER il

LE GÉNÉRAL

Tu la verras à la revue.

ROLLOT.

Je serai content de l'embrasser. Toujours charmante et insupportable ?

LE GÉNÉRAL

Toujours. (Changeant de ton.) Tu Vds rester à dîner avec nous, n'est-ce pas?

ROLLOT.

Dîner, où?.

LE GENERAL

ROLLOT, étonné.

Gomment! C'est toi qui fais les invitations?

LE GÉNÉRAL

Non, c'est madame Aquilar qui m'a prié de t'inviter, puisqu'elle ne te connaît pas.

Très aimable, madame Aquilar, mais je préfère rentrer dîner à l'hôtel avec Annette.

LE GÉNÉRAL

Veux tu que j'envoie un planton, pour la prévenir?

ROLLOT, blagueur.

Gomment! madame Aquilar l'inviterait aussi?

LE GÉNÉRAL, vivement.

Ah 1 non !

ROLLOT.

Alors, tu ne veux pas que je la laisse dîner seule?... Elle me le ferait payer cher, ce dîner-là !... D'ailleurs, je te l'avoue, je n'ai aucun désir de faire connaissance avec la famille Aquilar.

LE GÉNÉRAL

Pourquoi? Ce sont de bonnes gens.

ROLLOT.

De bonnes gens d'affaires^ oui !

LE GÉNÉRAL

Gomment?

ROLLOT.

Ah! on voit bien que tu reviens de Glermont^ toi, et que tu es enfermé dans ton métier comme dans un cloître, sans rien voir de la vie autour de toi. de la vie vraie. Il y a longtemps que tu les connais^, ces

LE GÉNÉRAL

Je les vois tous les étés, dans ce château qui leur appartient, et madame Aquilar fait ici beaucoup de bien. Elle est la providence du pays. Sa piété est exemplaire.

ROLLOT.

Dame ! Si elle prie pour son mari, elle doit avoir fort à faire... Un financier plus ou moins véreux!

LE GÉNÉRAL

Mauvaise langue !

ROLLOT.

Il est vrai qu'elle peut aussi prier pour elle.

LE GÉNÉRAL, vivement.

Tiens, tu n'es qu'un méchant barbouilleur.

ROLLOT.

Et toi, un traîneur de sabre.

LE GÉNÉRAL

Bien heureux que nous traînions des sabres, le jour où l'étranger voudra t'empêcher de vendre tes tableaux chez lui !

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