ACTE PREMIER
ROLLOT.
J'étais à Royat, où je m'ennuyais à trente-cinq francs par jour, quand j'ai appris que tu commandais de grandes manœuvres par ici. Justement, j'ai envie de faire une machine milittire. Alors, j'ai profité de la circonstance, pour venir te voir et te demander un sauf-conduit à travers tes guerriers.
Tu veux peindre des soldats, toi?
ROLLOT.
Mon Dieu oui. Pourquoi pas ?
LE GÉNÉRAL
Tune feras rien de bon. Tu n'as pas l'esprit militaire.
ROLLOT, riant.
Tu crois qu'il est indispensable, pour peindre des soldats, d'avoir l'esprit militaire?
LE GÉNÉRAL
Absolument.
ROLLOT.
Il suffit d'être artiste!... J'admire sans comprendre, voilà tout!
LE GÉNÉRAL
Oh ! je sais bien, il te manque une case !... Tu ne comprendras jamais ce que comporte de beauté l'obéissance de toutes ces volontés, unies en une seule, vers un seul but, très haut!... Tu restes un indépendant, un irrégulier !
ROLLOT.
Un artiste.
LE GÉNÉRAL
Un indiscipliné 1
Je me fais à moi-même une discipline !
LE GÉNÉRAL
Ahl Elle est jolie... Du travail à ta fantaisie.
ROLLOT.
Une fantaisie qui dure dix heures par jour!
LEGÉNÉRAL.
Est une prodigalité!
ROLLOT.
Dont personne ne se plaint.
LE GÉNÉRAL, vivement.
Excepté tes créanciers.
ROLLOT.
lis sont enchantés... Je les paie un peu tard, c'est vrai, mais le double.
LE GÉNÉRAL
Et des mœurs!... Je suis sûr que tu es à Royatavec une femme.
ROLLOT.
Mon Dieu, oui...
LE GÉNÉRAL
A ton àgel
ROLLOT.
La nuit, tous les cheveux sont noirs.
LE GÉNÉRAL, bon enfant.
Quel bohème tu fais !
ROLLOT.
Et toi, quel homuie sérieux!... Mais, au fait, com" ment va Germaine ?