ACTE PREMIER
MISS GLAKGK, toute tremblante.
Y pensez-vous, madame? Le général qui m'avait tant recommandé!... Mais je n'ai pas pu la retenir... je vous assure... je n'ai pas pu.
GERMAINE
Ahl ce que papa va être surpris de me voir... Tout de même, je suis un peu inquiète. . (Elle réfléchit quelques secondes.) Voulez-vous être tout à fait gentille^ chère madame?
MADAME AQUILAR.
Mais, tout à votre disposition, mon enfant.
GERMAINE
Dites à papa que c'est sur votre invitation que je suis venue... Vous m'avez écrit, il y a deux jours... j'ai reçu votre lettre hier soir, et... (Très gaîment.) Enfin, vous arrangerez cela si bien...
MISS GLARGK.
Ohl madame... si vous pouviez...
MADAME AQUILAR.
Tranquillisez-vous, miss.
GERMAINE, battant des mains.
Vous êtes un amour, chère madame, (changeant de ton.) Et papa, où est-il ? 11 n'est pas encore rentré de la manœuvre?
MADAME AQUILAR, montrant la porte du'salon.
Si... il est là.
GERMAINE, vivement.
Et VOUS ne me le dites pas !
Elle se lève pour aller vers le fond.
MADAME AQUILAR, la retenant.
N'entrez pas ! Il est en conférence avec tous ses officiers.
GERMAINE
N'ayez pas peur... je ne le dérangerai pas ! Je veux simplementjeter un coup d'œil... un petit coup d'œil... II est si gentil, mon papa, et je l'aime tant... C'est une crème.
Elle entr'ouvre la porte.
VOIX DU GÉNÉRAL
Mais sacrédié ! qui est-ce qui commande ici? J'avais donné Tordre...
GERMAINE, refermant vivement la porte.
Oh I oh ! il paraît que ça ne va pas tout seul.
MISS GLARGK, effarée.
Mon Dieu! mon Dieu!... Il va être dans une colère ! . . .
GERMAINE
Il ne m'a pas encore vue...
MISS GLARGK.
Heureusement, mademoiselle, heureusement!
GERMAINE, apercevant Roussel qui sort, un ordre à la main.
Tiens! voilà Roussel!