SCENE PREMIERE
CONSTANCE, puis EMILIE, puis LE GÉNÉRAL SERVIN.
Au lever du rideau, on entend des coups de pistolet dans le jardin. Constance regarde par la fenêtre. La tanto Emilie entre en scène avec une irritation marquée : accent gascon discret.
EMILIE
Constance !
CONSTANCE
Mademoiselle !
EMILIE
Qui fait ce bruit-là ?
CONSTANCE
Mademoiselle, c'est le frère de mademoiselle, M.
le général qui s'amuse à tirer des coups de pistolet dans le jardin.
EMILIE
Ah ! c'est insupportable !.. (Elle va à la fenêtre.) Général ?
VOIX DU GÉNÉRAL
Voilà!
ÉMILTE.
Veux-tu, s'il te plaît, ne pas tirer ton pistolet, pendant que nous sommes en séance avec M. le curé et les dames de charité. Ces dames ne s'entendent plus.
VOIX DU GÉNÉRAL
Bien... bien... c'est bien!...
EMILIE, retraversant le salon en rageant.
Vraiment, c'est inouï!... Il se croit toujours dans son hôtel de Glermont. Il ne se rend pas compte qu'à Figeac, chez une vieille demoiselle, ces habitudes militaires détonent, positivement, détonent!... (Appelant.) Goustauce !
CONSTANCE
Mademoiselle?
EMILIE
Vous enfermerez le pistolet dans le fond d'une armoire, pour que le général ne le retrouve plus.
CONSTANCE
Bien, mademoiselle.
EMILIE, s'éloignant.
S'il croit que je vais lui permettre de transformer ma maison en caserne! Ah! mais non, il se trompe!
Emilie sort. Le général arrive du dehors. Il paraît s'ennuyer, s'étire, bâille et se jette dans un fauteuil. Quelques secondes de silence, tandis que la bonne range.