‹ L'auréole; comédie en cinq actes [par] J. Chancel & H. De GorsseChapitre 44 sur 119 · SCÈNE VI LE GÉNÉRAL, GERMALXE, puis CONSTANCE · texte numérisé non relu

SCÈNE VI LE GÉNÉRAL, GERMALXE, puis CONSTANCE

LE GÉNÉRAL

Ecoute, ma chérie, puisque nous sommes seuls, permets-moi de te dire, entre nous, que tu as peut-être tort de refuser aussi catégoriquement les offres de ta tante. En somme...

GERMAINE, d'un ton de reproche.

Oh ! père, toi aussi?

LE GÉNÉRAL

Ta tante a raison, au fond... Tu oublies que nous n'avons pas de fortune, ma pauvre petite...

GERMAINE

Non, papa, je n'oublie rien, je t'assure.

LE GÉNÉRAL

Alors, pourquoi ne pas vouloir te marier? Aimerais-tu quelqu'un?

GERMAINE

Mon Dieu, non!

LE GÉNÉRAL

Je connais cependant un jeune homme qui aurait bien fait ton affaire !

GERMAINE

Qui?

LE GÉNÉRAL

Roussel.

GERMAINE, vivement.

Roussel ?

LE GÉNÉRAL

C'est un brave garçon... un officier d'avenir. Et puis, je crois qu'il t'aime bien !

GERMAINE

Moi aussi, j'ai beaucoup d'affection pour lui. Mais de là à l'épouser !... Non, vraiment, il manque un peu trop de brio, ce brave Roussel.

Au même instant, entre Constance. Elle porte un petit paquet de lettres.

CONSTANCE, entrant.

C'est le courrier de monsieur.

GERMAINE, se levant vivement.

Ah! (a son père qui a pris les lettres.) Il n'y a rien pOUr

moi?

LE GÉNÉRAL

Tu attends des lettres?

GERMAINE

Peut-être!... Je ne sais pas.

LE GÉNÉRAL, regardant le courrier, tandis que Constance

s éloigne.

Je ne vois rien... (Décachetant les lettres.) Une demande de subvention pour un orphéon. Une lettre du capitaine Le Rey, une lettre deRollot (Lisant cette dernière.) Il a eu, puraît-il, une exposition superbe, au Salon. 11 a vendu tous ses tableaux. On parle de lui dans les journaux. (Levant la tête.) C'est vrai, il y avait hier un long article sur lui. Tu l'as lu?

GERMAINE, distraite.

Tu es bien sûr qu'il n'y a pas autre chose, dans tes lettres?

LE GÉNÉRAL, lui montrant le courrier.

Mais non, vois toi-même !

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