‹ L'auréole; comédie en cinq actes [par] J. Chancel & H. De GorsseChapitre 43 sur 119 · ACTE DEUXIEME · texte numérisé non relu

ACTE DEUXIEME

LE GÉNÉKALj intervenant.

Emilie! Voyons.

EMILIE, blesséo.

C'est Lun! C'est bon ! Je ne me mêle plus de rien ! Voilà comment on est récompensée, quand on se dé-, voue pour su famille. (Elle regarde Germaine.) Une demoiselle qui n'est seulement pas apprêtée à quatre heures de l'après-midi.

GERMAINE

Mais je suis habillée, il me semble.

EMILIE

Tu as ta robe de chaque jour.

GERMAINE

Eh bien ?

EMILIE

Eh bien, c'est dimanche, aujourd'hui. Le dimanche, on fait toilette

A Figeac !

EMILIE, vivement.

A Figeac, et ailleurs ! Tâche au moins de ne pas me faire honte par ton habillement! Tu sais bien qu'après la musique, nous avons quelquefois du monde?

GERMAINE, soupirant.

Si je le sais!

EMILIE, qui est allée à la fenêtre.

Tiens ! Madame Blandignière et ses deux demoiselles qui passent sur le cours? Le fils Blandignière est donc ici ? Il a une redingote qui lui tombe jusqu'au bas des jambes et un petit chapeau qui ne lui tient seulement pas sur la tête! Il paraît que c'est la

grande mode, à Paris! Moi, je ne trouve pas ça coquet 1 Et toi, général?

LE GÉNÉRAL, lisant sonjournaL

Oh! moi! depuis que je suis à la retraite, je n'ai plus d'opinion.

EMILIE, toujours à la fenêtre.

Les demoiselles Grisard!... Oh 1 elles ont des toilettes d'un genre!... Tu ne sais pas si c'est madame Zandeau qui les habille?

GERMAINE^ indifférente.

Non.

EMILIE

C'est drôle, ces jeunes filles, elles ne sont allées qu'une fois à Paris, et elles ont trouvé le moyen d'en rapporter de l'accent.

GERMAINE, indifférente.

En effet...

EMILIE

C'est très amusant de regarder passer le monde, on ne s'ennuie jamais! (Elle salue de la main.) Bonjour, madame Castèrès.

GERMAINE, tristement.

On ne s'ennuie jamais!

EMILIE, redescendant.

Alors, décidément, tu ne veux pas venir à la pro* menade ?

GERMAINE

Non.

EMILIE

A ton aise!... Moi, je vais m'apprêter.

Elle sort.

Page 1