‹ L'auréole; comédie en cinq actes [par] J. Chancel & H. De GorsseChapitre 6 sur 119 · ACTE PREMIER · texte numérisé non relu

ACTE PREMIER

ROUSSEL

Pour faire les manœuvres.

d'albigny.

Ça vous amuse;, vous?

ROUSSEL, assez sèchement.

Mon cher ami, je suis soldat et j'aime mon métier. (vivement.) Dites donc, si nous changions de conversation?

d'albigny.

J'aimerais mieux changer de linge.

ROUSSEL

Vous n'avez pas le temps. Le général doit nous suivre à quelques minutes...

d'albigny.

Et il va falloir aller au rapport, écouter la critique de la manœuvre, recevoir les ordres pour demain, avant de se débarbouiller... C'est gai!...

ROUSSEL

Je me suis souvent demandé pourquoi vous êtes entré à Saint-Gyr, en vous donnant beaucoup de mal pour préparer une carrière dont vous ne voyez que les petits ennuis. Vous êtes riche, titré, vous n'avez pas besoin d'être officier de cavalerie pour faire un beau mariage, si c'est le beau mariage que vous cherchez... Alors, je ne pense pas que le seul plaisir de porter des culottes bouffantes et une tunique...

d'albigny.

Mon cher Roussel, j'ai un père.

ROUSSEL

Tout le monde peut en dire autant.

d'albigny.

Un père qui est très entêté et qui^ lorsque je sortis du collège, me donna le choix entre Saint-Gyr et la fabrication des papiers peints. Car il fabrique des papiers peints, papa, bien qu'il soit comte d'Albigny... Je ne m'en plains pas., du reste.

ROUSSEL

Et vous avez choisi... Saint-Gyr ?

Oui^ je ne me sentais aucun goût pour les papiers peintS;, et j'ai préféré revêtir la tunique.

ROUSSEL

Quitte à la dépouiller^ dès que vous serez maître de votre fortune?...

d'albigny.

Je n'en sais rien. En somme, le métier a des ennuis, mais de jolies compensations. Une vie charmante, quand on a la chance de tomber dans une garnison un peu gaie... une existence de sport et de flirt qui est tout à fait agréable... la chasse à courre, le tennis, la bicyclette^ le bal, les dîners où l'on est tous des intimes, sans intrus ni gêneurs... C'est délicieux.

'ROUSSEL

Et c'est tout ce que vous voyez dans le métier de soldat?

d'albigny.

Vraiment, les jours coulent très doux, à Clermont, sous le commandement du général Servin et de sa fille, mademoiselle Germaine... Votre cousine, n'estce pas?

ROUSSEL

Oh ! très éloignée.

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