acte premier
d'albigny.
Et VOUS en êtes amoureux?
ROUSSEL, vivement.
d'ALBTGNY, riant.
Ne vous en défendez donc pas!... Nous en sommes tous amoureux, de notre petite générale... Tous : vous, moi, jusqu'au factionnaire, qui change cependant tous les jours. Elle est la joie de Clermont, le coup de soleil dans la ville noire!... Quelle perte pour nous, lorsque le général sera mis à la retraite !
ROUSSEL
Dans quelques mois. Il a soixante-deux ans, la limite d'âge.
d'albigny.
Il n'a pas de fortune personnelle, n'est-ce pas?
ROUSSEL
Aucune.
d'albigny.
Le changement sera dur pour mademoiselle Germaine! Enfin, elle sera peut-être mariée d'ici là.
(Allant à une glace et s'y regardant.) Oh ! mais mon cas-
que a donné des plis horribles à mes cheveux, (a Joseph qui passe.) Dites-moi, mon garçon, y a-t-il un coiffeur, par ici ?
JOSEPH
A deux pas, mon lieutenant. Je peux vous y conduire.
d'albigny.
Est-il convenable, au moins ?
JOSEPH
C'est le plus propre de la ville... C'est là où nous allons tous.
d'albigny.
Oh I alors ! (a Roussel.) Un schampoirig ne vous dit rien, Roussel ?
ROUSSEL, qui regarde au dehors.
Le piquet d'escorte est déjà là !... Vous allez manquer le général...
d'albigny.
Faites-moi donc prévenir par un homme.
Sonnerie de trompettes.
ROUSSEL, riant.
Trop tard, mon cher.
d'albigny.
C'est bien ma veine !
Joseph s'éloigne.