SCÈNE XII AQUILAR, MADAME AQUILAR, GERMAINE
Bonjour, chère enfant, nous sommes ravis de vous voir.
MADAME AQUILAR.
Vous êtes gentille d'avoir accepté de dîner avec nous.
GERMAINE
C'est vous, madame, qui êtes très bonne de ne pas m'abandonner.
H4 L'auréole
MADAME AQUILAR.
Nous ne sommes pas de ceux qui abandonnent leurs amis quand ils sont moins heureux.
AQUILAR.
Commencez-vous à vous habituer à votre nouvelle existence, à y prendre pied ?
GERMAINE
Un peu. Ce n'est plus comme aux premiers jours, heureusement ! Ah ! cette arrivée à la gare d'Orléans ! J'ai d'abord songé à me jeter dans la Seine, tout simplement!...
AQUILAR, vivement.
Voulez-vous bien vous taire !...
GERMAINE
J'ai eu peur, et l'idée me vint alors d'aller voir un camarade de mon père, le peintre RoUot. Pour lui, j'étais toujours la petite fille qu'il avait fait sauter sur ses genoux!... J'ai accepté son aide, comme autrefois les poupées qu'il m'apportait!... Mais j'ai une ambition !...
MADAME AQUILAR.
Laquelle ?
GERMAINE
Je voudrais me suffire à moi-même.
AQUILAR. >
Pas commode, pour une femme jeune et jolie.
GERMAINE
Je crois pourtant y être arrivée.
AQUILAR.
Voyez- vous ça !...
GERMAINE
A dater d'aujourd'hui, je suis employée à la ban que Stein, en qualité de dactylographe!...