ACTE TROISIÈME
AQUILAR, surpris.
Gomment?
GERMAINE
Ne me découragez pas d'avance.
MADAME AQUILAR.
Est-ce que ces jolis doigts ont été faits pour pianoter sur une machine à écrire...
GERMAINE
Jolis ou pas jolis, il faut bien que ces doigts-là portent à manger à cette bouche-ci. (Avec enjouement.) Et puis, je vous assure, la machine à écrire, ce n'est pas plus ennuyeux, au fond, que le piano !...
MADAME AQUILAR.
Et vous avez été agréée comme ça, tout de suite, à cette banque Stein ?
GERMAINE
J'avais une recommandation très chaude du baron Danheim.
AQUILAR.
Oh ! alors, je comprends, (se levant.) C'est bien, de vouloir travailler !... Tout le monde doit travailler, aujourd'hui I... Moi, comme vousi... Excusezmoi donc, car il faut que j'aille retrouver aussi... ma machine à écrire ! Allons, à tout à l'heure, Germaine, à tout à l'heure.
Il sort, après avoir échangé un coup d œil d'iatelligence avec sa femme.
liô L'AURÉOLE
SGÈXE XIII
MADAME AQUILAR, GERMAINE, et à la fin UN DOMESTIQUE.
MADAME AQUILAR.
Vous allez justement avoir le plaisir de dîner tout à l'heure avec le Laron.
GERMAINE, vivement.
Mais je ne suis pas habillée.
MADAME AQUILAR.
Vous êtes ravissante, tout simplement !
GERMAINE
Oh ! madame !
MADAME 'AQUILAR.
Du reste, vous savez bien que c'est l'avis du baron !
GERMAINE
Oh! il me connaît si peu... A peine m'a-t-il vue trois ou quatre fois chez Rollot.
MADAME AQUILAR.
Quand il parle de vous, il en oublie le cours des Rios.
GERMAINE
Vraiment?
MADAME AQUILAR.
Je suis persuadée que si vous lui demandiez un service, n'importe lequel, il se mettrait immédiatement en quatre pour vous le rendre.