‹ L'aurore de la philosophie grecqueChapitre 159 sur 240 · CXXI. — Sa jeunesse · texte numérisé non relu

CXXI. — Sa jeunesse

Anaxagore naquit à Clazomènes, et Théophraste nous apprend que son père s'appelait Hégésiboulos ®. Les noms, tant du père que du fils, ont une résonance aristocratique, et nous pouvons supposer qu'ils appartenaient à une famille qui s'était distinguée dans l'Etat. Rien ne nous force non plus à rejeter la tradition suivant laquelle Anaxagore négligea ses biens pour se livrer à la science '. Il est certain, en tous cas, qu'il était déjà regardé au IV^ siècle comme le type de l'homme qui mène la « vie théorétique ® ».

1 Sur les indications d'Apollodore, voir Jacoby, p. 244 sq.

2 Diog., loc. cit. Dans tous les cas, ce n'est pas un simple calcul d'Apollodore, car il aurait certainement donné quarante ans à Anaxagore à la date de sou arrivée à Athènes.

3 Arist. Met. A, 3. 984 a 11 (R. P. 150 a ; DV 21 A 6).

* Phys. Op. frg. 3 {DÔx. p. 477), ap. Simpl. Phys. p. 25, 19 (R. P. 162 e; DV 21 A 7; 46 A 8).

5 Diog. IX, 41 (R. P. 187); sur la date de Démocrite, cf. chap. IX, § 171.

6 Phys. Op. fr. 4 (Dox. p. 478; DV 48 A 41) répété par les doxographe*. ' piaton, Hipp. inaior 283 a : xoùvavuov yàp 'Avaça-jcopa cpaaî cu[i.|3^vat vj

{tjjLÏv" xaTaXeKfS'Évtwv yàp aurôj ttoXÀcôv ■y^py^^i-rwv xa-ap.eX'^aai y.ai ànoÀsaai "Ttâvta' 0'jTU)ç a<jT:ov àvoTjxa oocpîCsa^ai. Cf. Plut. Per. 16 (DV 46 A 13).

8 Arist. Eth. Nie. K, 9. 1179 a 13. Cf. Eth. Eud. A, 4. 1215 6 6 et 15, 1216 a 10 (tous deux DV 46 A 30).

ANAXAGORE DE CLAZOMÈNES 289

Naturellement, les nouvellistes s'emparèrent plus tard de l'histoire de son mépris pour les biens de ce monde, et l'affublèrent des apophtegmes habituels. De ces apophtegmes, nous n'avons pas à nous occuper ici.

On rapporte un incident qui se produisit au moment où Anaxagore avait atteint l'âge d'homme, à savoir l'observation qu'il fit de l'énorme aérolithe qui tomba dans l'Aigospotamos en 468-67 avant J.-C. ^ Nos autorités nous assurent qu'il avait prédit ce phénomène, ce qui est parfaitement absurde. Mais il y a, nous le verrons, des raisons de croire que cet incident peut avoir occasionné une de ses divergences les plus frappantes de la cosmologie primitive, et l'avoir conduit à adopter l'opinion précisément pour laquelle il fut condamné à Athènes. Quoi quil en soit, la chute du météore fit une profonde impression à l'époque, et la pierre était encore montrée aux touristes du temps de Pline et de Plutarque ^

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