‹ L'aurore de la philosophie grecqueChapitre 160 sur 240 · CXXII. — Rapport avec l'Ecole ionienne · texte numérisé non relu

CXXII. — Rapport avec l'Ecole ionienne

Les doxographes parlent d'Anaxagore comme d'un élève d'Anaximène ^. De cela, il ne saurait naturellement être question : Anaximène était très probablement mort avant qu'Anaxagbre vint au monde. Mais il ne suffit pas de dire que cette indication provient du fait que le nom d'Anaxa-

1 Diog. II, 10 (R. P. 149 a) Pline, -V. H. II, 149, donne la date 01. LXXVIII, 2. et Eusèbe 01. LXXVIII, 3. Mais cf. Marm. Par. 57 : icp' ou sv .\Îyoç Ttoraaoîc ô /.(&oî \-^zzz ...ëtt) HHII, àoyovTOî 'A&rjvT]3t 9îaY£vî8o'j, ce qui est l'année 468/67 (tous ces passages, DV 46 A 11). Le tt-xte de Diogènell, 11 est corrompu. Sur les corrections suggérées, voir Jacoby, p. 244, n. 2, et Diels, \ot&. p. 294, 28 et 704.

2 Pline, loc. cit. : « qui lapis etiam nunc ostenditur magnitudine vehis colore adusto. » Cf. Plut, Lys. 12 (DV 46 A 12) : xal Sîîxvjtat.... éti vOv.

3 Cicero, de Nat. D I, 11, 26 (DV 46 A 48, d'après Philodème) : « Anaxagoras qui accepit ab Anaximène disciplinam (i. e. S'.rjxojaî) ; Diog. I, 13 (R. P. 4) et II, 6; Strabon, XIV, p. 645 IDV 46 A 7, où l'on trouvera aussi les passages cités plus bas): K/,aCo[AJvio; S'tjv àvijp èutçavTjç 'Avaçayopaç o cpjoixo;, 'AvaçiaÉvo'jç Ôu'./.tj-ïjç; Eusèbe P. £. p. 504 ; [Galien] Hist. Phil. 3; Augustin, de Civit. Dei, VIII, 2.

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gore suivait celui d'Anaximène dans les Successions. Cela est vrai, sans doute, mais ce n'est pas toute la vérité. Nous j avons la source originale de cette indication dans un fragment de Tliéophraste lui-même, qui affirme qu'Anaxagore avait été « un associé de la philosophie d'Anaximène ^ », Or, cette expression a un sens très précis si l'on accepte l'opinion relative aux «écoles» de science, que nous avons exposée dans notre introduction (^ XIV). Elle signifie que l'ancienne école ionienne survécut à la destruction de Milet en 494 avant J.-C, et continua à fleurir en d'autres cités de l'Asie. Elle signifie en outre que cette école ne produisit aucun philosophe éminent après son troisième grand représentant, et que «la philosophie d'Anaximène» était encore enseignée par tous ceux qui étaient alors à la tête de l'association.

A ce point, il sera peut-être bon d'indiquer brièvement les conclusions auxquelles nous arriverons dans les chapitres prochains, touchant le développement de la philosophie durant la première moitié du V™" siècle avant J.-C. Nous verrons que si la vieille école ionienne était encore capable de former des grands hommes, elle ne létait plus de les "garder. Anaxagore s'engagea dans sa voie à lui ; Mélissus et Leucippe, bien qu'ayant gardé suffisamment des anciennes vues pour porter témoignage de la source de leur inspiration, furent trop fortement influencés par la dialectique éléale pour se contenter des théories d'Anaximène. Il était réservé aux esprits de second rang, comme Diogène, de défendre le système orthodoxe, tandis que ceux du troisième rang, comme Hippon de Samos, rétrogradèrent même jusqu'à la théorie plus grossière de Thaïes. Les détails de cette esquisse anticipalrice deviendront plus

ï Pbys. Op. frg. 4 (Dox. p. 478; DV 46 A 41) : 'Avot^avopaç fxsv vâp 'Hyr) oij3o'j).o'j KXaCouLÉvioç zoivojvrjoaç xfiç 'Ava^iaévouç '^tXoaocpîaç x. x. X. Dans sa 5« édition (p. 973, n. 2) Zeller adopte l'opinion exprimée dans notre texte et la confirme en comparant l'indication tout à fait analogue relative à Leucippe: xotvwvi^oaç IlapfjisvîSTj t^ç tptXoso'ftaç. Voir plus loin, chap. IX, I 172.

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clairs à mesure que nous avancerons ; pour le moment, il suffit d'appeler l'attention du lecteur sur le fait que l'ancienne philosophie ionienne forme maintenant une sorte de fond à notre histoires, tout comme lont fait dans les précédents chapitres les idées religieuses orphiques et pythagoriciennes.

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