‹ L'AustralieChapitre 5 sur 14 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

Analogie de TAustRiUe avec les autres cùntinents. — Ressemblances avec l'Afrique et T Amérique du Sud. (— Affaissements du sol. — Climat. — Température. — Pluies. — Montages. —Fleuves. — Le centre du continent.— Flore. — Faune. — Géographie médicale. — Maladies des indigènes. Leurs remèdes. ' ,

Ce serait un lieu commun que de louer Tharmonîe du monde : les poètes et les philosophes ont fait remarquer bien des fois quelle merveilleuse variété y règne, et comment les phénomènes les plus inattendus naissent de loisfives et immuable?.

L'AUSTRALTE

La science a substitué l'idée d'ordre à celle de hasard, et quand nous ne trouvons pas la loi de certains faits> n'en accusons que notre ignorance : ces faits sont réguliers et concourent à l'ordre universel. Rien, au premier abord, ne parait fortuit au môme degré que les lignes du littoral de la mer^ et, cependant nous remarquons entre le contour des côtes des divers continents des analogies et des contrastes trop frappants pour être dus au hasard.

Les groupes terrestres, dit Elisée Reclus, se sont divisés en trois doubles continents formant respectivement trois séries parallèles : les contours extérieurs de l'Europe rappellent d'une manière fï*appante ceux de TAmérique septentrionale.

Avec l'Afrique elle forme un couple continental parallèle à celui du Nouveau Monde. L'Asie et TAnstralie constituent le troisième couple, bien que leur forme reproduise le type primitif d'une manière assez imparfaite. Une rupture d'équilibre s'est accomplie au profit de la partie septentrionale, mais on trouve néanmoins dans la configuration générale de ces grands massifs les traits principaux qui distinguent les autres doubles continents comme l'Amérique du nord et l'Europe.

L'Asie est géalogiquement isolée; comme ces

GEOGRAPHIR PHYSIQUE

deux parties du monde, elle projette de Dombreuses presqu'îles dans les mers environnantes^ et, si elle n'est pas reliée directement à l'Australie par un isthme continu, du moins les îles de la Sonde^ semblables aux piles 'd'un pont écroulé, sont-elles jetées, à travers les mers, de l'un à l'autre continent. Quant à l'Australie, elle rappelle évidemment, par sa forme régulière et presque géométrique autant que par son manqué absolu de péninsules, les deux autres parties du monde qui pénètrent dans les océans méridionaux.

Ainsi que l'avait déjà remarqué Bacon, les trois groupes des continents offï^ent aussi les uns avec les autres une régulière ressemblance par la forme péninsulaire de leurs pointes terminales tournées vers l'océan Antarctique. Ces trois presqu'îles méridionales du monde ne s'avancent pas également à 36, 44 et 55 degrés de latitude, mais elles sont reliées les unes avec les autres par un cercle idéal incliné de lo degrés sur le pôle sud.

Tandis que les continents du nord, par leurs presqu'îles et leurs golfes nombreux rappellent un corps articulé, les continents du sud représentent en quelque sorte une forme inférieure de la vie. Ds ne semblent pas être nés pour avoir des relations maritimes avec les autres contrées et reste-

I/AUSTRVLIE

raient peut-être isolés et barbares, si rhomme du Nord ne leur apportait la civilisation.

On a cru longtemps que TAustralie était un continentjurassique, qu'elle avait conservé Taspect des temps de cette période géologique. Mais on y a trouvé des terrains plus récents. Il est vrai que les roches plutoniques, les terrains paléozoïques, le basalte et le granit y sont nombreux. Mais ce qui la distingue surtout des autres parties du monde, c'est sa richesse en métaux, qui lui crée une place à part.

L'Australie serait presque un ovale régulier, si elle ne présentait au nord et au sud deux spacieux enfoncements : au nord, la mer s'y avance assez profondément sous le nom de golfe de Carpentarie ; à côté de ce golfe se prolonge une langue de terre aigué, terminée par le cap York; au sud, une large échancrure plus évasée, se subdivise et forme la baie Australienne et les golfes de Spencer et Saint-Vincent, dont l'entrée est défendue par l'île des Kangarous et le cap Howe. Le cap Wilson termine là région du sud-est. A l'ouest du golfe de Spencer, la côte décrit un large arc de cercle* régulier. Rien de plus aride que ce littoral désolé. Le capitaine Flinders n'y a trouvé qu'une plage

rx

GÉOGRAPIUK PHYSIQUE

unie, taDtôt basse et sablonneuse, tantôt escarpée de falaises de loo à 200 mètres de haut. Des roches verticales, que le courant a minées par la base, et qui semblent sur le point de s*écrouler sont un obstacle à ce qu*on puisse s'en approcher d'assez près. Pas un ruisseau n'arrive à la mer. A l'extrémité occidentale du continent se projettent les caps Hood, d'Entrecasteaux, Leeuwin et la pointe du Naturaliste, au delà desquels s'ouvre la baie du Géographe : ces noms rappellent les noms des navigateurs qui ont visité les premiers ces parages et ceux des navires qu'ils montaient. La côte occidentale ne présente d'autre enfoncement que la baie de Dampier ou des Chiens marins, que la pointe escarpée et la péninsule Pérou divisent en havre Freycinet et havre Hamelih. La ligne du rivage, par une série de courbes régulières ou de faibles promontoires portant les noms de Latouche- Tréville, Gantheaume, Lévêque, rejoint les rivages de TAustralie septentrionale, découpée par les caps Bougainville , Londonderry et bordée des Iles Bathurst, Mel ville, etc..

C'est encore une courbe qui réunit à l'est la péninsule du cap York au cap Howe. Le littoral oriental présente cependant la baie Botanique (Botmy bay), la baie de Brisbane, etc.

Le détroit de Bass sépare le cap Wilson de la Tasmanie, qui est bien en réalité géologiquement le proloûgemeDt de l'Australie : elle présente comme elle un aspect régulier, c'est un triangle isocèle dont la base est un arc de cercle : la côte orientale est hérissée des caps Sud-Ouest, Sud, Tasman et Freycinet.

Le détroit de Torres sépare le cap York de la Nouvelle-Guinée.

Une ligne continue de récifs madréporiques s'étend au large des côtes du Queensland et de la péninsule du cap York. Ce sont là autant d'as3ises jalonnées pour un futur continent.

Tandis que Sumatra, Java, Bornéo, dépendent géologiquement de l'Asie (car ces îles reposent sur un plateau sous-marin et une sorte de canal les sépare de la Nouvelle-Guinée), la Nouvelle-Calédonie, la Nouvelle-Guinée, l'Australie appartiennent à un monde nouveau, à une cinquième partie du globe, l'Océanie. Mais l'Australie s'affaisse pendant que les autres lies s'exhaussent.

Le climat de l'Australie est sec et, par suite, partout où le sol est bas, la terre est calcinée. La

chaleur est excessive en été ; poortant, à Sydney, à Melbourne, elle est tempérée par une brise régulière, fraîche, de Test ou du sud-ouest. Il y a de longues périodes de sécheresse qui sont désastreuses, ensuite des pluies torrentielles se produisent. Des voyageurs ont manqué mourir de soif là ou d'autres avaient failli périr noyés par suite des inondations. L'été de i844 à 1845 fut remarquable par une sécheresse prolongée. Stuart, dans son voyage au centre du continent, nota une température de 58 à 4o degrés centigrades. Toute humidité, toute végétation s'arrête. « Lesvis de nos vases tombent, écrivait-il, les manches en corne de nos instruments se fendillent en petites lamelles, le plomb s'échappe de nos crayons, et il est impossible de se servh* des fusées à signaux, nos cheveux cessent de croître, ainsi que la laine des moutons, et nos ongles de viennent cassants comme du verre. La farine a perdu plus de 8 p. 100 de son poids primitif. »

Nous pouvons en conclure qu'en général l'Australie présente dans ses parties basses des déserts desséchés que les grandes pluies transforment en marécages. La végétation est abondante ou pauvre, suivant les saisons.

Les plateaux et les chaînes de montagnes sont peu élevés. Le système orographique rappelle celui de l'Afrique; c'est un plateau dont des groupes de montagnes, semblables à des bastions, défendent les abords. Le terrain s*élè\e au nord-ouest, à Test et au sud-est, à mesure qu'on s'éloigne du rivage, mais la pente est beaucoup plus raide sur la côte occidentale. La cordillère qui la borde a reçu les noms d'Alpes australiennes, de montagnes Bleues, de monts de Liverpool. Il s'en détache des chaînons secondaires qui s'étendent sur la côte méridionale. Les principaux sommets sont le mont Hotham ( igSS mètres), le mont Kosciusko (2187 mètres), le mont Sea- View, c'est-à-dire vite de la mer (1829 mètres), le Lindsay (lySS mètres). Près de Melbourne on remarque des ravins profonds, tapissés de fougères dont le feuillage léger et élégant frémit au moindre vent. En pénétrant dans la montagne, dit un voyageur, les arbres à l'écorce lisse et blanche se pressent aussi drus que les tiges de blé dans un champ et s'élancent droits et minces à la recherche de la lumière ; quelques-uns ont plus de

«KOGRAPIIIE PHYSIQUE

200 pieds de baotear, et le tout est entremêlé d'une végétation d*arbustes et de fougères.

Sur la lisière droite, qui sépare la cordillère du rivage occidental, les fleuves naissent au milieu des massifs escarpés, de gorges rocheuses, et offrent un caractère torrentueux ; le comte Strzeliski estime que les rivières courent à la mer avec une pente moyenne de lo mètres par kilomètre, tandis qu'à l'ouest, sur le versant intérieur, a pente n'est que de i",8o, le Dawson, le Burnett,la Brisbane,le Mac Lean, offrent une succession ininterrompue de belles vallées : mais ce ne sont que de petites rivières. Le flanc oriental de cette cordillère donne naissance à des fleuves plus considérables.

Le plus important est le Murray^ dont le bassin comprend 23 000 kilomètres carrés ; Il a dans le Darling un affluent notable, et reçoit aussi le Lachlan et le Murrumbidgee. Ces rivières, remarquables par les caprices de leurs méandres, forment des presqu'îles de 2 à 3oo arpents de frais gazons, bordées par des haies de gommiers blancs : ces arbres magnifiques s*élancent majestueux au milieu des mimosas, et leur aspect ne ressemble à rien de ce que nous rencontrons dans nos pays. Au-dessous et au travers du feuillage terne et

léger des gommiers, on découvre toujours Fimmense horizon. Mais les fleuves sont peu profonds pendant la saison dos basses eaux; le plus considérable lui-même, le Murray, navigable presque toute l'année, ne Test que pour les bateaux du plus faible tirant d'eau,et son embouchure se perd en outre dans une espèce de lagune qui est inabordable. A environ 2 000 kilomètres de la c^te, le Murray est à peine de 80 mètres au-dessus du niveau de la mer, et il en est de même de ses affluents principaux. Gela explique la lenteur de leurs cours et fait comprendre que par des temps de sécheresse ces rivières ressemblent souvent à une série de lacs. .

Du côté occidental, la contre-pente, longue de 5 à 400 kilomètres, est beaucoup moins rapide. Près du rivage méridional, de nombreuses sources jaillissent au milieu des plaines nues : leur orifice est en général au sommet d'un petit mamelon conique produit par des dépôts successifs de sels de soude et de chaux. Les monts Flinders et Stuart entourent une série de lacs qui, en été, c'est-à-dire pendant les mois de décembre, janvier et février (car il ne faut pas oublier que TAustralie est dans l'hémisphère austral), se transforment en immense plaine de sable.

Le centre offre Taspect d'une plaine eoupée par des chaînes de collines hautes de 5 à 600 mètres ; on cite pourtant les monts Giles, Morris, Liebig, Braee, élevés de 11 à i 3oo mètres : il n*est pas possible, actueUement, de relier ensemble les différentes rides de son soulèvement. Elles sont séparées les unes des autres par des p&turages, des collines, des plaines basses, des déserts pierreux. Çà et là on trouve des bas-fonds, des lagunes salées, telles que le lac Amédée. Le sol ne produit guère que des gommiers rabougris, des broussaUles, des mimosées épineuses, et Therbe grossière, de saveur acre, désignée sous le nom caractéristique d*herbe à porc-épic. ^i hautes montagnes pour assembler les nuages, ni forêts pour conserver rhumidité« En traversant ces déserts, les vents deviennent secs et chauds, et Tété la température est intolérable. La quan* tité de pluie qui tombe annuellement est d'ordinaire enlevée par Tévaporation. U n'y a point de saison pluvieuse régulière, et d'une année à l'autre on retrouve sur le sol desséché les traces de ses pas. Après des pluies exceptionnellement abondantes, les arbustes et les herbes croissent avec rapidité. Alors le voyageur s*étonne de voir s'étendre devant lui de splendides pâturages là où

12 I/AUSTRALIK

il n'avait quelques jours auparavant aperçu que la terre brûlante et sablonneuse.

La partie septentrionale de l'Australie présente des plaines d'alluvions fertiles ; dans ces terres noires, la végétation est luxuriante, les productions variées des pays chauds croissent sans culture, l'eau abonde et de larges fleuves, le Flînders, le Roper, l'Adélaïde, le Sturt, la Victoria du nord, dont les bords sont ombragés de grands arbres et tapissés de fougères, peuvent être remontés toute l'année par des navires d'un assez fort tonnage.

La.partâe occidentale du continent est encore fort mal connue, tandis que la zone voisine du plateau intérieur ne renferme que des montagnes peu élevées et des déserts, que les explorateurs n'ont pu traverser qu'au prix de mille fatigues et de mille dangers, le littoral possède quelques baies magnifiques qui pourraient recevoir des flottes immenses ; des torrents, qui, durant l'été,, ne recèlent que quelques minces filets d*eau^ pendant la saison des pluies se précipitent vers la mer en formant de splendides cataractes. Rien do plus beau que la vallée, couverte d'une végétation tropicale, de cette large et profonde rivière qui porte le nom des cygnes noirs s'ébattant sur ses eaux.

La flore derAustraiie est à la fois celle des contrées intertropicales et celle des contrées tempérées. Le maïs rend deux cents fois sa semence. .Le bois de fer, le bois de rose, Tacajou, donnent des produits utilisés. L'inyolucre du nardou, broyé et réduit en farine, sert de nourriture aux sau«'âges.

Certains eucalyptus fournissent une manne sucrée tout à fait analogue à celle dé l'Orient.

n y a des arbres géants, des gommiers énormes: l'eucalyptus qui atteint fréquemment une hauteur de 5o mètres. Un de ces arbres, mesuré par M. Walcott, avait 120 mètres ; quatre hommes à cheval pouvaient entrer dans Tintérieur et s'y mouvoir à Taise. Près des sources de la Yarra on en voit de i5o mètres. Ces arbres, on le sait, ne donnent que peu d'ombre, car les feuillles sont souvent perpendiculaires au sol et laissent passer les rayons du soleil.

Les cèdres, les araucarias, le baobab, le chêne, le figuier géant sont aussi de grandes dimensions. La plupart des arbres australiens portent des feuilles longues et effilées qui tombent comme les feuilles d'un saule.

Les forêts sont tristes, elles ont peu d'oiseaux ; à de longs, intervalles, quelques perruches, une ,grosse pie semblable à une corneille, des couples assez rares de kakatoès blancs et le laughing jackass (ocelot géant) aux plumes gHs-noir, au bec énorme, au chant bizarre ressemblant au rire ^'un homme. L'oiseau lyre est muet de naissance •et ne le fait oublier que par la beauté de son plumage. Il porte une queue en forme de lyre toute brillamment teintée d'orange et d^or. Les perro- •quets australiens vivent à terre comme les gallinacés. Les kakatoès ont une espèce entièrement noire. Les mégapodes sont un des types omithologiques spéciaux aux îles de la Malaisie et à TAustralie : ils enterrent leurs œufs dans un petit tertre construit avec art

La faune de l'Australie est des plus variées et des plus bizarres. Elle présente une frappante •analogie avec celle des terrains jurassiques. Le diornis, cet oiseau bizarre qui rappelait le dronte de Madagascar, ne se trouve plus qu'à la Nouvelle- Zélande. Les animaux caractéristiques sont les marsupiaux et les monotrèmes. Sur i3i espèces de mammifères habitant la Nouvelle-Hollande, loa sont des marsupiaux, dit M. Alfred Maury. Chaque genre de cette classe d'animaux semble

correspondre à un ordre de monodelphes : les dasyures, thylacines et péramèles aux carnivores, les pétauristes aux singes, les phalangers aux chéiroptères et aux rongeurs, les monotrèmes aux édentés, les kangarous aux ruminants ; Téchidné se rapproche du fourmilier et du hérisson, l'ornithorynque du castor et de la taupe. C'est une création parallèle. £t la disposition particulière qu'on remarque chez les marsupiaux est si caractéris-* tique que Meyer a retrouvé xjuelque chose d'analogue chez les casoars.

La Tasmanie est plus montagneuse que TAustralie. Les sommets les plus élevés sont couverts de neige pendant le mois de mai. Le mont Wellington, haut de 1 5oo mètres, domine l'ile entière. Les monts de Touest ont 1200 mètres et portent un grand lac à leur sommet.

Le paysage est tantôt délicieusement riant, tantôt majestueux ; tantôt ce sont des champs coupés de haies comme en Angleterre, tantôt des bois sauvages remplis de troupeaux ; près du mont Nelson se trouve un ravin sauvage où coule un torrent sous des milliers de fougères de 10 mètres de

16 L'AUSTRAMK

haut. Les forêts sont très épaisses et difficiles h parcourir.

Le climat de T Australie est sain. L'alcoolisme et des causes morales, telles que les revers brusques de fortune et les émotions engendrées par la passion de Tor, rendent assez fréquentes les maladies de cœur. Les bushmen sont aussi sujets à la lypémanie. Il y a des cas nombreux de convulsions chez les enfants. Au mois de septembre 1881, Sydney a été ravagé par une épidémie de petite vérole. Il faut imputer au climat les insolations, les ophtalmies, les fièvres typhoïdes, les affections des voies digestives. Mais les maladies les plus ordinaires sont, par suite de Thumidité et des changements brusques de température, les affections des poumons. Les indigènes, qui présentent une certaine immunité à regard de la rougeole et de la scarlatine, d*après les docteurs Bourse et Cauvin, ont quelques maladies qui leur sont particulières, une espèct^ d'impétigo, éruption pustuleuse aux articulations; des poignets, des genoux, des coudes, des hanches. Une maladie qu'ils appellent mina consiste en tumeurs furonculeuses d'une grosseur variant entre celle d'un œuf de poule et celle d'un œuf de

GÉOGRAPHIE PHYSIQUK 17

casoar, et qui durent des mois. Comme ils n'ont pas rhabitude de se laver souvent, ils sont suyets à des ophtalmies très graves. Ils traitent les plaies par des applications de cendres chaudes et emploient le lait de femme comme curatif des blessures causées par un iùstrument tranchant. Les blessures sont pansées par eux avec de la graisse fondue qu'on recouvre d'un emplâtre d'ocre rouge et de poil d'opossum. Les bains de vapeur sont utilisés contre les rhumatismes. Avec Thygiène qu'ils suivent, est-il étrange que ces sauvages disparaissent ? Leur vie a toujours été misérable, et les Européens ne leur auraient-ils point apporté la phtisie, que la race australienne se serait peutêtre éteinte néanmoins dans un avenir rapproché, laissant la place à une race mieux douée pour le combat de la vie.

iS L'AUSTRALIE

Page 1