LL. une crise aussi violente sans que des lésions graves se
Anse: : — méningite! à
gnit graduellement. Elle ne recouvrait, d’aillèurs, point sa nette raison, et sa torture ne paraissait aueur diminuée. a ses forces étaient HER ER me aisée
he . soulagé d’abord, matériellement, par le sie
atif, par le calme renaissant dans la chambre,
54 Je cene Suzanne devenait trop inerte. Et,
upi, bail de celui qui est là, dont les yeux ouverts, mouvements témoignent qu’il n’est ni mort, ni même
Far remblait en pensant qu'il ne Sadait pas remédier à
lui semblait impossible qu’une créature passät par
| produisissent. Des noms de maladies le hantèrent, vagues et redoufables, sur lesquels trônaient ces syllabes mena-
Pourtant, une heure, deux heures — il n aurait, su le He — s'étant écoulées, l’agitation de Suzanne s'étei-
:ne tarda pas à s'inquiéter de nouveau. Après
de"
Li AUTEL -
0 est ni us ni un autre, qui n'est es qu une sorte 2 masse à la vie animale, étrange, en dehors de voire pou- voir et qui semble incertaine et vacillante comme un
souffle. a . : |
Tout à l’heure, il eût donné de son sang “pour ue fer la voix volubile de Suzanne emplissant la chambre de ses éclats ; et maintenant, il s’entétait vainement pour lui che quelques paroles. Après la terreur de ne cette incessante clameur déraisonnante, il subissait celle de l’inertie invincible de ce corps que is mort semblait lentement envahir à | Eofio, il n’y tint ue IL S échappa de Ja re grimpa aux mausardes, réveilla la domestique ou
Jui commanda de ramener le docteur Dolle et regagna
précipitamment son posle, avec la folle a :
de trouver Suzanne morte, ou debout, reprise de fièvre, 8 courant dans la pièce, peut-être ouvrant la fenêtre pour ds > s'élancer dans le vide. or
IT haletait en se ruant auprès du lit, dE jeune femme
n'avait pas bougé, son corps se soulevant seulement | rythmiquement, sous l’élau des douleurs. analogues Mine celles du début de l’enfantement. Ses yéux clos, cernés Are de violet, semblaient s'être profondément enfoncés dans | l'orbite ; ses narines pincées, ses Joues tout-à-coup creusées, son teint livide, aux ombres j jaunes lui composaient |
un masque absolument nouveau et qui dépaysait Robert. | En vérité, la femme qui gisait sur ce lit lui devenait à étrangère. Il lui fallait à présent un eftort diniginatih pour relier ses sentiments d’effroi et d’amour en faveur de la Suzanne de son souvenir, de la Suzanne d’hier, à cette Suzanne inconnue, qui usurpait l’amoureuse cou- à che conjugale. - | de RS
L’adorable. Suzanne, dont à fraëilité était, naguère, S ‘une grâce sans pareille, avait cédé la place à un petit être
SUR La
chétif, misérable, piteux.… . La: pose renversée de la te de la jeune femme faisait saillir sa mâchoire cou- pante; ses cheveux relevés laissaient voir deux rides 1 subitement tracées dans la peau fatiguée du front. Sa chese mise de nuit, aux boutons arrachés, bâillait ; les clavicules amaigries se dessinaient ; un petit : sein, à la pointe enfan- + “os éries déjà coloré de bistre par l'aube de la mater- nité, paraissait eu une triste nudité. Ses mains, allongées sur le drap, avaient de grosses veines bleuâtres et sem : | blaient celles d’une vieille femme cardiaque. |
- Robert se courba, referma gauchement la chemise, ae ou la couverture et se détourna, étouffant d’insur- = . montables sanglots sous ses mains appuyées violemment sur sa bouche. En ce moment, il eût préféré voir Su- 4 * zanne morte, en son sauvage “a Le de l'effondrement |irrémédiable de leur AMONT SRE UN
Le docteur Dolle parut “enfin, amené par F bone Petoe. rhabillé à la hâte, les traits fatigués. Il eut un | coup d'œil à Suzanne, procéda à un rapide examen qui ‘la tira à peine de sa prostration; et ; rejetant sur ellé les couvertures, du geste indifférent et Nue Pro “pre au médecin, il bailla, ennuyé. “ver ue
Eh bien! mais tout est très. normal. om un peu a fatigue. c’est la réaction. C'était inévit ble es Une sorte de douche étrange s ’abattait” sur Roberts DE “ Jui: aussi s ’épandait la réaction de sa souffrance morale, a de. sa erieus. de ses remords ; il en voulait presque à 2 ne : Suzanne de l’effroi démesuré qu elle lui avait inspiré; “4: a IL avait honte vis-à-vis qe, son ami de sa pusillanimité, :
f CR
PS qi S’eXCUSA : se oo — Je te demande pardon de l'avoir dérangé. u nuit a été si atroce... Je ne savais que faire... Le
Dole 26 nn par le bras, l'emmenant dans la pièce à
à ; : | Pa À " F rx >.
Ha “os ne fait TIE un je te demanderai de 5
me laisser dormir deux ou trois heures, sans quoi, lors-.
que Sacha viendra, je serais absolument incapable de
procéder à l’opération… Je suis solide, mais, Houriante |
ik y a des bornes... - A Ne : Roberts inquiétait : — il faut que je reste 4 pe ds
| Suzanne. re ns
Ÿ RIRS 1pfrs Su < Ts
Dolle répondit Fo De No .
— Mais elle n’a besoin de rien... Elle sera beaucoup ‘ k se plus calme si elle ne te sent pas là... ur 4: ln D'un geste satisfait, il s'étendit sur le divan et bourra US
| 4 coussins sous ses épaules. | ue 4. — Là 1. Oncest délicieusement. RP RL OS ln . a les paupières déjà closes, il ajouta : en % Tu sais... cela marche, mon affaire. Ce sera a peut- re
| être long, mais je crois que cela aboutira… Haras l'Américain. . Et il est enchanté de moi. ice Robert ne répondant pas, il se tutetne ne pas à # . s héaube en un de ces sommeils léthargiques que seuls À :
| connaissent ceux qui, encore en bonne santé, se surmè- | nent à la fois par le corps et par l'intelligence. A A pas lents, Robert revint dans la chambre de Su-
zanne. RU one Elle était toujours inconsciente, gémissant plaintive- je f ARS ment. Mais l affirmation du docteur qu’elle ne courait
io aucun danger l'avait dépouillée de sa dernière auréole. a Un ben bien masculin envahissait vitae ae 12, Robert pour ce corps féminin que torturaient des épreu- : ves que sa chair à lui ne pouvait vraiment concevoir. |
Il passa dans le cabinet de toilétte et fit de longués et. minutieuses ablutions qui le rafraichirent, le reposérent, ï Lui redonnèrent une lucidité. nl
. et ouvrit u une. e fenêtre. pe done | jour. se levait, épandant une clarté he puis + | couleur. de rose- thé dans le ciel uni, saus nuages, Où, çà etlà, persistaient les. petits points de feu des étoiles dans le velours pâle de la voûte sans fin. Tous les entours, les toits, l'étendue tassée des maisons demeuraient en une brume grise, trouble... Un souffle frais courait, appor- . tant du lointain une senteur de terre mouillée et de verdure neuve. Sûrement il avait dû pleuvoir sur les plais nes dela Beauce d’où provenait le vent, et dans lesquelles nt le blé grandissait, encore clairsemé et tout tendre. . Pendant le reste de la nuit, il alla et vint de cette fenêtre radieuse à la chambre close où se plaignait Su pi zanne. | |
HreLe] jour S ’affirma : ni se he. ; des rayées roses 247 k. s’élancèrent dans le ciel, les cheminées, le profil des toitss accentuèrent. Un air plus vif courut. Glacé et frissonnant, Robert referma A Si : Pt croisée et revint au chevet de la jeune femme. Cette . : à . : fois , le docteur De avait devancé. Penché sur Suzanne, |
| il l etat avec attention, l'air un peu soucieux. à Robert l’interrogea : — Eh bien? . 102 ce Julien ne bond pas tout Le suite. Enfin, il se dé- Se L. cida: a cu Ha ae nn Cela ne va pas mal... Elle est un peu plus abat- tue que je n’aurais souhaité... Pourtant, rien n indique ro : de façon absolue de retarder l’opération.. Ilest urgent de profiter du travail accompli cette Huile. Sn quoi 0e tu comprends, lout serait à recommencer. PLANS ; Fe Une gêne singulière entravant ses machoires, Robert : Ro avec difficulté :
MIE à pas de danger? Tu me l’ affirmes ?
Due N N aucun L répondit le chirurgien avec fermeté.
are
ne sation qu'il était trop tard... 1 I courba la tête, soumis: et, néanmoins ne serésolvant pas à prononcer les paroles définitives.
Brus Moment, re en in u’en cette m q q
nute sa volonté seule décidait peut-être de la vie ou de la mort de cette enfant anéantie, livrée à eux — ou, du pi moins de l'avenir de toute son existence. 2 Fe Son esprit faiblit et chancela. Il eût voulu tout . Do pre, tout arrêter. Un grand cri montait à ses lèvres: se «Va-t'en!.… laisse-la !.… laisse-la vivre selon la nature. tout ceci est un crime inutile ; même détruite, la maternité est, et l'amour s’est enfui ; nous avons voulu es. quiver ses souffrances, ses soucis, et nous en avons as ne sumé d’autres ! » ë ; : | .
| Pourtant, il ne dit rien, retenu, de par on ne sait
quelle mauvaise honte, par un retour d’égoisme, une làâ-
La sonnerie impérieuse de la porte d'entrée fit 4 ses hésitations. C'était Sacha Ouloff. Sa venue trancha
la question.
Introduite dans la pièce, elle serra eue nee la
main des deux hommes, en examinant avec attention le
visage altéré de Robert.
— Ça n’a pas été tout seul ? dit- ‘ls enfin brièvement. Hobet fit un geste vague.
dl j\ Gi à
— Venez la voir.
cheté à lutter contre le chirurg ien… avec, aussi, la sen- | 1
En entrant dans la chambre, Sacha eut une exclama- |
Hion ! nr ie. He
— Ah! dé l’air, de la Hinérat is | ONE Re
Et, prestement, elle tira les rideaux, ouvrit 1e Dai siennes, laissant un instant les croisées ouvertes pépAaats
qu’elle so disparaître l’électricité.
Suzanne s’était relevée sur son lit; ses yeux voya- Le
é DRE NO Las ' { PS A AE Ker qu Fa) 125 e
“ Dee. PARA NUE) re es t sans but, ue Ride vitreuses, , dépourvues de. è regard. Sa plainte montait plus Haut Le . Sr res ro Allons, ‘il faut se réveiller ! s’écria Sacha. on. si E passant son bras sous l’aisselle de la jeune sq . elle la souleva complètement et l’assit dans Le lit.
Une clameur, des paroles précises jaillirent de Ja Ho Te “be de Suzanne : be : nr “ cn Si
LAN lje SOUTE LS Fe Zn : Ÿ Sacha l'encouragen. CS Ro D at à fi Ca va bientôt finir… Le plus- rude est terminé pour vous... C’est à nous de peiner. ; ue Li es Et: s adressant à à Robert: | A
Tenez, soutenez-la jusqu'à ce que nous | soyons . près. … ilne faut plus qu elle s’allonge.
Tremblant, Robert reçut le frêle de s excitant à “4 ue abondaminent, bien qu'il fût douteux que Suzanne à de . le. comprit. C'était pour lui: même plutôt que pour elle à quil remplissait ainsi le silence dela pièce. 2 Ua Cinq minutes, qui lui semblèrent des siècles suffirent A __ au docteur et à l’interne pour transformer la salle à rats 2 manger en une. salle d'opération : : les chaises portées La dans les pièces voisines, la table dégarnie de son tapis, des cuvettes, des linges, des instruments disposés sur | l'étagère et. sur le buffet.
Ils revinrent prendre Suzanne.
on Couvrez- lui le visage d’un mouchoir jrecommanda ie : Sacha à à Robert, tandis qu ils enlevaient le petit corps k tout contracté. de ie 2.
: - Suzanne ne devait garder par fe suite qu’une notion et confuse de ces instants, de la sensation désa- Fa gréable d’abord du chloroforme, puis de la détente bien- ee
# K SCC faisante qui suivit, de la chute heureuse dans l’anéande à
. tissement qui Jui dérobait toute Ja souffrance, toute ee | horreur de l'opération. , : Dee
Gr:
| us Folies- Ro l'on répétait depuis dix jours “ Le deux pièces d’ouverture. C’était dans le vieux théâ - A : tre délabré une activité et un désordre inouis: : | a + : Lombez émettait volontiers cette opinion que rienne s Fe mieux cut ’en abordant tout AE 1
ch était encore convaincu que l’onn obtient de la a : lérité de la part des entrepreneurs, des ouvriers, des ar- tistes, qu’en les mettant en contact et en opposition. Se 4 gênant, se dévorant, ils ont ji de hâte de se débarras- 7 pe ser les uns des autres. RL AA Hs ui + Par suite de ces principes, lorsque, vers dêux heures, ia
pure Castle arriva au théâtre ou la Hi Le à
st le be LR eu TT interpella la concierge, une jeune Doude ébcliose A qui allaitait un petit enfant gourmeux dans une loge mi-
ALU l Lu ule, Ur de Does et L dans laquelle on avaiten-
re Eh! madame “eques, par où À passe t on, auje ur He
non “Ÿ + She k RES EE ee Elle eut un. geste v VAGUE NT UT ee Poe —— Je ne sais pas. . Ils ont dit qu ’on allait enlever cela ae AE tout à l'heure. | ee : Une brusque colère rougit le front et les joues du a js jeune auteurr. | Sr M Se ie
Non, mais, vous en avez de bonnes! . Alors, vous croyez que je vais rester là à attendre? Et ma FÉDER ra __ tion!... Je suis déjà en retard!
pie La concierge objecta one Ra
| — Mais, monsieur Castély, ce n’est pas ma faute.
Si vous croyez que je ne me fais pas de mauvais sang / | avec tous ces particuliers ! Tenez, essayez donc de pasee par Jentrée du ps je crois bien que c’est ter: HA Le miné, par là. 125 ñ | ne Sans un merci, encore tout agité d’impatience, Robert Les
fila dans la rue, et dix mètres plus loin, parvint à la =: Ste grande porte du théâtre. IL se faufila entre les échafau- ne dages, car l’on réparait la marquise, qui, examen fait, he menaçait de choir. Dans le vestibule, encombré de plä: u tras, il se trouva face à face avec le vide de l’escalier.
— À part les marches, il a tout ce qu'il lui faut! jeta | Ja voix gaie et familière de Guy de Vriané 7 nee Robert se retourna, Hoene et pressa la main di jeune homme. ° * A . , — Quelle sale boîte et quelg gchis !. a lon nou "à | vrira dans huit jours | : do — Mais si, affirma le secrétaire général avec trâne RE quillité. Oh! Lombez est étonnant ! IL obtient tout ce que ee
br
qu il veut. ‘+. Fi
— En attendant, comment ce -on Au haut? il
- Guy alla chercher une échelle dissimulée Fe un Sa coin sombre. | ) | il
. — Voilà. ‘Avec cela, loattonit facilement lPentre- s0 D: Au- Tests l’on n’a pas touché à l” escalier | ae : Fi 2 : L’ascension faite, les deux jeunes gens, se trouvèrent 00 . dans la nuit, mal dissipée par de rares lumignons, ‘des corridors étroits. bondés de vieux meubles de scène, ue décors disloqués, de débris de foute sorte. Et, de par- = tout, tombait une fine poussière grise ; de partout surgis- E ;. sait le bruit assourdissant des marteaux, des rabots, des as ae pioches. Incessamment, c’étaient des chocs, des éboulis, des glissements, des craquements ; so où Pon posait | le pied le sol tremblait. RE VA de + "Jamais cette vieille baraque ne résistera à des as-
Be
| sauts pareils! s’écria Robert. \
Sans répondre, Vriane le poussa vivement, Le — Dépêche-toi donc ! Nous allons tomber sur les : au- Le “teurs. ..: Il ne faut pas que l'on me voiet. as Her ro ile laissèrent à gauche une petite pièce dans laquelle 7 - stationnaient une vingtaine de messieurs imberbes oubar- “bus, extraordinairement j jeunes ou très flétris, et cinq ON six dames de mines diverses — autcursinjoués et injoua- cu bles qui, dès l’annonce de la Rd des Folies-Parisiennes, avaient envahi l’antichambre directoriale, lespo- … Ve bondées de manuscrits, s’entétant à SON üné + 4e #2 ve entrevue à laquelle se dérobait invariablement Lombez. Le Guy et Robert grimpèrent un petit escalier en échelle, longèrent presque à quatre pattes un corridor situé sous la scène, dont on apercevait le plancher éventré que des
. charpentiers réparaient, en un tintamarre fou. Très haut, perchés sur des échelles, pendus comme : des singes à des échafaudages, des électriciens en bour-
| geron bien ajusté sur leur taille mince posaient l’écheveau de leurs fils dont le ruban indéfini traînait partout. re | . piège pour les jambes des passants. | Re Ensuite, ils PROS ANS à une pièce assez spacieuse, où |
| rimagants ainsi que de pion co iffur
p — - Attention ! ! murmura Guy de Vriane.
HE, enfonçant son chapeau sur ses yeux, 14 traversa o En | précipitamment la chambre, bousculant tous et toutes \'sur.son passage, afin de parvenir à la porte de son cabi- Le à
HAE ME “net sans être arrêté. ty “a a
| passe- partout, des mains agrippérent ses vêtements.
dite heures! assurait une ingénue,