D & PE
‘ Xe.
i tour et revint € encore dur ses pas.
pue son . manteau Fopan autour d’elle, Ma-
il sentit qu "en et minute fugitive, l'artis tait pour lui, au monde. ME ES AU EN ER Elle l'enveloppait instantanément des son a frémissement, le sa fièvre heureuse. Aa on 3 Me Comment, vous n’avez pas eu. l'idée de retenir une à | voiture 9 s’écria-t-elle en riant. su | cr.
Et,s ’emparant du bras de Robert, elle Lentretii vers Pautre bout du passage, du côté de la rue Saint- Honoré. ik) + par là, nous serons plus certains de ne rencontrer ‘aucun, gêneur ! murmura-t-elle, penchée sur SON COMPa- gnon, encore toute vibrante dé cette soirée ‘unique pour. elle, où tous les triomphes de la femme, de Partiste, de : | jponrase s’étaient confondus. É He
Elle demanda, quéteuse de tendres paroles: fi ee : 7 : — À quoi songiez- ‘vous en m’attendant? 2.
cn . IL avoua, délicieusement troublé, S ‘abandonnant : au a désir qu? aile avait delai 927 Home Je n’ai pensé à rien. qu’à vous ‘maudire! ja k Elle éclata d’un rire à la caressante harmonie. SR UT = Me maudire ?.. Cela, c’est trop fort, par exemple! D __ Dame 4 « Cette station interminable, tout seul, dans … le silence et | froid de ce passage, is douche !.
Elle s’excusa: | Nues en
— Je me suis pressée autant que jai pu... Mais, vous À
Savez, se Heu de Ja matérialité d’un rôle, c est en- “
(core long... Lo Se inde Puis avec une gravité tendre, un rien timide : ee
— Ai-je eu tort de vous arracher aux autres pour |
vous avoir à moi toute seule ? “ 2 és, Mr — Non répondit-il en serrant contre lui le bras de 1 ne LS jeune femme. re st ARR “4 on Rue Saint-Honoré, il héla un fiacre ; tous deux : Y mon:
térent, Padresse de Mady donnée. | Mens HR Son agitation subitement tombée, da jeune femme
DE k Sort ;
baiser, où il avait peut- due encore 7 de la recon— naissance. mi es Pare Elle ie RUE) ARE * — Etes- vous heureux ? a ie à ne al répondit à avec sincérité: - We Re “ oo — - Je ne sais pas... Je suis ahuri... les nerfs mal re- D mis. un peu déçu — non pas du résultat, mais de à Le | l'absence de sentiment que ce succès a éveillé en moi... de croyais que le triomphe était meilleur. Il faut qu'il : y: ait sus un de cassé en moi... el je m’en dé- pite... Ra | Ro Elle Eésbatat, hochant la tête. # Ho ES : — Je comprends !.. … C’est que, vous l’auteur, le jour É | décisif, vous êtes forcément en dehors de la lutte. La: ; fièvre, la souffrance, et aussi Pindicible joie de la vice . toire, c’est nous, les interprètes, qui les supportons et “+ Fi one Le où étiez-vous, i ne vous ai ape
* Leurs mains nues s ion nouées, os Fu S .
À trelaient la tiédeur de ceux de Mady écauEul peu. à i peu la glace de l’épiderme de Robert. EE
Elle interrogea avec anxiété: Ho Pere ne no: : - — Pourtant, vous nous avez aimés 2... Nous avons bien é réalisé votre A < | ere
Ils’anima.
| ie — Oh! ne vous avez été le. nn E citant, > détaillant les scènes, ne une apres. Tri
Le \
er flexible Et bte qu ‘étaient Madeleine es Fi ; et ue de Caula. . . Ras IN — Mady ! Mady ! s’écria-t- il, enfiévré à son tour, vous
ji êtes une artiste, une grande... grande artiste !..
no un geste. comme involontaire, ne se serra | contre 2 |
LEE | Jui. |
5 ia. Je suis Hi artiste, murmura-t-elle à voix basse, | à “en un aveu ardent, et vous ‘êtes mon maître. MES ASTON ot l’avait enlacée ; ‘leurs lèvres s ’épousaient en un Han GES ne. ser Où S 'exaspéraient toutes leurs fièvres de cette soirée Si à 4 emplie du vertige des efforts accomplis, douloureuse, ane à …. ne d Hole aussi d'ivresse triomphante.
Ils arrivaient rue Fontaine, Ils descendirent de voiture, de | traversèrent le jardin, pénétrèrent dans l'appartement, | x emportés, perdus tous deux dans un désir impatient . Re À solitude. AE ee ea AC sa n … La tiédeur parfumée du petit baton où s ‘alan- Aer | guissait une énorme corbeille de roses envoyée par La Boustière, les saisit délicieusement. Ils eurent tous deux la sensation d’être parvenus à l'étape. l’étapé suprême ; vers laquelle ils soupiraient à leur insu depuis si Jong- : use é fe LR | … Tous deux, lun pour l’autre, étaient plus et mieux Li 2e 4 qu elle et lui. Ils étaient, adorablement personnifiés, tous. Are - leurs rêves anxieux et radieux ; ils étaient, sous le leurre | © brutal de la sensualité, la célébrité, Ja fortune, les âpres jouissances ele et les joies suaves de limagis 4 nation. ils étaient l'illusion suprême de leurs deux à âmes Hs “ d'artistes, suprêmement tendues et vibrantes. en LT Et, ce fut dans les bras de Mady, sur son sein palpi- rs EE de grandes ondes orrere que Robert connut, HOREA
NO loubhait aux des jours . juin. Une chaleur | ÿ | vraiment estivale enveloppait Paris. Tous ceux que des. à Hbbihes ne retenaient pas à Ja ville, tous ceux qui peu-. “ss vent se donner le luxe pas du ere songeaient ji a partir. ; A x À TE PE a
rad, a à la porte de. noie 4 Castély,
“ eut l’étonnement de voir Suzanne ouvrir la porte, dans À ‘une tenue inusitée de ménagère : un vieux peignoir tres fa loué dans la ceinture, de gros gants couvrant ses Mains; 04 … ses jolis cheveux blonds non peignés auréolant son vs
sage päli, singuliérement creusé.el lancé. 77 . nu ie Tiens ! s’écria la jeune femme “gaiement, vous e renvoyé votre domestique 9 Len ro VAE AE
Tite - Oui, répondit Suzanne avec contrainte. . do C’est comme moi. + je pars pour Je. Croisic, seule Al Se avec mes filles. Je rende quelqu’ un du pays. is Est. ce que je pue entrer si minutes sans vous déran-
surprise. un ce ordre Je ne vous te ere Le Hier, ma petite Alice s’est trouvée très incommodée par. “ la chaleur ; alors, j’ai décidé d’avancer notre départ de Me ‘ huit j jours. . Nous prenons le train ce soir. | : D Je vous envie, dit Suzanne. | re SA > avait une telle lassitude, un si lourd décourage- Le ment dans son accent, que madame Féraud S alarma. à si vb Voyons, qu’ y a-t-il?... Votre santé ? ne Lo ë — - Toujours la même be Je nesuis pas malade. Rs JE n'ai rien Do Mais je n'ai plus de forces, plus de ressort. et ma tête... ma pauvre tête est si
no Hiioues HR tie NN er | ne
SA À Il faudrait vous SOIENEPI A A À Le | EN ne Vu Elle sourit tristement, les yeux comme fixés sur. une. F4 * à vision intérieure d'a ngoisse. ve ° : on ne PE Me soigner !. 4
ee
ne
* Evidemment, “ \ alt quelque chose |. ;
Et madame Féraud S ’obstina à obtenir une confidence, qu on lui refusa longtemps. Enfin, la pauvre enfant céda, | et laissa deviner le drame De et mesquin dans le- À quel elle se débattait. ARRETE | FR
“Le malheureux ménage d’ artistes était en pleine crise ke . de détresse. Absorbé par les répétitions de sa pièce, par. Ée À, Jes mille démarches qu’elle nécessitait, Robert avait fois ‘42 cément négligé les petits travaux littéraires obscurs qui 1 = les dont, à vivre au Jour le jour. | F Fe présent, ils étaient absolument à bout de ressources. De toutes parts, les créanciers. surgissaient. Ignorant les lamentables dessous littéraires, ils ne pouvaient ima- ; ie de Ja De de Mod HR Aeen jouée
+. succès, ne po pas de grosses sommes à Pau-
teur. Et, patientant auparavant, ils se déchaînaient aus.
Hi courroucés par ce qu ils croyaient de la mau-. 4
vaise volonté chez leur débiteur. , Madame Féraud restait interdite devant. 1e mystère
dévoilé des combinaisons que Robert avait dû Hour ;
| de la part de Maurice Sallus, a
rca
— Quelle abomination ! A
Elle, aussi, avait cru que le succès littéraire de Cas A
#1 était en même temps un MOOCEUN bénéfice pécu- niaire; et, elle s’en réjouissait pour ses jeunes amis, ‘Car,
‘sans savoir exactement combien PUR vie était précaire,
elle les devinait génés: : NE AS Maintenant, elle se désespérait. ue fre — Que faire? +
on elle aussi, la vie était difficile, bien qu’ ‘elle passät. «pour riche. L’état de santé de ses fillettes la forcait à de | grosses dépenses, et tous ses revenus avaient strictement au emploi. R n |
Ellé eut une idée vraiment maternelle, cœur navré
ie — Écoutez... Faites ceci. Accompagnez- NOUS ; ve-
| grande maison où vous serez la bienvenue. . Vous ie
prendrez de la santé, de la vigueur, pour recommencer
la lutte à l’automne prochain. ne : Une lueur passa dans les yeux de Suzanne.
. A | : Fu
oi un de votre pensée. Cô n ’est pee possible. He ie Pourquoi ?.
a - Je ne puis laisser Robert.
‘nez passer les mois d’été au Ce chez moi ; j'ai une
Mais, aussitôt, elle secoua la tête, sombre et découra-
de voir la jeunesse, la beauté, les. forces de Suzanne u sombrer dans ce combat trop âpre pour sa frêle nature : Le
- amont d ee vous savoir à À l'abri. a NÉS in L. ; ee Non, non!.. . Vous ne le connaissez. pas ! eat un, . : enfant. … ilest bien moins fort que moi. . Sans moi, il de. |
| sespérerail.… Et, loin de Jui, dans quelles transes je
vivrais !.. Re 0 + S eZ
— Vous n'êtes pas raisonnable ! - — Comprenez. done
que si ‘vous dépassez ce que votre corps, votre âme Ge
frent de résistance, malgré ‘votre courage, vous tombe- |
* rez !… Et alors que deviendrez-vous tous deux ?... Vi
Suzanne résistait, une fièvre fanatique dans les yeux.
LE — J'aurai la force. “He Je faudra bien !... ou si nous ae devons sombrer, ce sera ensemble ke De Dis nos T Le ne peux pas !.. Pour toute sorte de détails matsele | c’est impossible. . pour une infinité de Lonsidé tan . morales, cela m’est encore plus défendu. — Mais, Hen-
j riette, songez donc !. . Puisque nous ne pouvons plus avoir de domestique, À faut bien que j'en prenne la . place. Et, croyez -vous que si Robert savait le logis - vide, il y rentrerait?.. . Jai assez de sujets d'inquiétude, de tourment.… .Je le sens déjà trop m ne Mon rt partie, ce serait la fin. la rupture entre nous! Fa
Madame Féraud s ’indigna : Li
sis Quoi !.. Vous croyez votre mari capable de vous. être infidèle” Fo que vous seriez absente !.. Vous supposez que vous ne le gardez que parce que vous le tenez
à l’attache, et dans ces conditions, son amour vous De et our avoir ah prix? Ah! je ne vous comprends pas!
4 Les yeux pleins de détresse de Suzanne s ’attachèrent
ï aux prunelles de la jeune femme tout enflammée de.
4 Madame Féraud | eut u un geste. ; — Ah! oui, voilà, murmura- t- elle, plutôt pour | | même. Voilà cet esclavage de l'épouse, de l’amante, q la maternité n’a pas libérée à & jetée dans un autre esclavage, au moins plus logique. pre on
Suzanne l’avait entendue. | e AU 20 — Oui, c’est vrai, reconnut-elle. J'aime Robert à avec. #. ‘toute Pardeur, tout le dévouement et labnégation que j'aurais pour un enfant... mais si cela est bien doulou-
Feux, C ee bon aussi! . Et, d ailleurs, cela est néces-.
saire.. | Pa tas id De dan Faut nia avec énergie. cut — Non!..: cela est faux, au contraire! Le petit à dre.
né de la OU: faible, incapable de défense, a besoin de . tout l’amour, de toute l’âme, de tout le sang de sa mère pour vivre et se développer, mais l'époux n'a point le . droit d’exiger le sacrifice d’une individualité ! Et, comme | tout ce qui n est pas juste et rationnel, celui- cin obtient 4 + que des résultats désastreux.. Vous avez repoussé Ja ne maternité pour rester uniquement à votre mari, et votre. union se détruit quand même, parce que le lien amoureux de | homme et de la femme est naturellement éphé- mère et que, quoi que vous fassiez, vous ne retiendrez pas entre vous ce vertige voluptueux, qui ne peut avoir qu'un temps, qui n’est qu’ un : incident dans -la vie hu- A maine. PAS PE D QUE (ES | d: use Suzanne prolesta. RTS 2 ER ! — Alors, vous admettez. que cet amour qu il m° ARE donné, il le porte à d’autres, sans Qué moi, J" en otre Je m'en désespère? | DEA — Certes, non! Je voudrais que tous deux vous AC. ceptassiez avec calme de ne plus faire de l’ amour le but, a la préoccupation essentiels de votre existence. Ce qui ne désole, c’est de voir les êtres se refuser à à vivre e. de. la.
: tions !.. | . Pourquoi nous efforcer de retenir absurdement ce qui s’enfuit!.… Pourquoi ne pas vivre une existence | A e phases différentes, toutes bonnes également lorsqu'on
+ … fance, ne pas savourer l’amour chaste de l’adolescence, puis accueillir l’entraînement sensuel, qui le suit loue
quement, en jouir pleinement, mais sans pour cela s’ yie accrocher désespérément. — La maternité, la me */ s’offrait à vous... il fallait oo en découvrir, en
qui à ‘nous one MR our cles sensa- a
sait les goûter. — Pourquoi, après l’insouciance de l'en- Fe
$ | comprendre le bonheur... , puis, ensuite, vous laisser )
aller à ce courant naturel, bi pousse l’être humain ayant atteint son développement complet vers l'intérêt qu of frent les matérialités de l’existence, de la carrière. em- 1 Pauisée et les élans de la pensée. à jrs ee Suzanne ne suivait qu’à moitié la pensée d Henriette | ve qui, confusément, Ja révoltait, | — Nous sommes Jeunes, il nous faut An & Et, dai illeurs, quel attrait aurait la vie si l’on en supprimait Pamour! [ n’y a que l’amour qui nous rend pl d'enthousiasme, de dévouement, de grandes choses! . . Madame Féraud. S 'exaspéra pi | ; ; x: — Redites, mensonges, faussetés!… L’amour n’est que | le besoin sensuel qu’éprouvent naturellement les êtres à
en AE ‘218 je certaine période de leur existence! . Mais, cette sen- Ne
+ sualité qui n’est qu’un accident, il est te et absurde d’en prolonger la durée, d'en exaspérer l'intensité en * Vhabillant d'oripeaux sentimentaux!.. Toute votre miï ‘'sère de cœur actuelle, ma pauvre ane vient. de ce 2 que vous et votre mari êtes persuadés, comme la plupart dei nos contemporains, que l’amour tient avec justesse
er chercher auprès d’autres le Fantôme.
0e se récria.
aimée, qu’il m'a juré un amour éteral Je puis et je. dois le lui réclamer, faire tout ce qu il me sera possible pour le conserver! ; Madame Féraud fi regarda, avant avec une honte que la tristesse de son accent rendait absolument chaste : — Son amour? Vous voulez dire son étreinte, son
Fe . ment! Voilà ce que vous croyez possible d'obtenir,
divin de réaliser perpétuellement! = Vous, et des mile :
liers d’autres, vous vous obstinez devant ce problème insoluble.… éterniser dans l’être la répétition du plaisir,
cela, en croyant — insensés que vous êtes tous! — que
; ment et intellectuellement!.. . Sans asservir votre pensée, vos nerfs, vos muscles sous le joug de cette obsession de la sensualité stérile... sans désorganiser’ votre âme et. voire corps sous cette perpétuelle secousse exaspérée ! . — Je ne sais quel romancier (1) supposait dernièrement. | que la science arriverait à découvrir un élixir supprimant. A volonté la possibilité de maternité chez la femme; et, Lui €t bien d’autres, s ’eforcent de présenter l'acte oc sous un aspect de beauté, s’étudient à détruire le senti-. j ment de la pudeur chez les femmes, le respect et le re-. gret de la chasteté chez les-hommes.… S’ils farrenaiente AU modifier la société dans le sens qu il RARE nous-
co nn. de vous, à to ls à à en se. ”
— J'aime Robert! Je le ur. El, puisqu'il TE
baiser d’amant?.…. . Voilà ce que vous voulez insatiable- ,
en supprimant son but, en le rendant hors nature, et \
ge vous pourrez y parvenir sans vous détruire matérielle- |
Pannihilant dans F os Pot ne | “ha À ne reusement qu'ily a chez l homme un instinct d’harmonie qui arrête les sociétés près de la chute finale, et les re
| dresse subitement, en une réaction contraire !.. . |
: L - l’exaltation de la sensualité, la déification de sexua-
lité, nous en aurons sans doute le vonissement !.… à Elles ’interrompit soudain, êl> la voix changée, adou-
Ÿ ‘cie, ob de pitié : : |
re Dh attendant, ma pauvré petite amie, vous souffrez, de
et je ne sais comment vous soulager !.… ri eee St. espoir ranimait lâme meurtrie Fi. la jeune femme. — Oh! murmura-t- elle avec ferveur, ce n’est qu un. à momeñt d'épreuve à passer. Robert vaincra tout ce qui “S oppose à sa marche en avant. … et moi, je finirai bien … par me remettre. Quand je serai ainsi qu autrefois, . m ’aimera comme il m ‘aimait... Des liens pareils aux.
- nôtres HO S OUbHENE passe A ; Madame Féraud n 'essaya En de la contredire, et es oo Heure ee à
À en Ma petite Suzanne, | je puis disposer, sans me gêner, de cinq cents francs, que je vous remettrai tout à Vheure. Vous tâcherez de faire patienter vos créanciers, et vous vivrez en attendant. de meilleures heures.
Touchée, la jeune femme s'écria: AE UES . — Oh! Henriette, je ne peux pas accepter. FRA one, Mais le timbre de l'entrée, violemment heurté une fois, puis, presque tout de suite, une seconde fois, avec l’im- | patience insolente de quelqu’ un qui n’admet pe l’attente, | ie # les sépara précipitamment. fe va Détachant son peignoir, se recoiffant à la hâte, Su-. a anne courut ouvrir la porte au visiteur, avec, sur les : vres et 1. visage, le: sourire de commande, Pair genti- 3
ment emprunté de jeune | | mestiques forcent momentanément Elle recula, interdite. ui 4 ne Monsieur Sallustie eo Len Que venait faire ce forban chez eux ?... Apporter u une . aide, ou essayer de pressurer encore Pauteur qu ’il tenait SOUS SA @rife? en | Il la dévisageait, impertinent. | “ ü — Tiens, c’est vous?.. . Qu? est-ce qu il vous prend de. ou la soubrette? Nue Elle sourit avec aplomb. | ” si — Mais, la nécessité! plus personne. dCi: tout mon | dus est à la porte! Une révolution !. “TR ee ll la poussait Lbreujente | | Re de — Ah!bon! Vous me conterez cela une autre fois. : Castély est là? nue — Oui, oui! Side avale fans son cabinet.
— HF . J'aurais plutôt cru qu’il nai Il ouvrit d’un coup de pied la porte de boiserie blan- Che sur laquelle sa bottine laissa une trace visible, et il pénétra dans la pièce. Robert, penché sur son bureau, eut un sursaut qui eût pu faire croire, qu’ainsi que le à fe critique l'avait dit, il sortait d’ un assoupissement. HA ,— À quoi diable travaillez-vous là? s’écria. Sallus, 8 ‘emparant avec indiscrétion des papiers que, par ins- tinct, le jeune homme essayait de lui dérober. : | 02 Mais, pas ae chose, dit Pr gêné, de la de ë sogne en retard... : | a C’étaient ur ou trois do ue ou bien gr ë | voises et idiotes, extirpées péniblement de son cerveau. rebelle à ce travail ingrat qu’il exécutait sans goût, . poussé par le besoin d'obtenir de nouvelles avances dans lue journaux galants auxquels il collaborait es : tement. | Res ÿ
Ve
Ne SRE
— Etles trois actes. dont vous m aviez parlé? dr . à: ï A Je nai pas pu nv en DECUPÉRe — En vérité?.. . Et d’où vient cette impossibilité ?.. pe Sa ton agressit, insolent, commençait à irriter Cas- ny
| ui Je vous Vai dit, fit. il avec sécheresse. . avais des ie ï engagements antérieurs. :
| : Sallus hocha la tête, coupa Pair de sa canne et pro- ë
nonça, important : : /: à M 1 de — Allons, j je vois que j'ai Die fait de venir! . Mon “cher Castély, je m aperçois que nous ne nous sommes : # pas du tout compris le NS ren Fi 510 Are quel propos? ee AE Ua HAE nor Mais, au Re de nos conventions.
+ Paré, que?.…. ; — Lorsque j J'ai accaplé de lancer votre pièce - — qui, | entre nous, ne vaut pas le diable et n’a une apparence * do.
a Succès que grâce au mal que je me suis donné. — Passons! interrompit Robert, énervé. A = Pardon !.. . Ce que je dis a sa raison d’être! Si 4 done, j'ai accepté de faire marcher votre enfant cala- | miteux, c’est parce que vous aviez fait luire devant moi plusieurs sujets de pièces futures infiniment meilleures, î — pièces que, selon notre traité, vous devez mettre sur ie . pied dans un délai très Chart son Pour. parler avec PI de justesse, immédiatement. Su ne Vers Robert se récria : | A AATCAUE 4 . — Eh! mon Dieu, il n° y a Ne de . En septembre, . vous remettrai Je manuscrit de la première pièce. dont le canevas vous 4 plu... Je m ’occuperai de la seconde ( ete
; e la troisième dans le courant de l'hiver prochain...
Sallus Me considérait, affectant la stupeur.
SE
| trou té os L'autre essaya de le dévisager avec assurance.
V4 = Jénele pense pas. M ; ue ae Sallus haussa les épaules. : ho — Alors, quelle comédie me jouez- vous?
Robert jeta la voix tremblante.
— Ma foi, c’est ce qe je vous demanderais bien à
+ \ 4 di É LS A TRS
VOUS lee | Sallus continua, sans ral l'avoir entente — Vous prétendez ne me remettre la pièce qu’en septembre?... Alors que c’est’ tout de suite qu’il me faut la faire accepter. Etes-vous un auteur dont on attend l’œuvre, à qui l'on réserve sa place dans la saison ?.…. Ignoe rez-vous que pour nous faire une place, il faut que Je éite bas deux ou trois combinaisons, que j'écarte cinq ou six auteurs qui ont infiniment plus de talent que vous. et des crocs presque aussi acérés que les miens ! Fe | Et, soudain, brutal : rs — ‘Allons, assez de ne Si daus quinze he . vous m’entendez bien : quinze jours!... je p’ai pas sur ma table le manuscrit complet de votre pièce sur . le divorce, vous êtes prévenu que toutes nos conventions ; oi > © sont rompues. Pour le second drame, vous me l’ appor- | térez à Ostende, fin août... Nous bâclerons l'affaire avec Sennet, qui sera chez sa maitresse Claire Delion à à cette époque, laquelle Claire n’a rien à me. refuser et agira ferme en cette occasion. A Très pâle, Robert déclara : | Va — Ecoutez, Sallus, n essayez pas de m Antiniders c’est inutile !.… Je vais me mettre au travail néon 4
el | mème en un mois !.
LR
PSE ar a dans He yeux. rue | — Vous x vous tromper, mon cher. Hd a — - Non! Are = sue Le
LES Eh bien ! c'est parfait.… Quelque un de plus nus. : Cut que vous»se chargera de la chose ! PART a Robert tressaillit. | : De
— Vous dites ?.. Sa FE | Es — Qu’en sortant diet si VOUS persisiez à m dia |
que vous êtes incapable de mettre votre pièce debout en
quinze jours, je vais m ’aboucher avec un confrère plus ol que vous, et qui résoudra le problème. :
Un vertige gagnait le jeune auteur.
.— Vous voulez dire que vous me refuserez votre ap-. © pui?.. Eh bien! libre à vous!... Je m’en passerai. Et nous verrons si Chaîne conjugale ne forcera. pas les por- VE tes d'un théâtre avec ma seule signature !. ! se Sallus ricana, AL Sue 1e — Pardon ss Nous ne nous ctdons pas 1. Chaîne
conjugale sera en effet très certainement jouée cet hiver,
mais puisque vous refusez d’y travailler, elle sera sim-
plement signée de moi et du bonhomme qui se sera
chargé de l'écrire sur votre canevas, que je possède...
. canevas très <pmblét et dans lequel il y a très peu à modifier. ns |
: Robert bondit, suffoquant.
3 — Vous osez dire que vous me voleriez ma pièce do Mais vous êtes fou! Si j'ai eu la naïveté de vous laisser ce canevas, j'en Luade le double... Je puis le mon-
| trer partout, vous dénoncer, vous démasquer !.. Vous
faire, condamner par le monde entier, après vous avoir souffleté en pleine HUE Et je vous. jure que c’est cé jus
Je ferai!
urice Sallus leva ses épaules carrées d’ancien ou
— Ne dites donc pas s Hantantillages a Personne | Pie vos histoires de sujets volés, cela assomme Lie è C, et moz nom triomphera toujours du vôtre, inconnu,
ou presque. .. Ensuite, vous né me souffletterez point, - parce que le lendemain, je vous embrocherais | comme une alouette. Et vous ne me démasquerez pas, attendu qu He n’a jamais été dans mes habitudes de porter un masque, et que je ne crains pas le moins du monde l'opinion pue qui me connaît dans les coins et que Jai accoutumée à sourire de tout ce qu'il me plaît de faire… I on est pas de crime dont on ne n'ait accusé, et pee convaincu... Pas d’épithète malsonnante que l’on nait L accolée à mon nom. De mon nom qui, malgré tout, est célèbre et adoré... Qu’ apprendriez- -vous de moi au public He | qu’on ne sache? Vous êtes absolument désarmé contre à moi, mon petit! et vous lé savez parfaitement. n. | . Robert, outré, ctia l’une des plus odieuses pie sue | lon puisse appliquer à un homme.
— Ah! | | | Sallus sourit. REA tr .— Bah ! tant de femmes sou. au fond, ‘enchantées de ; La mériter ce terme, que je ne vois pas pourquoi je m ’en A Re offusquerais !. !.. Mais, finissons cette querelle. En réalité, . je ne demande qu’une chose, mon petit Castély, c est que +1 5:Nous fassiez vous-même votre pièce, parce qu en somme . 1 in elle sera plus proprement écrite par vous que par un He, D nègre quelconque - — etça ne me coûtera pas plus Cher. Seulement, je voulais vous faire toucher du doigt que x - ,. vous n’étes pas. indispensable et qu’il faut turbiner… Allons, tendez-moi la main, et, dites-moi gentiment que ce | vous wapporterez le manuscrit Sans faute le 45 juillet. ‘ Vous voyez que Je suis bon prince, je vous accorde trois He semaines !.… HR - FE en teent For avait si a FE
MEET à NPA
bien . était à ie merci, piedsret poings és de son n advérsaire. DR ait) | * ; ne.
oo. C’est bien, dit- il, la voix dre, vous aurez +. | ns dans le délai que vous m ie | He - Sallus rit. RS | | | . oo — Quant à votre ie de main, , je peux me taper, | n ”est- ce pas ? Peu m'importe, mon petit. Ces choses-là, ei na ça n’a d'intérêt que devant le monde... Et je suis bien "a tranquille. one ae c’est vous qui he rechercherez, ma cordiale étreinte !.. is a-C'est vrai, reconnu. Robert laicutesement.
4 : Debout, se dirigeant vers la porte, Sallus eut une der- a nière recommandation : Se RUN 2 si .__— Ah! tancez donc la petite Mady !.… L’autre soir, s 4 elle a été exécrable.. . Et justement, J'avais amené deux. directeurs, Sennet et Richard, pour la voir !.. . Qu’ elle se soutienne si elle veut des engagements !. . Elle avait Pair crevée.. . Est-ce que c’est vous qui l’éreintez ainsi, | ou ce gros plein de soupe. Comment Pappelez- vous ?.. x La Boustière Fe | | pe =. Robert haussa impatiemment les épaules. à. So Mademoiselle Jaubert est surmenée, cela n’a rien. d’étonnant.…. . Avec ces deux rôles écrasants qu’elle joue tous les soirs. Sans compter les matinées du dimanche. La: po ouverte, le HAN jetait crûment, tout haut: | ; de + Non vous ne. prétendez pas quevons ne cou- | : chez pas avec elle! Le soir de la pire, ça à été
+4 concluant !.. ) v a se Robert Parrêta avec inquiétude, montrant la ne de la salle à manger entrebâillée. «
- Je vous en prie !.…. Ma femme est 11.
en Comment ! ÂLË se préoccupe de. cela? Oh! mais,
bee OM po
D Lrosse. la mon cher, ou vous n’êtes pas au a bout des eme. | bêtements !. à La porte tré avec un OUEN sur l'individu, | Robért revint en courant vers la pièce où il craignait que Suzanne n’eût guetté leur entretien. :
Mais, la salle à manger était vide. La jeune femme s'était réfugiée dans sa chambre. Elle accueillit Robert ci bras ouverts. : CARS — Ecoute ! nous avons un répit, grâce à à Henriette tn su Et, très vite, elle expliqua le prêt de leur amie, Vne : Acte à combattre toutes les objections de son mari; mais il n’en fit aucune. Il soupira seulement, avec un. double soulagement : Suzanne n’avait pas entendu les paroles grossières du critique ; le hasard lui apportait la &: faculté de se consacrer tout entier au travail surhumain. qui lui était commandé. ee Il s’assit sur la chaise- longue et attira Suzanne dans ee une douce étreinte.
0 % . — Ah! ma pauvre chérie, il était A que ce secours arrivât !..
Et'il se Charges le cœur en ont Ja scène qui venait de se passer entre Sallus et lui. | Préoccupée, elle n’eut pas lPindignation qu’il attendait — blasée aussi sur les rosseries, les crimes courants de leur milieu.
— Sais-tu ce que nous devrions faire ? dit- elle. Quitter Paris, les tracas, lés persécutions et le surmenage… louer deux pièces dans quelque ferme de la CAM pHEnS | Dnpanue: é PL w À
Robert sé récria :
.. à Lu C’est impossible !.. . Je ne puis m’en aller de Paris
tant que ma pièce est sur l'affiche !. | RERES Fébrile, Suzanne s’écria comme ee elle :
— Dis donc que tu ne veux pas t’éloigner de Made-
de “leine Jaubert!.. | &
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DE
; obert Pubs un n geste saura humeur c et prononça | avec sécheresse : Fe ‘
__— Je ne sais pas ce que ue cette ph stupide! | - ter des insanités. + 5; Le visage caché dans ses mains, elle pleurait, par pe: ï * tits sanglots. doux. :
— Ab! Robert, j'ai tant de chagrin: balbutia- t- A ‘re plaintivement. Ne “a ur
Il s’écria avec sincérité : ne Mon Dicu, mais de quoi?. ee
Le brusque affolement qui — lui et la jeune actrice — les avait jetés aux bras l’un de l’autre, avait été sans lendemain ; et, vraiment, la conscience de Robert ne lui reprochait rien à l’égard de Suzanne, — Il eût éprouvé plutôt un secret remords vis-à-vis de Mady, qu’il devinait affectée de son recul. is Suzanne génit : — Tu ne m'aimes plus!
Autrefois, il se fût ému de ce reproche, et la scène se É serait terminée par des baisers et des larmes. Maintenant, il répondit avec lassitude :
à ne pas m’énerver, à ne pas me rendre le travail im posbin sibles:. : | .
Elle sècha ses larmes courageusement.
— C’est bien. Je ne l’ennuierai plus.
2e Mais comme, prenant un ouvrage de couture, elle se à dirigeait vers le cabinet de Robert, il Parrêta, un peu. géné: |
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