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L - Elle courba Ja tête, assommée par ce coup inattendu

be -là, silencieuse et discrète, ne parlant que lorsque

de tai répondu sérieusement... : Dispense-moi de discu-

— Je t’en prie, épargne-moi... J'ai assez de soucis. Si tu veux que nous sortions de nos embarras, étudie- toi

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Lo — Non, ‘voudrais- tu. Enfin, aujourd’ hui, laisse-r -Moi

Pécrivain l'interrogeait, la consultait sur Ses: passages #

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qu il de lisait, aie ail. assisté à \ l'éclosion det tout. ce

que Robert avait écrit. C? était un de leurs meilleurs liens: 1" « Tant de fois, il avait répété à la jeune femme, doucement ravie, que sa présence devinée plutôt que sentie Jui in- “ sufflait une ardeur, le préservait des découragements,

de ces mille hantises quasi superstitieuses qui abatione

sur les cerveaux surchauffés, Ne par l'effort ne

créateur. | | RU - Et maintenant, c'était fini ; il la chassait ss } (6 / Al essaya d'expliquer. | : |

— Tu comprends, ce n’est plus : un travail Cher et libre j |

comme autrefois. Je vais être obligé de concentrer tou-

tes mes forces pour produire en quelques Jours une be-

sogne’ qui demanderait des mois de labeur normal...

Rien qu’à celte idée; je me sens les nerfs à a et je

craindrais.. . 1 Fes Elle linterrompit :

= Bien, biensvas ut RAT PR RTS

fl: hésita, se Geo l'embrassa avec une tendresse un nn. peu: factice, ou transparaissait une HR légèrement i im-

patientée. LR Re FENTE — Tu ne m'en veux pas? | = Mais non, articula-t-elle tiblément Ilse détourna et alla s’enfermer dans son cabinet.

— À présent, l'habitude sera pris pensa- le il, sou Lo

ae Lorsqu'il s’agit de production Hénin, l’on ne sau-

rait se raisonner. Jadis, la présence de Suzanne lui était

un stimulant ; à heure actuelle il se sentait incapable

d'écrire une seule ligne devant elle. Le simple geste qu'elle avait fait pour l’accompagner le Jetait. dans une. ‘ irritation violente, irraisonnée, insurmontable. : ; | + D ailleurs, aprés avoir feuilleté le plan de Chaine Cane , Jugale — un titre qu’il prit soudain en dégoute — une des- ti

Pl lévrés, révant hi edent = sa ri ne ci L ébauche de sa pièce à mille sujets étrangers. on : ee Aujourd? hui, Chaîne conjugale dormira, s’ac- ; corda-t-il. J'ai besoin de me remettre : au point... Py tra- “EN vaillerai demain. D | de \?

nr Alors, saisi d’ un goût subit pour les piètres besoin ie sur lesquelles il peinait, lheure précédente, il écrivit io une saynète dialoguée pleine de verve, qu il résolut de porter le jour même à un ne AE qui payait as CH SG Dion. "1 ue A déjeuner, il annonça qu il ne rentrerait pas diner. 1e di | passerait dans plusieurs Journaux, ce qui le ÉHCAARS ais ja a eu . Suzanne, dont le visage s’ était imperceptiblement © con- FR n’eût cependant pas une objection — ie tu DA per d'argent ? demañda-t- elle avec

. douceur. : ; :

: ; Robert S ’empressa de refuser. | ne …:— Non, 1e porte de la on . Je toucherai bien quel-. . . que. chose. SE 100

Avec le prix de sa saynète, que sans doute on ne re- HAS Net pas de lui verser au Paris qui rit, dont le rédacteur en chef était son ami, il songeait à offrir un mo- | deste souper à Mady. — Oh! non pas seuls! I emmèênerait Guy de Vriane... L’on causerait une demi- es

heure devant, un peu de viande froide et des fraises au crue ;.

Et, à l'amiet à Pautiec, il soumettrait la modification qui s’imposait à lui au sujet de Chaîne conjugale. Peut- | étre, s’il suivait son idée nouvelle, la thèse perdrait-elle de son originalité, mais cela épargnerait à l’auteur un travail A, une préparation de caractères, une discus- : siou dont l'ampleur le CON PRASRIE actuellement. #

d AUTEL

bi ne tout, Po le drame ée Danabsorte et plus 4 ; a ait chance de plaire à la foule qui n'aime guère les. | thèses trop neuves ni les pensées trop puissantes. Et, ce qu’il avait dédaigné jusqu alors, il se promit de semer le dialogue de cet esprit facile à ceux qui fréquentent les coulisses, les salles de rédaction, les brasseries de noc-. * tambules et qui émoustille immanquablement le public. S | Durant un instant fugitil, il songea avec amertume à la façon pour ainsi dire be dont il avait écrit son | premier drame, en creusant obstinément les personna- - - ges; en s’eflorçant, jusqu’à l’hallucination, de vivre Jes scènes, en s ’enthousiasmant des idées nouvelles et per- : one hardies parfois, qu’il imposerait au public. —. Et voici que, maintenant, tout ce feu était mort. . Voici qu’il glissait au faire banal, insouciant, au tru- 1. de tant de ses confrères, naguère blâmés et mé- … prisés par lui! Voici, que comme eux, son esprit se dérit lâche, devant les problèmes trop graves; voici qu’il consentait à recommencer l’éternelle pièce ressasue | sée, aux silhouettes de convention, et que rajeunit une seule parure de surface !.., © 7 L. “ Mais il secoua les de N’était- il pas conduit impérieusement par la nécessité? Quand il aurait payé sa : : dette, fourni ses deux pièces à l’avidité de Sallus, il se- Li ipai libre de recommencer à travailler avec la conscience de jadis. A RE D Ne ne 1 ETS | L’après- midi passa vite pour lui, et ds attarda si bien Le * à la rédaction de la Lanterne T héatrale, où son succès é . du Théâtre-Moderne lui valaient un empressement, des flatteries chatouillantes, qu’il dut se rendre au théâtre cn sans prendre le temps de diner. | 7. — Bah! J'aurai de l'appétit pour le souper, pensa- 14 t- il, A affadi, d’ailleurs, par la bière ingurgitée se

RENCA

5 ie ÿ ô 4 x 7 À Re

4 AUTEL Co 10.

au Paris qui: pit et l’absinthe bue en ane. d | dacieurs de la Lanterne Théâtrale. + - Au Théâtre Moderne, il se garda de passer par les : no rouiéses et s'installa dans la salle comme un simple

spectateur, voulant surveiller le jeu de ses interprètes. Fo sans que ceux-ci se doutassent de sa présence. | ne Le premier acte le laissa indécis. Mais, au second, il Pers ’irrita. Là, dans les scènes de passion, Mady se mon-

trait nerveuse, inégale, tantôt d’une rigidité absurde, tan-. 5 ‘tôt exagérant l'émotion. Caula paraissait souffrir du jeu

de sa partenaire; et Robert, à deux reprises, distingua a parfaitement que le comédien adressait à la jeune femme

des observations dont elle ne tenait nul compte, les narines frémissantes, l'œil étrange, quelque chose de sin-

gulièrement crispé dans sa physionomie. LURNE DNS

A l’entr’acte, l’auteur se dressä, mécontent, RUE % en — Allons, il faut que Je lui parler. . Elle démolit la pièce.

at bans le couloir, il se buta à Guy de ie qui venait 1 à sa rencontre et s’ empara de son bras. 3 — Je t’enlève. Il y a là une femme qui veut absolu- : ment que tu lui sois présenté. SRE M D au refus de Robert agacé, il reprit avec viva- Va HS : à M — Mais, pas du tout, tu viendras !.… Cest madaine de. Mamers, une femme délicieuse, très dans le train! Oh!tu perdrais une occasion merveilleuse, à tous points de. d vue! Avec cela qu’elle est fort liée avec Mailly du Cher, rs le député... Mon petit, si tu couches avec elle, tu passes 4” une piéce à à l’'Odéon, la saison POGDEInES ettu es décoré SES 14 4 juillet !.… #04 Robert mollit et suivit He de son camarade. M Qu'est-ce que c’est que cette fémme-là?. ue ; eu mers ?.. À part la sous-préfecture, ça ne me dit rien... \.

He Ne rue le trajet du rez- ie chaussé à le mi «: e premières, Guy narra se OR ne “ : dr, ue Une provinciale élevée à Paris, dans un | milieu po- Me uitique et un peu rasta; la mère veuve, maitresse de Barbevier, l’ancien sous-secrétaire d’Etat; elle, la fille, très, Là jolie, demi-vierge dans/ acception la plus Le du terme, de. faisait la joie des bals officiels, mariée assez tard à une 4 bonne poire de province, un comte de Mamers, qui vit. dans ses terres, près de Loches, et qui, au grand déses- poir de Valentine, refuse obstinément d’ habiter Paris … l'hiver. Tout ce qu’elle obtient, c’est trois ou quatre peils congés par an, pendant lesquels elle s’installe à l’hôtel, à Pie, seule, et, alors, s’en donne tant qu ‘elle peut. | Castély demanda : — Jolie? | ii — Très excitante. Et puis, tu sais, avec elle, ça ne traine pas. Je te préviens qu'elle est très emballée sur io toi... Donc ne -toi aux pires conséquences... | = Ils arrivaient à la porte de la loge, qu ’une ouvreuse s’empressa de leur ouvrir. ‘4 4 ” LH Robert vit un homme en habit, debout, et deux fer mes assises, élégamment toilettées, qui causaient inde lemment. Le mari et la femme, mondains quelconques, lui parurent essentielle: ent négligeables, au lieu que ou lente de Mamers l’intéressa immédiatement. Hat __ Grande, bâtie avec une solide élégance dé femme de sport, elle devait avoir dépassé la trentaine, et offrait un singulier mélange de santé et de névrose en ses. traits. fins et contradictoires. Lèvres pleines et colorées de vo DA

ni luptueuse vigoureuse et saine, nez mince, aux narines

: __ convulsées parfois de tics, yeux énigmatiques, aux loin d ir L des. paupières léthargiques qui souvent se Soulevaient à

L avec vivacité et découvraient un regard d’une surpre- ne

nante intensité spirituelle ou sensuelle. : er. Robert ni LU SDpe du contraste des riches très dé- La

: ue était, duillauts Fe séduction rare. a ‘

elle avait, dans les termes, cette exagération ddultriee. We

OU sied à certaines, alors qu elle rend les autres gro-. de

* esques. en SALE sit Apres

La sonnette annonçant le troisième acte fit se lever Ro- une

hr Madame de Mamers posa vivement . main us son

© bras. RARE . Fa de a Restez ! LS ’écria- t-elle avec une ardeur qui fl invo-

- lontairement sourire le jeune homme.

Intelligente, elle surprit ce sourire, et se a elle dit à voix basse, d’un ton où se mélangeaient, de

açon tout à fait séduisante, unelégèrei ironie d’elle- -même, ie, et abandon d’un être vaincu par La volupté:

= + — Ehtbien, oui, j'ai envie de vous garder... je ne d | sais pas mentir. ‘e et puis, je nai pas le temps. de Dans son regard, Robert voyait distinctement éclore des pensées, non formulées. Il devinait, indulgent, la raison de la facilité de cette belle créature qui devait : contenter ses sens hâtivement, nouer et dénouer des liai- au sons entre le départ et l'arrivée des courts séjours. ie i En ce moment, il J'eût aimée fougueusement, sans bis l'ombre de ce vague mépris que l one ressent pour la femme qui s abandonne avec une RAnpHUse que la ilité se résérve. | CUS attendait à ce que l'aventure eût un Aéooment | É mplet et immédiat; aussi, lorsque, la pièce terminée, Fa ls se levèrent, il eut un réel désappointement quand ma dame de Mamers lui jeta à voix basse :| De Demain, je voudrais vous voir... Chez moi, c’est impossible. Mais, SÉE vous 7. vs Abe

. le ut un geste : one à ee à. MSIE SniSMArIe NI NL Le ne. RL De Et Hi . — Ah! fit-elle, un instant école EU ne ni . Puis, elle reprit, avec une désinvolture que, cette fois, Ve Castély ; jugea tout à fait « fille » : Se ne ae — Eh bien, chez Vriane.. . Je le préviendrai… De He main, à cinq heures, cela va ? | e AATACE Robert s’inclina : c ns Se We Demain, c’est entendu. é RS ER A À part lui, il se promettait de ne Dont se ns . au ue rendez- -vous, totalement désenchanté. IL eût accepté, avec “entrain le coup de folie ce même soir ; la partie sensuelle, nr - cyniquement arrangée pour le lendemain lui pra Ways dégoût irraisonné, on one de | se u En même temps, l’assurance de la dame à disposer | ‘comme chose à elle du logis de son ami l’éclairait tout à coup. Bien souvent, il s’était demandé comment Guy, dans sa situation précaire, pouvait conserver une instal- . lation relativement aussi luxueuse : : évidémment, il n° é- : à “tait pas seul à payer! à AA en it. 4 Cette nouvelle petite ignominie découverte sur un ca- ne . marade qu’il aimait e ne Re È ; |

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se he a un . sur ses hs et oo ‘agrafait rapidement le grand manteau de taffetas plissé 2 que l’habilleuse posait sur ses épaules. FA Elle eut une émotion en apercevant Robert.

— Ah, vous, enfin !... J’allais vous envoyer ! un à bleu, demain... J'ai à vous parler! fit ele d’une voix brève,

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