G.A.,t. II, p
4. Bibl. de l'Arsenal, Belles-Lettres, n° 7267, Réserve, p. 63. — Pierre Fabri, Grant art... t. Il, p. 69. Cf. Ch. Guéry, Guillaume Alexis, pp. 57- 58, note.
Il est vrai qu’au début de son Blason de faulses amours Alecis nous dit
J'ai la voix un peu casse Et si n'est pas bien accordant,
mais il dit cela comme excuse à un jeune « coquart » de gentilhomme qui voulait le faire chanter avec lui une « chançonnette de folle amour ».
Mais mieux encore qu’au « pipitre » ou au lutrin de chœur, mieux encore que sur les stalles semées de fleurs de lys de l'église, c'est à la bibliothèque de l'abbaye que Guillaume Alecis paraît s'être senti chez lui. Les signatures bellement paraphées dont il en a marqué certains volumes sont comme des prises de possession, humoristiques parfois, comme cette tête de hareng par laquelle il dessine en rebus son patronymique vrai !. Parfois aussi le nom est accompagné d'une date ?. Presque toujours Alecis a joint un ex-libris et on y lit aussi des vers de sa main. Ces menues marques sont curieuses puisqu'elles gardent à de vieux parchemins la chaleur des doigts d'un moine lettré du xv° siècle, mais elles sont précieuses aussi, car elles nous disent les prédilections de son esprit. Ainsi il n’est pas sans intérêt de retrouver la griffe d'Alecis sur des recueils de Cicéron, de Sénèque, de Quinte-Curce, d'Apulée, etc.3, Au reste, dans ce fonds de Lyre (où dominent naturellement Écritures, Sommes, Gloses et Hymnes), les classiques latins ont la part assez belle. Outre les ouvrages que nous nommons plus haut on y trouve Virgile, Horace, Ovide, Juvénal, Lucain, Perse. Or, à lire les œuvres d’Alecis, on s’aperçoit que cette « librairie » de Lyre, avec ses cases hospitalières aux anciens, n'a pas été seulement pour lui une bibliothèque mais une école.
Pourtant c’est une œuvre française, c'est un manuscrit du