‹ L'auteur de la farce de PathelinChapitre 31 sur 67 · Ms. 1128 de Rouen · texte numérisé non relu

Ms. 1128 de Rouen

GUILLAUME ALECIS L'HOMME 79

xiv* siècle, l'Advocacie Nostre-Dame, qui a été, suivant l'expression de son biographe, « le livre de chevet » d’Alecis. Car outre sa signature « il y a mis son empreinte un peu partout ! ». Il y a même écrit des vers. Ce ne sont pas les meilleurs qu'il ait faits, mais ils disent bien la douillette béatitude qu’il éprouvait dans sa « librairie », dans sa « maison » :

Homme vivant selon raison Considéré le temps qui court Est plus eureux en sa maison

Que les grands qui vivent en court.

Alecis

Quant au manuscrit en marge duquel Guillaume Alecis a écrit ces vers, nous aurons bientôt à dire l'intérêt qu'il présente pour la genèse de Pathelin.

Mais ce n’est pas seulement notre moine, c’est toute la vieille abbaye que nous confessent ces « graffiti » inscrits au long des siècles sur les manuscrits de la bibliothèque de Lyre. Allusions d'actualité, brocards satiriques, plaisanteries d’écolâtres, tout cela nous dit que ces clercs regardaient vers la vie et la rue à travers les vitres lamellées de plomb de leur « librairie ». Au xv* siècle surtout, 1ls regardaient même bien ailleurs si nous en croyons les virulentes dénonciations d’Alecis lui-même sur leurs mauvaises mœurs ?. C'est une main de cette époque qui, jusque sur le grave Rituale Lirense, a tracé cette goliardise :

Candidior stellä me diligit una puella, Non est in villä que sit formiosor instä.

A quoi une autre plume riposte comme grondeuse :

Bien doit mourir de male mort Qui difame autrui à tort 5.

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