‹ L'authenticitë mosaïque du PentateuqueChapitre 114 sur 166 · II. Les sacrifices · texte numérisé non relu

II. Les sacrifices

On no voit nulle part, avant la captivité, les sacrifices offerts selon le rituel minutieux du Lévitique. On en offrait, sans doute, mais librement, et simplement pour honorer Dieu et se le rendre favorable ; on ne se préoccupait pas de savoir quelle victime devait être immolée, quand, où, par qui et comment elle devait être offerte. La raison en est que le code sacerdotal n'existait pas encore. — Si les livres hisloriquos relatent l'offrande dos sacrifices, sans décrire le rituel usité, on ne peut conclure de leur silence que les rites n'étaient pas imposés ni observés. Ce

1. Examen crilique de l' histoire du sanctuaire de l'arche, Louvain, i8ç)j, t. I (seul paru).

2. A'oir Dictionnaire de la Bible, art. Hauts-lieux, t. m, col. 45a- 457. Cf. likUitrie, ibid., co\. 811-812.

rituel était connu et pratiqué ; les historiens n'enregistraient que les faits et ne décrivaient pas les rites. D'ailleurs, si les prophètes les plus anciens, Amos et Osée, protestent si énergiqucmcnt contre le formalisme excessif des pratiques rituelles de leur temps et prêchent le culte en esprit et en vérité, c'est une preuve péremptoii'e que les rites existaient, puisque les prêtres et le peuple y attachaient plus d'importance qu'aux dispositions intérieures. Amos, V, 25, 26, ne reproche peut-être aux Israélites que leur désobéissance et leur révolte dans le désert pendant 38 ans. Jérémie, vin, 21-28, loin de nier l'existence de la loi sur les sacrifices, insiste, par un contraste saisissant, sur l'oblisation d'obéir à Dieu et d'être fidèle à l'alliance contractée avec le Seigneur au désert.

Le code sacerdotal, dit-on encore, distingue pour la première fois quatre espèces de sacrifices : l'holocauste, 'd/«A, le sacrifice pour le péché, hatlat, le sacrifice pour le délit, 'âsam, et le sacrifice pacifique, sélem. — L'holocauste cl le sacrifice pacifique ont toujours été en usage ; tous les codes les imposent et les livres historiques attestent leur pratique continuelle ^ . Ezéchiel n'est pas le premier à parler du sacrifice pour le péché, el on rencontre la mention du sacrifice pour le délit avant la date attribuée au code sacerdotal. Osée, IV, 8, et Michée, vi, 7, nomment expressément le hattat, mentionné aussi, Ps. xxxix (xl), 7. C'est le nom technique de ce sacrifice et manger le hattat signifie clairement manger les victimes offertes pour le péché. L'idée en était déjà exprimée bien auparavant, I Sam., m, i4. Le sacrifice pour le délit, 'asam, n'est pas toujours nettement distingué du précédent. Il l'est

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