I. A. Loisy, Etudes bibliques, p
ne se sont pas crus liés par son enseignement implicite.
La question de l'authenticité mosaïque du Pentateuque est donc libre au point de vue de la foi. « Admettons par hypothèse, par simple hypothèse, a-t-on écrit encore \ que Moïse n'ait écrit que ce que Dieu lui a dit de consigner dans le livre, qu'il n'ait écrit que la partie la jilus ancienne de la législation et du rituel, que le Deutéronome ait été composé sous Manassé, le Lévitique compilé après le retour de la captivité, le Pcntateuque rédigé dans sa forme actuelle sous les Juges, sous Salomon, vers la fin de la monarchie, ou môme sous Esdras, notre foi serait-elle en péril? Nullement, car, le rédacteur définitif étant inspiré comme l'auteur du deuxième livre des Machabées, comme saint Luc, Il ne nous dit que ce que Dieu a voulu dire ; et l'on sait que Dieu ne trompe pas. » S'il en était ainsi, les exégètes catholiques seraient en droit d'adopter les conclusions de la critique moderne sur la composition du Pentateuque, quils croiraient fondées et démontrées.
Que penser de ce sentiment ? Un particulier, réduit à ses seules lumières, pourrait hésiter à émettre son avis, et refuser de trancher le débat. Mais, appuyé sur la décision de la Commission biblicjuc, il peut s'enhardir et présenter des conclusions fermes. En effet, sans appliquer de note théologique à la thèse négative de l'authenticité mosaïque du Pentateuque (ce qui n'est pas de son rôle), la Commission biblique, en maintenant la thèse traditionnelle à rencontre des hypothèses opposées, a bien montré qu'elle ne regardait pas la question de l'origine littéraire du Pentateuque comme une question libre dans l'Église catholique, puisque les arguments accumulés