‹ L'authenticitë mosaïque du PentateuqueChapitre 52 sur 166 · I. Cf. F. de Iluinnielauer, Jo^jiie, Paris, 190.3, p. 57-Go · texte numérisé non relu

I. Cf. F. de Iluinnielauer, Jo^jiie, Paris, 190.3, p. 57-Go

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ment divin, la marche d'Israël, la conquête de la partie orientale du pays de Chanaan et le choix de Josuc, i, 6iii, 39. L'exhortation, iv, i-/io, repose sur ces faits et sur la sortie d'Egvpte. L'introduction historique, iv, 47- A9, relate encore les victoires sur Og et Séhon et la conquête de la contrée située à lest du Jourdain. L'aperçu historique, donné, ix, 'j-x, Ix, rappelle le séjour aux pieds de riloreb, le Décalogue donné à Moïse, l'idolâtrie du peuple, la colère de Moïse et les nouvelles tables du Décalogue. On a signalé notamment trois détails nouveaux : le nombre des douze espions envoyés au pays de Chanaan, I, 23 ; les 70 personnes qui sont entrées en Egypte, x, 22; la matière dont l'arche était façonnée, le bois de sittim, x, 1,3. Ils étaient peut-être mentionnés dans des fragments perdus de l'histoire élohiste ou jéhoviste. 2" Pour la législation. — Le Deutéronome n'impose pas une législation nouvelle. C'est à la fois une exhortation à pratiquer fidèlement la législation donnée par Dieu au Sinaï ou à l'IIoreb, iv, 9-1 5, à garder l'alliance contractée avec Dieu et à observer le Décalogue, v, 1-33, et un code, s'inspirant du livre de l'alliance ou du Décalogue jéhoviste, xii, 1-27 ; cf. Exod., xx, 24 ; xii, 29-33, cf. Exod., XXIII, 24; XXXIV, 12, i5; xiv, 21, cf. Exod., XXII, 3o; xxiii, 196; xxxiv, 2G6; xv, I-II, cf. Exod., XXIII, 10 sq. ; xv, 12-18, cf. Exod., xxi, 2-11 ; XV, 19-23, cf. Exod., XXII, 29; xxxiv, 19; xvi, 1-17,

cf. Exod., XXIII, 14-17; XXXIV, 18, 206, 22-25; XVI, I9,

20, cf. Exod., XXIII, 1-3, 6-8; wii, 2-7, cf. Exod.,xxii, 19; xviii, 106-11, cf. Exod., XXII, 17; XIX, i-i3, cf. Exod., XXI, i2-i4; XIX, i5-2i, cf. Exod., xxiii. i ; xxi, 18-21, cf. Exod., XXI, i5, 17; XXII, 1-4, cf. Exod., xxiu, 4, 5; xxii, 28, cf. Exod., xxu, i5; xxni, 20, cf. Exod., XXII, 24; XXIV, 6, 10- 13, cf. Exod., xxu, 26; xxiv, 7.

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cf. Exod.. XM. iG; xxiv, i-, cf. Exod., xxii. 20-33; XXIII. 9. Mais le code dcutéronomique ne se borne pas à rappeler cf promulguer de nouveau les lois antérieures ; il les développe, en tire des conséquences et y ajoute des dispositions nouvelles. La législation précédente autorisait la pluralité des autels; le Deutéronome. xii, 1-28. combat les anciens lieux de culle et présente l'unité do sanctuaire comme un but à atteindre, comme un progrès à réaliser. Il interdit les incisions sur le corps en signe de deuil, xiv, i, 2, la manducation des animaux impurs, XIV, 3-20. La défense de manger des bêles mortes, xiv, 21. est répétée d'Exod., xxii, 3i ; mais on autorise à les donner ou à les vendre aux étrangers. L'année sabbatique est rendue obligatoire, xv, i-i i . La loi sur les esclaves bébreux, Exod., xxi, 2-G, est modifiée, xv, 12-18. Les trois grandes fêtes annuelles, xvi, 1-17, doivent être célébrées au sanctuaire unique; leur caractère est différent : ce sont des fêtes de joie, de reconnaissance et de charité fraternelle; la troisième a un nom nouveau. Les lois sur les premiers-nés sont précisées, xv, 19-23, ainsi que celles des prémices, xxvi, i, 2, etdes dîmes, xxvi, 12. Le Deutéronome mentionne fréquemment les prêtres et les lévites, dont ne parlait pas le livre de l'alliance. Il établit leurs droits, xviii, 1-8, mais il ne reconnaît pas de distinction hiérarchique entre eux; il distingue seulement, f. 7, le lévite qui habite dans le pays de celui qui est attaché au service du sanctuaire unique. Il ignore le grand-prêtre. De plus, le lévite de la première catégorie est ordinairement classé avec la veuve, l'orphelin, l'indigent et l'étranger pour recevoir les largesses du pieux Israélite. En dehors du sanctuaire, les lévites n'avaient donc pas encore de revenus fixes. On pourrait signaler toute une série de dispositions nouvelles : l'ordre de ne pas

laisser fléchir le droit, xvi. 19. 20; la défense de planter des arbres sacrés et de faire des statues, xvi, 21, 22; le précepte de ne sacrifier que des animaux sans défaut, XVII, I ; l'interdiction du culte de Moloch, de la magie et des devins, xviii, 10, 1 1 ; l'établissement des lieux d'asile pour les meurtriers, xix, i-i3; les mesures prises contre les faux témoins, xix, i5-2i, les mauvais fils, XXI, 18-21 : la prohibition des mélanges disparates, xxii, f)-ii ; de l'adultère et des unions illicites, xxii, 22-2-, 00; du prêt à intérêt, xxiii, 20; la justice envers les ouvriers, les étrangers, les veuves et les orphelins, xxiv, lA. 17; la loi sur le glanage, xxiv, 19-22; l'emploi de poids justes, xxv, i3-i6.

Il faut noter enfin le caractère propre de la législation deutéronomique. C'est un code populaire, et non pas sacerdotal ; il ne s'adresse pas aux prêtres et il contient peu de prescriptions rituelles. Il est fait pour le peuple Israélite, établi au pays de Chanaan. Toutefois, ce n'est pas un code civil et politique complet ; il n enseigne pas aux particuliers tous leurs devoirs, et sauf ce qui concerne les animaux impurs, il ne donne pas de prescriptions détaillées. 11 apprend seulement aux Israélites quels sont leurs devoirs ordinaires et la manière générale dont ils doivent célébrer les fêtes, accomplir les sacrifices, etc. Au sujet de la lèpre, il se borne à renvover aux prêtres qui ont reçu des ordres particuliers, xxiv, 8, Même pour les devoirs de la famille et de la vie domestique, il ne donne que des règles générales et ne traite que des cas les plus usuels et les plus fréquents. Pour l'administration de la justice, il se borne à dire qu'elle doit être impartiale et pas vénale, xvi, 18-20. Il détermine la place du prophète dans la société Israélite, xiii. i-G: xviii, 9- 22. II indique comment la monarchie pourrait être ins-

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liliK'C sans être en conlradiclion avec les principes de la lliôocralie. Pas plus que le code d'IIammourabi, il n'est ni systématisé ni logiquement ordonné. On l'a diversement divisé ^ Enfin, comme le Deutéronome tout entier, sa législation présente un caractère essentiellement moral et religieux.

3° Pour la religion et la morale. — Le Deutéronome, dans toutes ses parties, et c'est son caractère prédominant, tend à un idéal religieux très élevé. Il professe le monothéisme le plus absolu, et ses déclarations sont très formelles à ce sujet, vi, 4; x, 17. La défense de l'idolâtrie, si souvent répétée, découle de l'unité de Dieu, iv, 19; xii, 2, 3. 11 faut adorer Dieu seul, X, 20, sans images extérieures et dans un sanctuaire unique. Jalivé, d'ailleurs, est le maître du monde entier; il règle le sort des autres nations aussi bien que celui d'Israël, ix, i4- Il a pouvoir sur la matière et il fait des prodiges qui témoignent de sa toute-puissance. 11 est spirituel et n'a pas de forme sensible. Aussi ne s'est-il pas montré au peuple face à face ; il s'est manifesté seulement au milieu des éclairs et du tonnerre et a fait entendre sa voix, iv, 12. Ses desseins ne changent pas; il tient les promesses qu'il a faites aux patriarches et c'est pourquoi il donnera aux Israélites la possession du pays de Clianaan. Il garde fidèlement l'alliance contractée avec son peuple et il accordera ses faveurs à ceux qui l'aiment jusqu'à mille générations, vu, 9. 11 tient sa parole même à l'égard des étrangers ; aussi défend-il aux Israélites de conquérir l'Idumée, qu'il a donnée aux fils d'Ésaù, 11, 5. Ce Dieu universel a cependant des rapports

I . Cf. VVellliausen, Die Composition des Hexateuchs, p. 2o3 ; Ilolziaj^er, Einltilunfj in den Ile.raleuch, p. 2()i-2()2 ; Weslphal, Les sources^ du Pentaleu({ue, t. 11, p. 38-3().

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particuliers avec Israël, qui est son peuple clioisi, vu, G; Mv, 2; son peuple particulier, xxvi, 18. Dans le désert, Jalivé a porte son peuple comme un père porte son fils, I, 3i ; il l'a instruit comme un père instruit son fils, VIII, 5. Les Israélites sont donc les enfants de Dieu, xiv, I. Il aimait déjà leurs ancêtres; il les aime eux-mêmes, IV, 3-; VII, 8; XXIII, 6. Il a choisi son peuple par amour, VII, 7, 8. Ce n'est donc pas pour sa justice propre, puisqu'il a été infidèle à son Dieu, ix, G-3^; c'est par fidélité à sa parole que Dieu a mis Israël en possession de Ciianaan, ix, (x, 5. L'amour et la fidélité sont donc les seuls motifs de sa conduite envers lui, vu, 8. En retour, Israël doit se montrer reconnaissant envers Dieu, et aimer celui qui l'aime. L'insistance à tirer cette conclusion est propre au Deutéronome, vi, 5; x, 12; xi, i, i3, 22; xiii, 4; XIX, 9; XXX, 6, iG, 20. Les relations spéciales de Jalivé avec Israël et d'Israël avec Jalivé résultent d'une alliance, conclue avec les patriarches, iv, 3i ; vu. 12 ; vui, 18, et renouvelée à l'IIoreb et au pays de Moab, v, 2 sq. ; i\, 9; XXIX, I. Israël doit se confier à Dieu seul et ne pas recourir aux devins, xviii, 9-i4» S'il estfidèleà l'alliance. Dieu le protégera ; s'il est infidèle. Dieu le châtiera, xi, 2G-28. C'est pourquoi il doit obéir aux volontés divines. Cette obéissance attirera sur lui la bénédiction de Dieu, xiv, 20; XV, [\, 10; XVI, 10, i5, etc., et une longue vie sur la terre, iv, 4o; v, 3o; vi, 2; xi, 9, etc. L'observation des préceptes de Jalivé ne doit pas avoir Heu par crainte, mais par amour, vi, 5; x, 12, etc. L'amour de Dieu comme motif de la conduite humaine caractérise la morale du Deutéronome. D'ailleurs, l'observation de la loi divine est facile. La volonté de Dieu est connue de l'Israélite; elle n'est pas au-dessus de ses forces; il n'a qu'à pratiquer les ordonnances qui lui sont manifestées.

Le Deuléronome lui-même est le statut, fixé par Dieu; il faut l'apprendre pour son propre compte et l'enseigner aux enfants pour le suivre. Cet élément pédagogique est à noter. Le peuple tout entier est un peuple saint, vu, 6; XIV, 2; XXVI, ig, à cause de ses relations avec Dieu et de sa fin spéciale. Il doit conserver sa sainteté et s'astreindre à des observances particulières de pureté, même extérieure, xiv, i, 3-3i ; xxiii, io-i3. A cette morale si relevée, à celte sainteté légale, il faut associer ce qu'on a appelé les ordonnances humanitaires du Dcutéronome. Ce code recommande souvent la bienfaisance pour ceux qui sont dans le besoin, pour la veuve, l'orphelin, le pauvre, le lévite et même l'étranger, xii, 13, 18, 19; XIV, 27-29; XVI, II, i4; XXIV, i-j, iQ-22; XXVI, II sq., pour l'esclave lui-même, xv, i3 sq. ; xxiii, 16 sq. Cette bienfaisance doit spécialement se manifester aux trois fêtes annuelles. Durant l'année sabbatique, les produits spontanés du sol sont abandonnés aux pauvres. Le motif de cette compassion est le souvenir de la captivité d'Israël en Egypte, v, i4, i5. On recommande la patience et l'équité, XX, o-ii. 19; xxi, lo-i^, 17; xxii, 8; xxiii, 25, 2G; XXIV, 5, G, iG, 19-22; XXV, 3; l'humanité à l'égard des animaux eux-mêmes, xxii, 7; x\v, 4- Lne seule exception est pour les idolâtres, qu'on ne doit pas tolérer en Israël, xvii, 2-7. C'est par crainte de la contagion idclàlri([ue que les tribus chananéennes de la Palestine durent être exterminées, vu, 1-5, iG.

Cependant cette doctrine monothéiste et cette morale si spiritualiste s'associent avec les actes rituels, tels que les sacrifices, l'ollrande des prémices, des premiers-nés et des dîmes, et avec les observances extérieures du culte, XVI, A; XVII, i, ou de la vie ordinaire : défense de manger du sang, XII, 16, 23; xv, 23; nœuds aux franges du

manteau, xxii, 12; laccomplissement des vœux, xxiii, 22-24- Le deutéronomiste conservait donc les institutions anciennes, en les purifiant, et conciliait l'amour de Dieu avecla pratique extérieure de la religion. Il unissait les idées religieuses des prophète5 au culte populaire, aux fêtes et aux sacrifices.

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