‹ L'authenticitë mosaïque du PentateuqueChapitre 68 sur 166 · Journal of Pliilolofiy, t. n, p. aoi-aSG · texte numérisé non relu

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mules techniques et les expressions slcréotvpées des âges antérieurs; tous deux, quand ils introduisaient des désignations nouvelles, leur donnaient une forme ancienne '. Nonobstant ces remarques, Holzinger - estime que la langue de P favorise l'opinion graficnne, dont il est un des plus chauds partisans. Il semble plus juste de conclure avec Westphal ^ : « L'étude de la langue du code sacerdotal nous apprend comment son auteur écrivait, mais non la date de son livre. »

Les deux premiers arguments précédents prouveraient seulement que le code sacerdotal est postérieur à Ezéchiel: ils ne suffisent pas à fixer d'une façon précise la date de ce code, et il reste à se demander s'il a été rédigé, au moins Pg, pendant la captivité ou seulement après le retour des exilés en Palestine. Les tenants de l'opinion grafienne ont adopté cette dernière conclusion. Le contenu du document leur fournit une première série d'arguments. Ils relèvent d'abord des idées qui, à leur jugement, ne peuvent s'être produites au jour qu'après le retour de la captivité. Celle que l'image de Dieu en l'homme n'a pas été perdue par le péché, Gen., I, 37: V, i; IX, 6, doit réellement provenir des efTorts convulsifs du judaïsme des derniers temps pour contester le rapport établi entre la faute des pères et le malheur des fils. La chronologie svstématique des livres historiques n'a commencé que pendant l'exil par imitation des listes chronologiques des rois d'Assyrie et de Babylonle. Celle du Pcntateuque est postérieure, car on a transporté le procédé de l'histoire des rois à celle des patriarches, et Oppert a démontré (jtie la chronologie

I. Cf. Driver. Ëinleilang, p. liâ-i/iG, iGS-170. a. Ëinleilang in den liexaUuch, p. 456-46G. 3. Les sources du Peulateuque, t. 11, p. 327.

de la Genèse n'est qu'une réduction systématique de la chronologie babylonienne des origines. De même, l'indication précise des dates d'après l'année, le mois et le jour commence avec Ezcchicl, Aggée et Zacliarie. Le code l'applique à l'époque de Moïse et il désigne les mois, non par leurs anciens noms, mais par leur numéro d'ordre, Exod., \u, 18; Lev., xxiu; ?sum., x, 11, etc., désignation Inaugurée par Jérémie, dans les dernières parties de son livre. Elle se rattache au système qui fait débuter l'année au printemps, Exod., xii, 3, et qui vient de la Babylonie. Les Israélites ont fait cet emprunt aux Babyloniens pendant la captivité. Le soin que les patriarches prennent de garder la pureté de leur sang par des mariages dans leur famille correspond à la défense des mariages avec les païens portée par Esdras, II Esd., X, 3i. La promesse faite par Dieu aux patriarches que des rois sortiraient d'eux, Gen., XVII, 6, 16; xxxv, 11, ne suppose pas la royauté existante en Israël ; c'est seulement un souvenir d'une brillante institution du passé, mêlé à quelque espérance messianique. Or ce n'est qu'après l'exil qu'on put se souvenir avantageusement de la royauté israélitc, qui avait plutôt laissé dans l'histoire un mauvais renom. Le Deutéronome, en efTet, jugeait sévèrement les rois, xvii, i/(-30, et le rédacteur dcutéronomistc dos livres de Samuel et des Rois apprécie défavorablement le règne de la plupart des rois. La misère extrême de l'exil avait fait oublier les misères moindres de la royauté. Tandis que les espions, dans la tradition jéhoviste et élohiste, rapportent de Chanaan des spécimens de la richesse de ce bon pays, ils déclarent, selon la rédaction du code sacerdotal, que la Terre promise ne vaut pas la peine d'être conquise, Num., xui, 32. Ce jugement n'était vrai que pour l'époque

(l'Aggce et do Zacliaric, d'Esdras et de JNéliémie, pour qui la Palestine n'avait de valeur que sous le rapport de la foi. Mais la législation religieuse du code, comparée à celle d'Ézécliiel, prouve surtout qu'elle a été rédigée après le retour de la captivité. Ezéchiel dressait un programme d'avenir, et ses lois n'étaient applicables qu'après la restauration. Pour le code, la restauration est un fait accompli, et ses dispositions sur la concentration du culte, la condition dos lévites et des prêtres, visent une situation réelle. C'est pourquoi les lévites et les ministres inférieurs du Temple mettent si peu d'empressement à revenir de Babylonie, I Esd., vni, i5-2o; ils avaient peu à attendre de la position nouvelle qui leur était faite. Les revenus des prêtres et les redevances du culte ne pouvaient être prélevés que dans une société, n'ayant pas à payer d'impôt civil. Le grand-prêtre, tel qu'il est institué, n'aurait pu exercer son autorité suprême à côté d'un roi. En l'absence d'un roi, il ne pouvait même pas être placé à la tête d'une société politique; son rôle ne s'explique que dans une société religieuse, une niv telle qu'Israël est décrit et nommé dans Pg. Le code ne suppose plus l'existence des prophètes, regardés par le Deutéronomc, xviii, 9-22, comme les guides du peuple; le grand-prêtre seul rend dos oracles par l'ùrim et le thummlm. Or, après Esdras, il n'y a plus de prophète; l'apocalyptique de Joël et de Daniel est toute différente dos écrits prophétiques. D'après les récits de Pg, les anciens patriarches n'offraient pas de sacrifices; le sabbat cependant était censé observé depuis la création de l'homme, Exod., xvi, 32, 28; après le déluge, Dieu avait expressément interdit de manger le sang et il avait imposé la circoncision à Abraham et à toute sa race. Or, l'absence de sacrifice, la célébration du sabbat, l'abs-

tlncnce du sang et la pratique de la circoncision répondaient bien aux observances religieuses que les Israélites pouvaient accomplir hors de la Palestine. Ce petit nombre de préceptes étaient fidèlement suivis, et les captifs en faisaient le signe de leur alliance avec Dieu. La circoncision notamment distinguait le juif du nonjuif et avait pris im caractère religieux. Tous ces indices réunis tendent à faire reporter le code à la fin de la captivité et après le retour des Juifs en Palestine. La législation religieuse en particulier n'a été rédigée qu'en vue d'une restauration prochainement espérée et déjà commencée, par conséquent vers la fin de l'exil ou même après, et, dans ce dernier cas, entre 537 ^^ 458.

Cette conclusion devient pour les grafiens une certilude, lorsqu'ils comparent le code avec les livres postérieurs au retour de la captivité. L'oracle d'Aggée, ii, ii-iS, ne se comprend que si la disposition relative au contact d'un cadavre, \um., xix, 1 1, n'est pas prise encore. D'ailleius, le même prophète, ii, 5, ne fait pas allusion à Exod., XXIX, Zi5, /|G; il n'y a qu'une ressemblance d'expressions; le fond est différent. Zacharie ne connaît pour le septième mois que le jeune, établi en commémoraison du meurtre de Godolias, vu, 5; viii, 19; il ignore donc le jour du grand-pardon. Sa description du candélabre, iv, 3, répond bien au candélabre, Exod., xxv, 3i-4o; mais les termes employés .sont différents. Malacliie, contemporain d'Esdras, est animé de l'esprit du code; ce qu'il dit de la pureté des victimes, i, 7, i^, est conforme à Lev., xxii, 20-:25, et l'obligation, qu'il rappelle, ni, 8-10, d'apporter toutes les dîmes dans le trésor du Temple, est fondé sur Num., xvui, 21-02. D'ailleurs, Esdcas luimême, en revenant à Jérusalem en f.\l)S, apportait la loi de Dieu, I Esd., vn, iZj. Or cette loi de Dieu, selon les

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graficns, n'est pas le Pentatcuque; c'était seulement le code sacerdotal, ou mieux l'écrit fondamental, Pg. Cela résulte, prétendent-ils, du récit de la promulgation officielle qui en fut faite, le premier jour du septième mois de l'an 444? un siècle environ après la fin de la captivité. Esdras, dont cette loi était la propriété privée, bien qu'elle fût destinée à Israël, révmit le peuple pour la lui lire. Il Esd., viii, i-8. A cette lecture, les Israélites, comme les contemporains de Josias à la découverte du Deuléronome, pleuraient, alors qu'ils auraient dû plutôt se réjouir, 9-13. Le lendemain, on continua la lecture et on lut l'ordonnance relative à la fête des tabernacles, i3i5, qui fût observée pour la première fois de cette manière pendant buit jours, 16-18, durant lesquels on poursuivit la lecture commencée. Le 24° jour du même mois, on fit quatre lectures dans le volume de la loi, et on célébra l'alliance avec Dieu conformément au rite, décrit dans ce livre, II Esd., ix, i-x, 89. De cette description, Reuss, Kuenen, Stade, Cornill et Ilolzinger concluent que le livre lu n'était pas le Pentateuque, mais seulement l'écrit fondamental Pg combiné avec Pli. Autant qu'on peut en juger par le récit qui est obscur, Esdras lisait le livre dans sa teneur entière, et non par morceaux choisis. S'il en est ainsi, il n'a pu lire le premier jour toute la Genèse, l'Exode et une partie du Lévitique, puisque les lévites expliquaient le texte. D'autre part, l'affliction du peuple ne s'explique pas, si on lui lit l'histoire de ses ancêtres; elle ne se comprend que par suite de la différence constatée entre les prati(jucs de l'époque et la législation mosaïque promulguée. Quoi qu'il en soit, le second jour, on lut Lcv., xxiii. N'en faut-il pas conclure qu'on n'avait pas lu la veille tout le grand morceau, Gen., i-Lev., xxm? La lecture devait être lente. Il est

donc plus vraisemblable qu'Esdras n'avait apporte de Babylonie et ne lisait que P, formé alors de Pg et de Ph. Mais cette loi alors promulguée était inconnue auparavant. N'enrésulte-t-il pas qu'elle était rédigée depuis peu de temps? Pg avait été composé au plus tôt à la fin de la captivité et en Babylonie entre 000 et libo, selon Wildeboer. 11 avait été combiné avec Ph, entre ^75 et Zi58 à peu près, et en Babylonie encore, d'après Ruenen et Holzinger ; entre Z|58 et 444, mais en Palestine, selon Stade, ou même après 444, selon Rcuss. On suppose qu'Esdras a pris part à l'élaboration de Pg; il n'en est pas l'auteur unique. Le code, en eilet, représente plutôt le travail d'uneécole,etKuenen pensait même qu'il avait passé par deux stades de rédaction, mais pour une raison insuffisante, parce qu'il croyait avoir remarqué dans le récit de la création un indice de huit jours de travail divin.

Pour des raisons que nous exposerons plus loin , d'autres critiques pensent que le livre de la Loi promulgué par Esdras était, non pas le code sacerdotal seul, mais le Pentateuque, formé de la combinaison de J E D P. C'est pourquoi ils estiment que le code isolé est antérieur à la date fixée par les grafiens et qu'il a été rédigé après Ézéchiel, mais avant le retour des premiers captifs, par conséquent avant 530. C'est l'opinion de Kônig, de Driver et de VVestphal.

Toutefois, d'autres critiques ont cherché à établir que le code sacerdotal remonte à l'époque antérieure à la captivité, tout en reconnaissant que des additions y avaientélé faites pendant et après l'exil. Nôldeke ' rapportait le code à la première partie de l'époque des Rois, après Salomon et la séparation des deux royaumes.

I. Untersuchungen zur Kritik des A. T., 1867; cf. Histoire littéraire de TA. T., p. .V3.

Toutes ses ordonnances supposent que le Temple existe depuis longtemps. D'autre part, Amos et Osée citent le code, qui par suite a été rédigé entre gSoetSoo. R. Kittel ' place la composition de P entre le x° siècle et Jérémie. A. Dillmann- tient P comme antérieur à D. Il fixe sa date vers 800 avant Jésus-Christ, en s'appuyant sur la partie historique du document. Puisque l'auteur ignore les sanctuaires de la campagne et qu'il fait d'Hcbron le théâtre de la vie des patriarches, il en résulte qu'il était judéen, bien mieux un prêtre du sanctuaire central de Jérusalem. Il écrivait sous la royauté, dont il répète la promesse, mais pas au début, puisque le Temple a supplanté déjà les sanctuaires locaux et que les cérémonies et les institutions qui s'y rattachent sont assez anciennes pour pouvoir être attribuées à Moïse. Le sacerdoce, si nombreux qu'il occupe treize villes, Jos., xxi, iS-ig, est si ancien qu'il est dit éternel, Num., xxv, io-i3. D'autre part, P est postérieur à E ; il est donc de la première moitié du ix' siècle. Les ordonnances du culte pouvaient à cette époque être aussi développées qu'elles le sont dans P. La hiérarchie existait déjà. Toutefois, Dillmann, pour expliquer le silence des écrits contemporains, concède que le code, écrit privé, n'était pas observé dans tous ses détails au Temple de Jérusalem ; il répondait à une situation idéale et exposait les conséquences qui découlaient des pratiques rituelles, usitées à Jérusalem. Franz Dclilzscli ^ regardait aussi le code sacerdotal comme

I . Die neueste Wendang der penlateuchischen Frage, dans Theologische Studien ans Wurtemberg, 1881, t. 11; 1882, t. m; Geschichte der Hehriïer, i888, t. i.

a. Ueber die Composition des Ilexateuch, dans Die Bûcher Numeri, Deuteronomium und Josua, 1886.

3. Pentalenchkriiische Studien, dans Zeilschrifl fur kirkhsche Wissenschafl und kirkiisclies Lebens, 1880, t. i.

antérieur à Tcxil. Le comle de Baudissin ^ place sa composition vers la première moitié du vu" siècle.

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