I. Cf. F. de Ilummelaucr, Deuleronomium, p. gô-ioi
retouches postérieures à la séparation des livres et introduites dans l'intention d'archaïser. La mention des anciens de Madian, Num.,xxii, 4. 7. aurait été faite après la rédaction définitive, à laquelle on doit ]Num., xxv, 16- 18, puisqu'elle cadre avec ce récit. Les Paralipomènes citent comme faisant partie de la loi mosaïque des morceaux secondaires de P: 11 Par., xxiv, 6-9, mentionnent Exod., XXX, i3: II Par., xxxi, 6, Lev., xxvii, 3a, 33, passai:cs ajoutés peut-être au v' siècle. D'autres additions ont pu se produire au iv' siècle, notamment celle de Num. , XXIV, 20-24, carie y. 2^ fait clairement allusion à la puissance macédonienne. Quelques critiques descendent même jusqu'au m'. Après la traduction des Septante, le texte hébreu a été retouché encore et glosé. Comparer Exod., xxxv-xL, dans les deux textes. Il y a, Deut., i, Sga, une addition caractéristique qui manque dans les Septante. Quelques passages ont même été rédigés à cette époque, par exemple Gen., xlvii, 4-6, dont le texte hébraïque présente une rédaction différente de celle des Septante. « C'étaient les dernières convulsions avant la raideur cadavérique du texte. »
ARTICLE CINQUIÈME Opinion de Dillmann sur la rédaction du Pentateuque.
Dlllmann admet, lui aussi, trois stades de rédaction ; mais ils dlETèrcnt de ceux que nous venons d'exposer. Selon lui, les documents ont été réunis dans l'ordre suivant : 1° Pg E J ; 2" Pg E J D; 3° Pg E J D Ph.
§ I . Pg E J
Ces trois documents ont été groupés d'un seul coup, et il n'est pas nécessaire de supposer la combinaison préalable JE. J, en elTet, a été composé d'après E; aussi ces deux sources de même famille ont pu aisément s'unir directement à Pg. Il y a, du reste, des passages, Gen., VI, 9-IX, 17; xin ; xvi ; xxxiv; Exod., vu, 26-vni, II ; Num., XXXIII, 5o-56, danslesquels Pg est si étroitement uni à J et à E qu'on ne peut que difficilement en discerner les éléments. Le rédacteur, en harmonisant les récits de J et de E, emploie parfois les expressions de Pg, ou les modifie légèrement d'après la même source. Selon Dillmann, le code sacerdotal, dans sa forme originale, est certainement de l'époque de la royauté; l'élohiste est antérieur au vu" siècle, et le jélioviste, du temps des grands prophètes. Leur combinaison a pu avoir lieu entre 700 environ et la composition du Deuléronome, ou après celle-ci, s'il est démontré que son auteur a connu D, donc 20 ou 3o ans avant la captivité. Il n'y a pas de raison d'aller au delà, car ce premier écrit ne contient aucune allusion à l'exil.
S 2. — rg E J D
Peu de temps après, au cours de la captivité, D a été complété par Pg E J, car c'est la tradition de D qui, à partir de Num., xxi, est adoptée au sujet de la conquête des provinces situées à l'est du Jourdain. On y transporte Deut., i, G-iv, l^o. La législation reçoit alors un titre spécial, iv, l\l\-lig. Le rédacteur ajoute encore aux Nombres le récit propre de D sur la conquête de Basan.
PgE J est donc corriijé d'après D. Le code deutéronomiste n'est pas touche. Le travail du rédacteur recommence à partir de Deut., xxvii, i, et se poursuit spécialement dans le livre de Josué. Le rédacteur a compose Deut., IV, 23-3i ; XXIX, 21-xxx, 10.
S 3. — pg E j D ph
Durant la captivité, encore, les restes de la tradition sur le culte ont été recueillis et, entre 536 et 444, le document Pli,et lesloisapparentéesont étéajoutésàPg E J D. Ces additions ont nécessité des modifications de forme dans le recueil précédent. On n'a plus fait de nouvelles lois. Cependant Pg a reçu postérieurement quelques compléments, tels queExod., xxxi, 7-1 1 ; xxxv-xl; rsum., m; iv; vu; x, 10-27; xxxi. Mais pour qu'il y eût un livre de Moïse, on sépara l'histoire de Josué. L'ordre historique des lois a été changé et remplacé par l'ordre des matières. 11 n'y a pas de preuve que ce travail soit l'œuvre d'Esdras. Il est le résultat d'une longue élaboration, faite par un cercle de jurisconsultes. Esdras a promulgué ce Pentaleuque; mais, après lui, le texte a été longtemps retouché, comme le montrent les variantes du Pentateuque samaritain et des Septante. La division en cinq livres est postérieure à Esdras.
CONCLUSION
Telles sont, aussi exactement reproduites que possible, les idées des critiques sur l'origine et la composition du Pentateuc|ue. Leur simple exposé suffit à montrer leurs divergences et leur caractère hypothétique. Nous aurons à montrer plus loin qu'elles ne sont pas fondées.
DEUXIE3IE PARTIE