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COEFFICIENTS D’UTILISATION ET D’USURE

Nous réunissons, sous ce titre, plusieurs rapports intéressants à plus d’un titre, mais qui n’ont pas la même valeur clinique que ceux que nous venons d’examiner. Trop d’éléments entrent en jeu pour les constituer.

En effet, ils sont sous la dépendance directe, d’une part, de l’alimentation qui varie, d’autre part du métabolisme général ; ils sont influencés enfin par le pouvoir de rétention de l’organisme, avec lequel il faut compter. En dernier lieu, il faut remarquer que l’élimination des différents produits est loin d’être uniforme, ainsi que nous l’ont appris les travaux de ces dernières années.

Il est extrêmement difficile de tenir compte de chacun de

L’URINE DANS L’AUTO-INTOXIGATION

ces différents facteurs et d’en calculer la valeur d’une manière même approximative, ce qui, cependant, serait le seul moyen de retirer, de ces rapports, des renseignements utiles et véritablement scientifiques.

l. — Rapports azotés. — Coefficients (Tutîlisation de l’azote.

Les recherches de Gamerer, Rubner et d’autres ont démontré que, chez le sujet normal, le déchet azoté est composé comme suit :

a) Azote de Vitrée : 83 p. 100;

b) Azote de l'ammoniaque : 5 p. 100;

c) Azote des corps puriques : 2 p. 100 ;

d) Azote extractif : 10 p. 100.

Dès que les processus normaux de la nutrition et de la dénutrition sont troublés, nous voyons ces rapports plus ou moins profondément altérés.

Coefficient de l'azote uréique.

Rapport de l’azote de l’urée a l’azote total.

Ce coefficient mesure l’activité de la nutrition azotée, ou mieux Vutilisation des aliments azotés.

L'urée représente, en effet, le déchet azoté normal, à faible poids moléculaire.

Coefficient de l’azote uréique normal = 83 p. 100.

Chez M. G 78,0 p. 100.

— M. de S.-M 76,5 —

La statistique, faite par le D'‘ Amann, a donné, pour ce rapport, les résultats suivants :

Valeurs égales ou supérieures à 83 p. 100 dans 7,6 p. 100 des cas.

Valeurs inférieures à 83 p. 100 dans 92,4 p. 100 des cas.

220 SYMPTOMATOLOGIE DE L’ÂUTO-INTOXIGATION INTESTINALE

On voit que, dans l’auto-intoxication, le coefficient est presque constamment abaissé. Cet abaissement s’observe du reste aussi bien chez M. G..., l’auto-intoxiqué mal nourri, avec 9^%56 d’azote total, que chez M. de S.-M..., gros mangeur, avec une proportion d’azote de 23®*’, 94.

Coefficient de ïazote purique.

Rapport de l’azote purique (acide urique et bases xan-

TUIQUES) A l’azote TOTAL.

Les corps puriques (alloxuriques) qui se rencontrent dans l’urine, et dont la proportion intéresse le clinicien à plus d’un titre, ont une double origine :

Exogène, en tant qu’ils proviennent des aliments purinogènes ingérés, c’est-à-dire de ceux qui contiennent le noyau xanthique : café, thé, cacao, viande, extrait de viande, cervelle, riz de veau, etc.

Dans l’organisme sain, une bonne moitié des corps xanthiques ingérés paraît être brûlée en urée, tandis que le reste est transformé surtout en acide urique. 11 est fort probable que cette partie mal brûlée augmente considérablement lorsque la digestion et la nutrition sont troublées.

Endogène, provenant, d’une part, de la désassimilation des tissus qui contiennent des dérivés alloxuriques et, d’autre part, de l’activité fonctionnelle de certains organes, qui, comme le foie, sont le siège de la formation synthétique de l’acide urique, en partant soit de l’urée et du glycocolle (Horbaczewski), soit des sels ammoniacaux et des acides aminés (1).

D’autre part, si nous considérons que les dérivés alloxuriques sont contenus surtout dans les noyaux cellulaires,

(1) Nous entrevoyons là quelques-uns des rappoiTs multiples et compliqués qui existent entre l’auto-intoxication intestinale, Turicémie et l’arthritisme.

L'URÎNE DANS L’AUTO-INTOXICATION

nous pouvons nous attendre a priori à voir le rapport de l’azote purique présenter des valeurs élevées dans toutes les maladies qui s’accompagnent d’une destruction considérable des leucocytes, et tout particulièrement dans les cas où se rencontrent des phénomènes de leucocytose et de phagocytose très intenses (leucémie, certaines intoxications, infections microbiennes, etc.).

Aussi Robin appelle-t-il ce rapport le coefficient d’activité LEUCOCYTAIRE, ce qui, cependant, n’envisage que l’un des côtés de la question.

A un point de vue général, nous devons observer que, même à l’état physiologique, ce rapport est beaucoup plus variable que le précédent : les facteurs qui influent sur la leucocytose sont en effet, pour autant que nous les connaissons, très nombreux et très divers.

Coefficient de Tazote purique normal = 2 p. 100.

Nous n’avons pas fait encore la statistique de ce rapport dans l’auto-intoxication, mais nous sommes en mesure de dire que : Dans la grande majorité des cas d'entérite^ ces valeurs sont supérieures à la normale admise de 2 p. 100, tandis quelles sont souvent inférieures dans V auto-intoxication simple.

Il paraît, du reste, logique d’admettre que, chez les entéritiques, la paroi intestinale est le siège d’une réaction phagocytaire continuelle et intense contre l’invasion constamment menaçante des microbes, favorisée par les lésions superficielles de la muqueuse.

Cette réaction doit être accompagnée d’une destruction considérable des globules blancs, et ce phénomène paraît être l’une des causes efficientes de la formation en excès des corps puriques, que nous constatons dans l’urine des entéritiques.

Coefficient de ïazote extractif.

Rapport de l’azote extractif a l’azote total.

L’azote extractif comprenant l’azote de tous les corps azotés négligés par l’analyse usuelle (^créatinine, acides hippurique, uroprotéique, etc.), il est difficile d’attribuer une signification bien nette aux variations de ce coefficient.

En effet, ces corps ont des origines et des significations physiologiques et pathologiques très diverses : la créatinine, l’un des plus importants d’entre eux, doit être considérée comme l’un des constituants de l’urine normale ; il en est de même de l’acide hippurique dans une certaine proportion. .

Coefficient de Pazote extractif normal = lOp. 100.

D’une manière générale, on peut remarquer que ce déchet azoté, qui renferme une forte partie du déchet anormal^ est augmenté dans tous les cas où la digestion et la nutrition sont troublées et, par conséquent, dans l’auto-intoxication intestinale.

— Coefficients minéraux.

Coefficient phosphaturique.

Rapport de l’acide phosphorique total a l’azote total.

La proportion d’acide phosphorique excrété est sous la dépendance de trois facteurs :

1“ Excrétion d’une partie du phosphore alimentaire ;

2° Désassimilation des éléments phophorés de l’organisme ;

3° Rétention pathologique du phosphore par l’organisme.

Coefficient phosphaturique normal = 18 p. 100.

Chez M. G

— M. de S.-M.

L’URINE DANS L’ÂUTO-INTOXIGATION.

Les résultats statistiques fournis par le laboratoire du D*‘ Amanii sont les suivants :

Rapport supérieur ou égal à la normale dans 23 p. 100 des cas.

Rapport inférieur à la normale dans 77 p. 100 des cas.

Cet abaissement du rapport phosphaturique est donc la règle dans l’auto-intoxication.

Il doit être attribué aux troubles de la nutrition des éléments phosphorés de l’organisme (de la substance nerveuse entre autres).

Coefficient sulfaturique.

Rapport de l’acide sulfurique total a l’azote total.

La quantité d’acide sulfurique excrété dépend de l’activité avec laquelle se fait la désassimilation de l’albumine alimentaire et de l’albumine des tissus.

Nous pouvons faire, à propos de ce coefficient, à peu près les mêmes remarques que pour le coefficient de déphosphorisation.

Dans presque' tous les cas d’auto-intoxication, nous trouvons ce rapport plus ou moins abaissé. La statistique donne les chiffres suivants :

Coefficient sulfaturique normal =16 p. 100.

Rapport supérieur ou égal à la normale dans 18,9 p. 100 des cas.

Rapport inférieur à la normale dans 81,1 p. 100 des^cas.

' Ici aussi, nous constatons que l’abaissement de la désassimilation sulfurée est la règle dans l’auto-intoxication.

Coefficient chlor urique.

Rapport du chlorure de sodium a l’azote total.

Le chlore étant essentiellement un produit alimentaire, l’excrétion chlorurée est sous la dépendance étroite de la richesse en sel de l’alimentation. Or cette richesse^ on le sait, est sujette à varier considérablement.

224 SYMPTOMATOLOGIE DE L’AUTO-INTOXIGATION INTESTINALE.

En outre, la rétention chlorurée dans l’organisme a été constatée dans certains cas pathologiques.

Malgré le rôle considérable que jouent les chlorures dans toute la vie cellulaire, puisque ce sont eux surtout qui règlent les phénomènes osmotiques dont dépend toute la nutrition, il est difficile de tirer des conclusions certaines des variations du rapport chlorurique.

Coefficient chlorurique normal = 70 p. lOO.

Nous devons nous borner à constater que, dans l’autointoxication, ce rapport est en général abaissé au-dessous de la valeur normale de 70 p. 100.

Il n’est pas rare cependant d'observer des chiffres supérieurs à cette normale, pouvant s’élever parfois jusqu’à 90, 100, 120 p. 100, chez les malades qui abusent du sel dans leur nourriture.

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