‹ L'auto-intoxication intestinaleChapitre 117 sur 182 · B. — DOSAGE DE LA PUTRÉFACTION ALBUMINEUSE · texte numérisé non relu

B. — DOSAGE DE LA PUTRÉFACTION ALBUMINEUSE

Stutzer a proposé, pour doser le degré de putréfaction azotée, de mélanger les selles avec le suc gastrique ou la trypsine, afin de voir s’il se développe des peptones et des albumoses.

Il a trouvé que, dans les cas normaux, il ne s’en forme pas, mais qu’on en trouve en forte proportion dans les affections du gros intestin.

Cette méthode est beaucoup plus compliquée que la méthode de Schmidt, puisqu’il faut rechercher chimiquement la présence des peptones, alors que, dans la méthode des hydrocarbures, la quantité d’acide carbonique est directement visible.

C’est donc une méthode de laboratoire plutôt qu’une méthode clinique.

Au reste, au point de vue clinique seul, la recherche de la putréfaction azotée est beaucoup moins utile que ne l’est celle de la fermentation des substances ternaires, puisque l’examen de l’urine décèle facilement la putréfaction albumineuse, alors qu’elle ne donne qu’une idée très incomplète de la fermentation des substances ternaires.

LES FÈCES.

Nous le voyons, l’examen direct, microscopique, bactériologique et même physiologique des selles nous donne des résultats très intéressants et importants au point de vue de la digestion, au point de vue de la dyspepsie, au point de vue de l’intensité de la fermentation ternaire et de la putréfaction azotée, mais ces méthodes ne nous donnent aucune idée du degré de V auto-intoxication digestive.

Nous pouvons observer, en effet, des individus qui ont des selles excessivement fétides, en état de putréfaction avancée, et pourtant ils ne manifestent aucun symptôme d’auto-intoxication.

D’autres, au contraire, ont des selles normales en apparence, et cependant ils souffrent d’une auto-intoxication sérieuse.

Cela tient en effet aux différences de résorption et de défense de la muqueuse intestinale.

Une putréfaction intestinale forte peut s’accompagner de diarrhées, ce qui diminue le passage des toxines dans la circulation; elle peut s’accompagner d’une résorption diminuée par le mucus qui recouvre la muqueuse par exemple ; dans ces cas-là, on trouvera beaucoup de toxines dans les selles et peu dans le sang.

En second lieu, une putréfaction intestinale forte peut s’accompagner d’une défense excellente, d’une destruction considérable d’entérotoxines dans les différentes lignes de défense de l’organisme, ce qui diminuera la pénétration des toxines dans le sang. Là encore nous trouverons beaucoup de toxines dans les selles et peu dans le sang.

D’un autre côté, si nous avons une putréfaction intestinale faible, mais une résorption augmentée par des ulcérations plus ou moins profondes, ou une insuffisance des organes anti-toxiques de l’organisme, nous allons constater peu de toxines dans les selles et beaucoup dans le sang.

On le voit ; ce qui importe en définitive au point de vue

DIAGNOSTIC

du diagnostic et du dosage du degré de V auto-intoxication gastro-intestinale^ ce n'est nullement la quantité absolue de matières putrides contenues dans les fèces^ c'est uniquement la proportion de ces substances qui ont pu pénétrer dans le sang^ car c'est cette quantité seule qui agit sur l’organisme tout entier et qui Vintoxique.

If. — LE SANG.

Pouvons-nous doser l’entérotoxémie d’origine intestinale directement par l’analyse du sang ?

Page 1