‹ L'auto-intoxication intestinaleChapitre 116 sur 182 · A. — DOSAGE DE LA FERMENTATION PRÉCOCE DES HYDROCARBURES · texte numérisé non relu

A. — DOSAGE DE LA FERMENTATION PRÉCOCE DES HYDROCARBURES

Schmidt (de Bonn) (2) a proposé, pour reconnaître et pour doser la fermentation des hydrocarbures, de s’adresser à l’examen des selles.

11 est, en effet, très difficile de la reconnaître et surtout de doser le degré de fermentation des hydrocarbures :

Les acides gras volatils qui en dérivent sont résorbés et en grande partie brûlés dans l’organisme, et la plus petite part seulement s’élimine par l’urine.

Ceux qui restent dans les selles et qui pourraient y être dosés ne représentent donc qu’une minime partie de la quantité totale.

Les gaz provenant de la fermentation des hydrocarbures sont en partie absorbés (CO^) ; ils se mélangent alors aux gaz pulmonaires et ne sont pas dosables.

(1) Baueh, Centralbl. f\ inn. Med., l'JOo, p. 34.

(2) Schmidt, Zeits. f. phys. Ch., X, p. 230.

LES FÈCES.

Quant aux autres, ils sont mélangés aux gaz de la putréfaction azotée dans l’intestin. On ne peut donc pas non plus les doser.

Le diagnostic de la fermentation microbienne des hydrocarbures est donc très délicat à poser.

A. Schmidt a proposé pour y arriver la méthode suivante :

Une selle normale maintenue à 37° présente deux fermentations : la fermentation précoce^ qui dure de vingtquatre à quarante-huit heures, et la fermentation tardive^ qui ne commence que le troisième jour.

La première est une fermentation acide avec production de CO^; elle est produite parles hydrocarbures. La seconde est une putréfaction azotée, avec production d’hydrogène, de méthane, de phénol, d’indol et de scatol.

Il y a en effet une sorte de concurrence entre les sucs digestifs et les microbes de l’intestin : ce que les premiers n’utilisent pas est la proie des derniers.

De plus, si l’intestin n’absorbe pas rapidement les produits déjà transformés : le sucre par exemple, les microbes les soumettent à la fermentation.

Dans cette lutte incessante, l’intestin use donc de toutes ses ressources de sécrétion, de digestion, de résorption et de motilité, afin d’éviter la stagnation et d’enlever le plus vite possible aux microbes les produits digérés.

Or, comme seuls les hydrocarbures libres deviennent la proie de la fermentation précoce, il en résulte que celle-ci montre le fonctionnement de Vintestin au point de vue de la digestion des hydrocarbures et au point de vue de leur absorption.

Lors donc que, dans les selles de deux personnes, ayant la même nourriture, l’une aura une fermentation précoce considérable et prolongée, l’autre faible, on pourra affirmer que la première a une digestion intestinale grêle insuffisante, car elle avait, dans ses selles, une forte proportion CüMBE. — Auto-intoxication intestinale. 16

DIAGNOSTIC

d’hydrocarbures inutilisés, que le moindre pouvoir digestif aurait dû digérer et absorbeic

Schmidt, par ses expériences, a pu démontrer qu’il y a un parallélisme complet entre l’intensité de la fermentation dans l’intestin et celle de la selle, et cela probablement parce que les produits de la fermentation sont les excitants normaux de la péristaltique et que, plus les selles fermentent, moins elles séjournent dans l’intestin.

Le D" Strassburger, par des expériences nombreuses, en est arrivé à la conclusion que, en donnant au sujet en examen la « diète fébrile » :

1° On ne devait trouver aucune fermentation précoce avec un intestin normal :

2" Que, par contre, dans toutes les dyspepsies intestin liâtes et dans les affections fonctionnelles et orgajiiques de r intestin grêle, les fermentations précoces sont intenses ;

3“ Que les affections de Vestomac et du gros intestin n exercent aucune influence sur la fermentation précoce.

Cette méthode est donc d’une grande importance et comble une lacune, car elle est de beaucoup supérieure, au point de vue des substances ternaires, aux recherches urinaires, qui sont incomplètes.

Elle est plus exacte que les recherches chimiques et microscopiques, car les minimes quantités que ces analyses ne peuvent déceler sont mises en évidence par la méthode de la fermentation.

Enfin, seule elle indique le degré de digestibilité des substances ternaires restées inutilisées.

Nous employons, dans la pratique, l’appareil de Schmidt, dont voici le mode d’emploi.

Appareil de Scum[dt. — Cet appareil se compose d’un tube de verre coudé, de façon à former deux U superposés et reliés entre eux par une de leurs branches (fig. 3).

Une des branches de l’U inférieur est ouverte et peut

LES FÈCES.

être fermée par un bouchon de verre creux rodé, portant sur le côté rodé un petit trou qui peut correspondre avec un trou semblable percé dans le tube lui-même. Au-dessous du bouchon, le tube s’élargit en ampoule.

Sur l’autre branche de l’ü, verticale et longue, on a tracé une échelle divisée en centimètres cubes et en demi-centimètres cubes, qui indiquent le volume de gaz dégagé par la fermentation. Le tout est fixé sur un support en bois.

Nous disposons en outre d’une cuillère métallique, dont nous nous servons toujours pour prendre la même quantité de selle.

Nous procédons de la manière suivante : une certaine quantité de la selle à déterminer, puisée à l’aide de la cuillère mentionnée ci-dessus, est délayée dans 10 centimètres cubes d’eau, et le tout est versé dans l’extrémité inférieure de l’appareil.

Grâce à l’ouverture placée dans le bouchon et dans le col de l’ampoule, on peut faire arriver le niveau du mélange de matières et d’eau au degré 0 de l’échelle. Ceci fait, le bouchon est tourné de manière à empêcher toute communication avec l’extérieur.

Après cela, on remplit le tube en U supérieur avec 10 centimètres cubes d’eau. Tout l’appareil ainsi monté est placé, pour vingt-quatre heures, dans une étuve à 37®.

Au bout de ce temps, on peut l’en sortir, la fermentation précoce, qui seule à de l’intérêt pour nous, étant terminée.

DIAGNOSTIC

A ce moment commence la fermentation tardive, dont nous n’avons pas à nous occuper.

Au cours de ces vingt- quatre heures, l’acide carbonique (GO^), développé dans l’ampoule, fait monter le liquide dans la branche graduée de l’U. Cette échelle nous permet d’évaluer le volume de gaz en centimètres cubes.

L’appareil de Schmidt est donc des plus précieux quand il s’agit d’apprécier et de doser une dyspepsie des substances ternaires.

Mais, comme nous allons le voir, il est d’utilité plus que relative au point de vue du diagnostic de l’auto-intoxication.

Page 1