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LA REACTION ACIDE DE L’INTESTIN GRÊLE

Le contenu de l’intestin grêle a une odeur acide, mais non putride. On y trouve des produits de fermentation microbienne du sucre, de la jeune cellulose, des hydrocarbures et des graisses, c’est-à-dire l’alcool mélhylique et les acides gras (lactique, acétique, butyrique, succinique).

Ce sont ces substances qui donnent au contenu de l’intestin grêle sa réaction acide, et cela malgré l’alcalinité des sécrétions qui s’y déversent.

Cette réaction acide, qui a été mise hors de doute, et clairement expliquée par Mac Fayden, Sieber et Nencki, est le facteur le plus important parmi ceux qui protègent les dérivés de l’albumine contre l’envahissement des microbes protéolytiques anaérobies.

Comment cette réaction acide peut-elle se maintenir malgré l’alcalinité des sucs intestinaux?

La flore normale de l’intestin grêle est composée principalement de microbes aérobies et anaérobies facultatifs, parmi lesquels le Bacillus coli commune le Bacillus lactis aerogenes forment un pourcentage important.

Or Bienstock (1) a établi que ces deux organismes s’opposent à la putréfaction de l’albumine :

« Ce phénomène d’arrêt de la putréfaction, dit cet auteur, apparaît très distinctement dans le lait. On sait depuis longtemps que le lait cru empêche la putréfaction, et on en avait attribué la cause à la lactose.

Or, dans mes expériences, j’ai vu que le lait stérilisé ensemencé avec le Bacillus putrificus (bacille protéolytique), loin de gêner la putréfaction, la favorisait. « Ensemencé au contraire avec le colibacille, le lait stérilisé se comportait comme le lait cru; l’albumine ne s’y putréfiait plus.

(1) Bienstock, Zeils. f. kl. Med., VIII, p. 123.

ce qui me faisait conclure que Vagent antiputride du lait cru id était pas la lactose, mais bien les « Bacillus coli » et « lactis aerogenes ». »

lissier et Martelly (1) en ont découvert le mécanisme en démontrant que ce qui s’oppose à la putréfaction de l’albumine par les bacilles protéolytiques, ce sont les produits acides (acides lactique et succinique) élaborés pendant la destruction de la lactose par le Bacterium coli et le Bacillus lactis aerogenes.

C’est grâce à la prédominance de ces bacilles, c’est grâce à la réaction acide qu’ils entretiennent dans l’intestin grêle, que les bacilles anaérobies protéolytiques, qui ne peuvent vivre que dans un milieu nettement alcalin, sont maintenus dans un état d’infériorité manifeste.

C’est pour celte même raison qu’à l’état normal la putréfaction albumineuse par les anaérobies ne peut se produire dans l’intestin grêle et est très limitée dans le gros intestin.

On comprend combien les inQammations prolongées de l’intestin grêle, qui modifient cet état de choses et qui peuvent diminuer ou même abolir la réaction acide du contenu de l’intestin, pourront avoir un retentissement fâcheux sur les putréfactions intestinales.

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