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LA FLORE DU GROS INTESTIN

La flore du gros intestin à l’état normal est variée.

Mais il ressort des analyses bactériologiques du contenu du gros intestin un fait capital : c’est la différence considérable qui existe entre la flore microbienne de l’intestin normal etcellede l’intestin pathologique, etcela soit dafts l’entérite, comme nous l’avons démontré (^), soit dans l’appendicite, comme Grigoroff (3), élève de Massol, l’a si bien élucidé.

(1) Tissieu et Martelly, Ann. Inst. Past., 1902, p. 12.

(2) Combe, Traitement de TEntérite, Paris, 1906.

(3) Grigoroff, Thèse de Genève, 1905, p. 87.

FACTEURS LIMITANT LA PUTRÉFACTION INTEST'INALE. 91

Dans le côlon normal ou dans l’appendice sain, on rencontre surtout des microbes aérobies ou des anaérobies facultatifs ; mais on ne trouve pas, ou tout au moins on ne trouve qu’une très petite quantité d’anaérobies stricts.

Bienstock (1) confirme ces résultats dans son très intéressant travail, et montre que normalement les bacilles anaérobies ingérés accidentellement sont détruits dans l’intestin par les bacilles aérobies [coli et lactis), si bien qu’on ne les retrouve plus dans les selles.

Dans l’intestin de l’entékitique ou dans l’appendice pathologique, la flore anaérobie (très variée et très variable) est prépondérante, et les aérobies disparaissent.

Ce qui caractérise donc la flore de V auto-intoxication et celle de V appendicite , c' est la diminution des aérobies (coli et lactis), qui sont les microbes empêchant la putréfaction, et la pullulation des anaérobies protéolytes (proteus, putrificus, mesentericus, etc.), cjui sont les microbes de la putréfaction.

Toutes les causes par conséquent qui amèneront cette ^ modification de la flore du gros intestin favoriseront aussi les conditions de la putréfaction intestinale.

1° Le régime alimentaire est encore ici prépondérant.

Le régime farineux, le régime lacté, les laits caillés augmentent la proportion des aérobies.

Le régime azoté, comportant une forte proportion de viande et d’œufs, le régime de gibier et surtout de gibier faisandé, augmentent la proportion des microbes anaérobies de la putréfaction.

2® La sécheresse des matières fécales, telle qu’elle se produit dans la partie inférieure du gros intestin, diminue considérablement la virulence des microbes protéolytes et, par conséquent, les phénomènes de putréfaction.

(1) Bienstock, toc. cit.

La constipation des parties inférieures du gros intestin n’augmente donc que bien peu les phénomènes de putréfaction et d’auto-intoxication, contrairement à l’idée courante.

3° Les affections inflammatoires aiguës et chroniques du gros intestin, par la sécrétion abondante de glaires semi-liquides, qui accompagnent ces maladies, dilue les matières fécales et les transforme en une bouillie puréiforme, offrant ainsi un merveilleux milieu de culture aux microbes. Aussi ces maladies s’accompagnent-elles toujours d’une odeur excessivement fétide des selles. Elles augmentent au maximum les phénomènes de putridité et favorisent puissamment les phénomènes de l’auto-intoxication digestive.

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