‹ L'auto-intoxication intestinaleChapitre 79 sur 182 · FORMES CLINIQUES · texte numérisé non relu

FORMES CLINIQUES

impressionnable, plus coléreux qu’avant, mais cela pouvait s’expliquer par l’école, ou par la croissance, ou par telle autre cause extérieure, et personne, pas meme le malade, n’aurait songé à accuser la mauvaise digestion, qui ne se manifestait par aucun trouble visible.

D’autres parents trouvent bien leur enfant malade ; d’autres enfants se disent malades eux-mêmes, mais sans se rendre compte de la cause des troubles morbides.

On recourt alors au médecin pour la trouver, et, si celui-ci n’y est pas préparé par l’expérience, il aura beaucoup de peine à faire un diagnostic exact, embarrassé qu’il est par la multitude des symptômes que l’on va lui énumérer et par le fait qu’ils appartiennent à des systèmes et à des organes des plus differents.

Or c’est précisément cette multiplicité et cette variété symptomatique qui doivent éveiller son attention et lui faire pensera une cause d’ordre général, et spécialement à l’autointoxication digestive ! Cela seul doit déjà l’empêcher de se contenter de la réponse que font trop souvent les médecins ignorants ou trop pressés : C'est nerveux! Ne vous en inquiétez pas i

Nerveux ? Cela peut être vrai 1 Mais combien souvent ce mot est appliqué à faux.

Seul un interrogatoire bien fait, seul un examen du malade et un diagnostic urinaire et fécal trancheront la question.

Voici en effet ce que racontent les parents :

Notre enfant est malade depuis longtemps, mais, avec la meilleure volonté, il nous est impossible de dire depuis quand.

11 est devenu pâle et jaune, il a beaucoup moins de vivacité qu’auparavant. Il a perdu l’appétit et souffre de la tête; il a des vertiges et des faiblesses surtout à l’école; il s’y est même évanoui plusieurs fois.

Il a des palpitations, il s’essouffle vite. Il a des démangeaisons et quelquefois des éruptions sur la peau.

Son caractère a changé : il est devenu ombrageux et méchant; il pleure pour rien, il a des accès de colère un jour, de mélancolie l’autre; son sommeil est devenu mauvais : il s’endort difficilement, il a des cauchemars; son réveil est pénible, etc.

Toutes ces plaintes que nous trouvons notées dans nos observations, tous ces phénomènes morbides sur lesquels les parents insistent se sont d’ailleurs montrés, ou isolément chez l’enfant, — ce qui est rare, — ou alternativement à des intervalles plus ou moins éloignés ; ou enfin ils étaient simultanés et combinés de différentes façons chez le même enfant.

On le voit, ce long cortège de malaises atteint tous les systèmes et n’est muet que sur un seul, c’est sur celui des troubles digestifs.

Bien plus, si on interroge les parents, ils vous répondent sans hésitation que la digestion est normale chez leur enfant, et le petit malade lui-même affirme ne ressentir aucun trouble dans ses fonctions digestives.

Or c’est là un caractère important des auto-intoxications intestinales, un caractère qui doit éveiller immédiatement l’attention du médecin que cette multitude de plaintes les plus diverses, qui n’ont l’air d’avoir aucune relation les unes avec les autres, tant elles appartiennent à des organes differents, tant elles échappent à toute règle et à toute systématisation.

Ceci seul doit pousser le médecin à examiner l’intestin et à demander au chimiste bactériologue de confirmer ses soupçons par l’examen de la selle et de l’urine.

Telle est l,\ forme larvée générale de l’auto-intoxication

Formes larvées locales. — Quelquefois l’auto-intoxication intestinale se manifeste par un seul symptôme ou par un seul groupe de symptômes particulièrement prédominants, ce qui donne à la maladie une allure toute spéciale.

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