‹ L'auto-intoxication intestinaleChapitre 87 sur 182 · B. — CRISES GASTRIQUES OU VOMISSEMENTS PÉRIODIQUES DE LEYDEN · texte numérisé non relu

B. — CRISES GASTRIQUES OU VOMISSEMENTS PÉRIODIQUES DE LEYDEN

Il y a bientôt vingt-cinq ans que Leyden décrivit, sous le nom de vomissements périodiques, un syndrome caractérisé par des crises de vomissements incoercibles durant de quelques heures à quelques jours, survenant à des intervalles plus ou moins éloignés, s'accompagnant de céphalées et de douleurs gastriques, alors que les fonctions de l’estomac, en dehors de ces paroxysmes, restent absolument normales.

Voici comme ces crises gastriques se manifestent clini-

qiiement. Elles reviennent à intervalles plus ou moins éloignés, mais presque réguliers chez le même individu, et se présentent sous forme de crises de vomissements incoercibles durant de quelques heures à quelques jours et s’accompagnent de maux de tête et de gastralgie souvent intenses.

Le liquide vomi, d’abord alimentaire, ne tarde pas à être constitué "j5ar un liquide limpide, filant, rarement coloré en jaune ou même en vert par la bile.

Ce liquide est hyperacide et contient une notable quantité d’acétone.

Quelques heures, quelquefois même quelques jours avant les vomissements, apparaît l’acétonémie, qui se révèle par une odeur aigrelette spéciale de l’haleine, ainsi que par la présence dans l’urine d’une augmentation du taux de l’acétone.

La température, quelquefois normale, monte habituellement pendant la crise jusqu’à 38 ou 39^

Ces observations de vomissements périodiques se sont multipliées depuis Leyden, soit chez l’adulte, soit chez l’enfant, et, pour les interpréter, on a cherché les explications les plus diverses.

On les a attribués d'abord au tabes, puis à l’iiystérie, puis à la neurasthénie, affections du système nej*veux qui peuvent s’accompagner de crises absolument semblables : crises essentielles, crises cycliques sur base nerveuse (névrose essentielle de OEttinger), crises d’origine familiale (Marfan).

On les attribue ensuite à des auto-intoxications variées : crises d'origine arthritique (crise goutteuse de Comby) ; crises autotoxiques par acétonémie (von Jaksch), ou par leucomaïnémie (Griffith).

Dans tous les cas de vomissements périodiques, comme Vergely l’avait déjà affirmé dans un fort intéressant tra-vail (1), nous avons trouvé dans l’urine de l’acétone et de

(1) Vkikjelv, lier, itiéd. enf., 1898, p. 1.

CoMtjE. — Aiito-inluxicalioii inlcsliiia'*'.

178 SYMPTOMATOLOGIE DE L’AUTO-INTOXICAÏION INTESTINALE.

l’acide diacétique en quantité variable ; nous y avons même trouvé quelquefois de l’acide lactique et de l’acide oxybutyrique.

Ces derniers corps sont des produits de fermentation des hydrocarbures ; les premiers, ceux des corps gras; tous deux proviennent de fermentations se passant dans l’intestin grêle.

Or ces acides augmentent parallèlement avec l’acidité de l’urine et avec sa teneur en ammoniaque ; ils augmentent avec le taux de l’ammoniaque et diminuent avec lui.

Ce sont là les signes de I’intoxication acide, de Tacidose, qui joue un si grand rôle, ainsi que Cerny et Keller l’ont démontré, dans la dyspepsie chronique et dans le catarrhe intestinal de l’enfant, vraie intoxication alimentaire qui a sa source presque exclusive dans l’intestin grêle.

En second lieu, dans les cas de vomissements acétonémiques, nous avons toujours vu une augmentation considérable des sulfoéthers et des substances aromatiques, et, dans les quelques cas où nous avons pu prendre la courbe journalière complète des phénols et indols, nous avons pu nous rendre compte de la montée de la courbe avant et de sa descente après la crise.

Nos analyses d’urines provenant d’enfants atteints de vomissements périodiques nous montrent donc que dans ces cas l’acidose se combine souvent avec l’auto-intoxication azotée, sans qu’il y ait cependant le moindre parallélisme entre les deux.

Nous croyons donc que les crises de vomissements périodiques sont de nature autotoxique. Ce sont des crises d’élimination de produits toxiques, mais il est impossible dans l’état actuel de la science de pouvoir décider si ces substances proviennent de la fermentation d’hydrocarbures de l’intestin grêle ou de la putréfaction azotée dans le gros intestin.

Ces crises sont donc absolument comparables aux crises de sialorrhée périodiques.

G. - CRISES DIARRHÉIQUES.

Ces crises, comme les précédentes, sont des crises d’élimination; elles en représentent la forme la plus fréquente.

Elles sont précédées d’une période prodromique d’anorexie, de nausées, d’état vertigineux, pendant laquelle la température monte.

Puis subitement la crise commence par des vomissements qui ne sont du reste pas constants, par des coliques et une diarrhée abondante plus ou moins violente, avec ou sans état fébrile.

Les selles sont ou molles et glaireuses, ou li^quides et très abondantes; excessivement félidés toujours, quelquefois bilieuses.

Puis peu à peu tout se calme, et le bien-être relatif succède pendant quelque temps à la crise.

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