‹ L'auto-intoxication intestinaleChapitre 88 sur 182 · D. - CRISES BILIEUSES · texte numérisé non relu

D. - CRISES BILIEUSES

Comme le dit si bien Marfan, ce qui caractérise la pathologie de l’enfant et la sépare de celle de l’adulte, c’est que l’estomac et l’intestin sont plus étroitement solidaires chez le premier que chez le second. ,

Tandis que, chez l’adulte, chacun de ces organes conserve au moins -dans ses expressions cliniques une certaine, indépendance, il est rare qu’il en soit ainsi chez l’enfant.

Il y a plus. Le foie prend presque toujours part à l’affection de l’estomac et de l’intestin, et, si la clinique ne peut pas toujours le démontrer, l’anatomie pathologique Iç-jnet en évidence.

Les troubles digestifs de l’enfant sont donc caractérisés par cette participation variable, mais à- peu près constante, de l’estomac, de l’intestin et du foie.

C’est ce que Ton observe quelquefois dans l’auto-intoxica-

tion chronique, où Ton voit les crises d’élimination intéresser à la fois ces trois organes.

Nous avons observé un assez gra nd nombre de cas dans lesquels les crises d’élimination se manifestaient par des vomissements d’abord alimentaires, puis muqueux, jaunesou verts, accompagnés de selles diarrhéiques vertes polycholiques.

Ces crises, d’une durée variable, précédées par la montée de la courbe des indols et phénols, étaient suivies d’une chute de ces mêmes courbes. Ce sont donc bien aussi des crises d’élimination.

JIJ. — ANGIOCHOLITES.

A. Choléinîc. — C’est surtout chez l’enfant, comme nous l’avons vu, que le foie prend part à l’affection gastrointestinale.

Il n’est pas très exceptionnel de constater en effet dans l’auto-intoxication intestinale une augmentation de volume du foie. Cette hépatomégalie, fréquente chez l’adulte, • presque constante chez l’enfant, est de volume variable et s’accompagne souvent de splénomégalie.

L’urine est haute en couleur et renferme presque toujours une quantité d’urobiline très appréciable, avec augmentation souvent considérable du taux de l’ammoniaque et diminution de l’urée.

Il y a dans ce premier degré une insuffisance légère du foie avec cholémie, car l’examen du sérum y décèle la présence de pigmenta biliaires.

On s’explique fort bien cette influence de l’auto-intoxication intestinale.

Le sang de la veine porte est en effet dans cette maladie chargé de toxines intestinales et se purifie dans le foie, ce qui amène à la longue un état de fatigue de la glande hépatique avec insuffisance fonctionnelle.

De là ce teint brun jaune, cette légère teinte ictérique des conjonctives, ces paumes des mains et ces plantes des pieds colorées en jaune (signe palmo-plantaire de Gilbert) ; de lace prurit, ces pigmentations diverses, ces taches de xanthélastna à la ceinture, que l’on voit souvent pâlir et disparaître avec l’amélioration de l’état intestinal.

Cet état d’hépatisme, comme le nomme Glénard, de cholémie familiale, comme l’appelle Gilbert, se trouve plus ou moins accentué chez tous les enfants et chez la plupart des adultes auto-intoxiqués.

L’hépatisme est la consétiuence de l’auto-intoxication et non pas la cause, comme le soutient Gilbert.

B. Ictère chronique simple. — L’aulo-intoxication intestinale peut, en durant un certain temps, se compliquer de cette maladie isolée par Gilbert et fort bien étudiée par le D'‘ Rodocanachi.

Elle se caractérise par tous les symptômes de rictère et de la cholémie et s’accompagne souvent, mais pas toujours, d'hépatomégalie et de splénomégalie.

G. Cirrhose hypertrophique. — Dans quelques cas plus sérieux encore, riiépatomégalie s’accompagne d’un ictère chronique bien net, mais sans stase veineuse, c’est-àdire sans ascite, sans circulation collatérale et sans hémorroïdes.

Cet ictère avec hépatomégalie s’accompagne souvent de splénomégalie.

Nous avons là tous les symptômes d’une véritable cirrhose hypertrophique biliaire fruste, comme on les observe dans les infections ascendantes atténuées des canaux biliaires par les germes intestinaux.

On pourrait rapprocher ces cas exceptionnels, mais dont nous avons cependant observé quelques exemples bien nets, des cas de cirrhoses hypertrophiques biliaires consécutifs aux calculs hépatiques (Lereboullet, Gilbert, Legendre, etc.).

et qui reconnaissent la meme cause : l’infection ascendante du foie d’origine intestinale.

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