SYSTÈME CIRCULATOIRE
Le cœur, nous le savons depuis les recherches de His, Romberg, etc., possède à la fois un système moteur automatique et obéit aux nerfs vagues et sympathiques.
Il est donc certain que les substances toxiques circulant dans le sang exercent une influence sur le cœur.
Mais il n’en est pas moins vrai qu’il faut compter avec les réflexes d’origine intestinale, qui modifient considérablement la pression sanguine.
Enfin l’estomac peut agir en outre mécaniquement lorsqu’il est fortement météorisé : il repousse le diaphragme et modifie la position du cœur, comme le montrent les rayons Rœntgen.
CABDIALGÏES.
Cardîalgîcs simples. — On peut observer dans l’autointoxication digestive des cardialgies violentes avec angoisse mortelle, sueurs froides et disparition du pouls, phénomènes effrayants qui disparaissent comme par enchantement avec un ou deux renvois.
Ewald, lessen, et surtout Schuster (de Nauheim), qui les a étudiées dans une petite monographie, en rapportent des exemples frappants.
Pseudo-aiig-îne de poitrine [Ànrjina spwia des Allemands). — Comme la cardialgie simple, la pseudoangine s’observe le plus souvent dans les auto-intoxications d’origine gastrique, beaucoup plus rarement dans celles d’origine intestinale.
Elle doit être soigneusement distinguée de l’angine de poitrine vraie, due à la sclérose des artères coronaires du
SYMPTÔMES DE L’ÂUTO-INTOXÏCATION INTESTINALE. 183
cœur, de l’angine toxique (Aplomb, tabac) et de l’angine des névroses (hystérie, neurasthénie), etc.
La pseudo-angine de poitrine d’origine gastrique peut survenir à tout moment; mais le plus souvent elle se produit le soir après un repas copieux.
L’accès est fréquemment précédé d’une sensation de pesanteur à l’épigastre, de renvois et de nausées. Les émotions morales, les efforts physiques (marche contre le vent) peuvent aussi le provoquer.
L’accès de pseudo-angine de poitrine gastrique ressemble en tous points à celui de la vraie {angina vera).
La douleur est localisée à la moitié inférieure du sternum et s’irradie dans l’épaule et le bras gauches. Parfois elle se transmet aux doigts, à la moitié gauche du cou et à la région interscapulaire.
La crise s’accompagne d’une angoisse mortelle excessivement pénible, d’oppression, de pâleur, de refroidissement des extrémités, de sueurs froides et même d’évanouissement.
Si elle se répète souvent, la pseudo-angine de poitrine peut s’accompagner d’hypotonie avec phénomène d’insuffisance tricuspidienne et dilatation du cœur droit (Potain).
TACHYCARDIES.
Nous laisserons ici de côté toutes les affections fébriles du tube digestif, qui s’accompagnent de fièvre et qui tout natu rellement présentent une accélération plus ou moins accentuée du pouls, et nous ne parlerons que de la polycardie causée par influence digestive mécanique, chimique ou réflexe.
Tachycardie simple. — La digestion produit normalement une accélération légère du pouls avec augmentation de la pression sanguine normale.
Cette polycardie physiologique peut cependant être suffisamment forte pour être perçue et devenir désagréable pour
18i SYMPTOMATOLOGIE DE L’ÂUTO-INTOXIGATION LNTESTINALE.
des personnes dont les nerfs sont surexcités, nous voulons parler des nerveux, hystériques ou neurasthéniques. Elle peut même passer au premier plan et attirer l’attention du sujet à tel point qu’il oublie les troubles gastriques dont il est atteint.
Le caractère de cette tachycardie simple est d’apparaître immédiatement après, quelquefois même pendant les repas, La plupart des malades perçoivent la pulsation artérielle dans tout le corps et se plaignent de sensations de chaleur, de vapeurs, de congestion, qui leur sont très pénibles.
Cette tachycardie simple, absolument inoffensive dans la majorité des cas, peut cependant devenir dangereuse lorsque le cœur est atteint de lésion valvulaire, de myocardite, de sclérose ou de dégénérescence graisseuse.
Elle s’accompagne alors de congestion et de cyanose de la ligure, d’une sensation d’angoisse et d’un pouls presque imperceptible, malgré le battement cardiaque renforcé.
Tachycardie paroxystique. — Cette crise, — car cette affection survient sous forme de crise, — n’est plus une exagération d’un processus physiologique, mais bien une affection plus profonde du cœur qui se produit dans l’indigestion, dans la dyspepsie, dans le météorisme stomaco-intestinal et surtout dans la ptose stomacale avec éventration.
Ces crises, qui s’accompagnent d’angoisses, de sueurs fi oides et d’une cyanose considérable, ont souvent lieu la nuit ou dans la matinée.
Entre les crises ou avant qu’elles se soient déclarées, on observe souvent dans l’auto-intoxication intestinale V éréthisme cardiaque, caractérisé par la fréquence des battements du cœur et l’augmentation d’énergie des systoles, de sorte que le premier bruit acquiert souvent un timbre vibrant.
Cet éréthisme cardiaque est bien souvent perçu par les malades, qui se plaignent de sentir battre leur cœur.
L’accentuation du claquement des valvules sigmoïdes est un phénomène très constant dans ces cas ; elle est due à l’exagération de la tension artérielle.
Quelquefois même l’auscultation permet d’entendre un bruit de galop dû à la prédominance de la tension de la grande circulation sur celle de la petite, ce qui explique la bisystole du galop.
Névrose réflexe de Ilosenbacli. — On peut en rapprocher la névrose réflexe de flosenbach, affection caractérisée par des crises survenant subitement, soit le matin, soit dans la nuit et s’accompagnant d’une tachycardie intense avec intermittences et irrégularités du pouls, pulsation de l’aorte abdominale et des carotides et angoisse mortelle, combinée avec une oppression intense, une dyspnée violente avec cyanose.
Les accès, qui peuvent durerde quelquesminutesàquelques heures, voire même plusieurs jours, sont accompagnés d’une boulimie intense avec une sensibilité exagérée de l’estomac à la pression, de météorisme léger et de constipation.
On le voit, cette affection forme comme une transition entre la tachycardie paroxystique, qui est purement cardiaque, et l’asthme dyspeptique, qui est principalement respiratoire.
BliADYCAIiblE.
Elle se constate normalement dans le jeûne et surtout dans la famine.
Henoch et Silberman décrivent la bradycardie chez les enfants avec inanition gastrique.
Riegel, Grob, Pick, Hirschsprung l’observent dans l’indigestion, dans la dyspepsie, dans l’ectasie, dans l’ulcère et le carcinome de l’estomac.
Goltz, Meyer, Pribram l’observent à la suite d’irritation
mécanique, électrique et chimique de la muqueuse gastrique.
C’est donc le plus souvent dans les affections de l’estomac que se trouve la bradycardie, mais non exclusivement, car on l’observe aussi dans la coprostase, sous l’influence des vers intestinaux, et dans l’intoxication par les sels biliaires dans la jaunisse.