SCÈNE XIII
CHASTKINaY, se levant.
Mais vous n’êtcs pas solte, vous, il s’eu faut.
JULIE
Ah! si... Monsieur, je ne m’en fais pas accroire... Ainsf, hier, tenez, pendant qu’on jouait votre pièce, il ne me venait pas, comme à mon amie, des expressions pour dire ce que je sentais. Quand j’avais dit ; Mon Dieu, que c’est beau I Mon Dieu, que c\'st admirable!..
CHASTENAY
Vous disiez cela !..
JULIE
Oui; mais une fois cela dit, je ne trouvais plus rien...
CHASTENAY
C'était assez.
JULIE
Oh! que non... Je suis bien sûre que vous, vous auriez trouvé autre chose.
CHASTENAY, riant.
Moi, par exemple!..
JULIE
C’est que vous avez de l’esprit, vous... encore plus que mon amie... tandis que moi... Ah! l’esprit! que c’est beau, l’esprit. Monsieur, que c’est beau! .. Quand Je songe que vous, qui me parlez, qui êtes là devant moi, c’est vous qui... Je ne sais pas, moi, je perds la tête, je... Gomment faites-vous. Monsieur, pour faire vos pièces de comédie?..
CHASTENAY
Comment je fais?..
JULIE
Oui, Monsieur...
CHASTENAY
Mais je prends du papier, une plume, de Tencre, et j’écris.
Vous écrivez...
CH.ASTENAY.
Mon Dieu, oui...
JULIE
Avec la main ?..
CHASTENAY
Naturellement...
JULIE
Avec laquelle. Monsieur?..
CHASTENAY
Avec celle-ci...
JULIE
Ainsi, c’est là la main ?.. (eIIc lui prend la main; il se laisse faire*) CHASTENAY.
Drôle de fille !..
JULIE
C^est là la main qui a écrit... (Elle la porte Tt’ycment à ses lèvres.) Ah! pardonnez-moi^ Monsieur...
Hem?
JULIE, à part.
Enfin, mafis ça valait mille francs!.. (Elle s’éloigne. — Entre la comtesse.)